La DGSE

mardi 5 octobre 2010
par  syagrius
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Chargée, selon les termes du décret n° 82-306 du 2 avril 1982 qui a procédé à sa création, “de rechercher et d’exploiter les renseignements intéressant la sécurité de la France, ainsi que de détecter et d’entraver, hors du territoire national, les activités d’espionnage dirigées contre les intérêts français afin d’en prévenir les conséquences”, la DGSE est un des services secrets occidentaux les plus obscurs et les plus fermés envers le “monde extérieur” (aucun contrôle parlementaire, pas de publications, pas de site Internet, etc.)… ce qui rend cette petite exploration intérieure d’autant plus intéressante.

I) Moyens.

a) effectifs.

La DGSE comprend á la fois du personnel militaire et du personnel civil, ce qui est une source de faiblesse (on a parfois observé des guerres internes entre les officiers et les cadres civils au sujet des postes de pouvoirs) et une appréciable diversification des compétences utilisables. En 1999, la DSGE employait 2 797 agents civils et 1315 officiers /sous-officiers (officiellement ces militaires sont affectés au 44e Régiment d’Infanterie).

b) budget.

Il se compose d’un budget officiel (voté par le Parlement) de 1,5 milliards de francs et de crédits provenant des fonds spéciaux des services du Premier ministre (et dont l’objet est de financer certaines activités opérationnelles de la Division Action) dont le montant est secret. Selon C.Silberzahn, un des anciens directeurs, le budget se répartirait comme suit : 25% renseignement militaire, 25% renseignement économique et 50% renseignement diplomatique.

c) centrale.

La centrale de la DGSE est située dans la Caserne des Tourelles, 128 Boulevard Mortier, 75020 Paris. Ce site est équipé de liaisons avec les centrales d’écoutes françaises á travers le monde et avec ses différents “clients " (Elysée, Matignon, ministères, etat-majors, etc.), ainsi que (d’au moins) 1 superordinateur de type Cray-1 pour le décryptage des communications électroniques capturées et pour les analyses.

II) Structure.

a)Direction de la Stratégie.

Elle est responsable de l’adéquation entre les renseignements recherchés et les besoins des " clients “. Son principal contact est le Ministère des Affaires Étrangères. Elle élabore aussi des documents de doctrine et des études sur les options possibles de la politique française.

b)Direction du Renseignement.

Elle est responsable de la collection des informations de sources humaines. Elle emploie donc des agents illégaux (des espions quoi…) qu’elle dirige par le biais de ses " officiers traitants “. Traditionnellement orientée vers le renseignement militaire, cette direction a subi un lifting dans les 80-90´s et accorde désormais une priorité plus élevée dans l’acquisition de renseignements technologiques et économiques… au grand dam du FBI qui se plaint fréquemment des activités de la DGSE envers les grandes entreprises américaines (-à dans les 80’s, Texas instruments, Boeing, IBM, Hugues, etc. étaient infiltrée ; on peut supposer que beaucoup de poids lourds US des industries de défenses, technologie, Internet, biologie,… le sont actuellement).

c)Direction Technique.

Elle est responsable du renseignement électronique au niveau stratégique. En clair, elle entretient 8 stations d’écoutes en France ( Cap d’Agde, Mont-Valérien, etc.) et 5 de par le monde ( St-Barthélémy, Bouar, Djibouti, Mayotte et La Réunion). Ces stations [+ les installations boulevard Mortier] captent les communications électroniques, les analysent par le biais de logiciels et décryptent les communications codées [messages diplomatiques, militaires, de grandes entreprises, etc.].

d)Direction des Opérations.<

Elle est chargée de mener les opérations clandestines. Pour cela, elle s’appuie sur la fameuse " Division Action " dont le QG se trouve au fort de Noisy-le-Sec (93). Elle dispose de camps d’entraînement à Perpignan et Cercottes pour les " parachutistes spécialisés " (inutile de vous précisez que c’est pas trop le genre de gars á emmerder dans un bar…) et Roscanvel pour les " commandos marines “. Depuis 1981, la Division Action est subdivisée en trois groupes : Commandos, appui aérien, opérations navales. En outre, elle dispose de l’appui des avions gros porteurs et des hélicoptères du GAM56, basé à Evreux, pour les moyens de transports longue-distance.

III) Opérations connues.

a)les échecs :

* Opération Satanic : le navire amiral de Greenpeace, le Rainbow Warrior, est coulé le 10/07/85 dans le port d’Auckland (NZ), mais un membre de l’organisation pseudo écologiste (et liée à la CIA… d’où la dénonciation des essais nucléaires français) est tué au cours de l’opération et les membres du commandos de la Division Action ont accumulé la malchance. Les faux " époux Turenge " sont capturés par la police quelques jours plus tard et la DGSE subi le plus grand revers de son histoire et se voit remise en question par bon nombre de responsables politiques français.

*

Les tentatives de 1977 et 1980 de renversement du Colonel Kadhafi par des militaires libyens pilotés par des agents de la DGSE.

*

Absence quasi-totale de la DGSE sur le continent asiatique.

b)Les succès :

*

Annonce de la guerre du Yom Kippour en octobre 1973 (seul service occidental au courant).

*

Annonce de l’invasion soviétique en Afghanistan en décembre 1979 (elle a devancé les services américains).

*

Exploitation du réseau " Nicobar " qui a permis à la France de vendre 43 Mirage2000 à l´Inde et de connaître la composition du blindage du char soviétique T-72.

*

Opération Barracuda : Coup d’état vs empereur Bokassa en République Centrafricaine (1979)et mise en place d’un gouvernement pro-francais.

*

Exploitation (avec la DST -à contre-espionnage français) de la source " Farewell " (début des années 80) qui a permis de dévoiler le plus important réseau d’espionnage technologique en Europe et aux USA jamais vu à ce jour. Les soviétiques récupérer tranquillement plus de 50% des découvertes occidentales sans que les américains s’en rendent compte.

*

Les liens traditionnels de la France avec le continent africain et le Proche-Orient ont contribué à faire de la DSGE le service de renseignement occidental le plus performant dans cette région.


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Commentaires

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lundi 1er novembre 2010 à 23h31 - par  Neimad

OCTOBRE 2010.

Dernières activités officielles de la DGSE : la récupération des relevés téléphoniques de deux journalistes du monde afin de retrouver la source des journalistes dans l’affaire Woerth-Bettencourt.

Source : http://www.lejdd.fr/Societe/Justice…

Dernières activités où la DGSE est simplement suspectée : les cambriolages qui ont visé Mediapart, Le Point, Le Monde dans le cadre de l’affaire Woerth-Bettencourt, dans le but de créer un climat d’intimidation.

Source : http://www.lejdd.fr/Medias/Internet…

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