Les services secrets occidentaux de la guerre froide au début 20e siecle

mercredi 5 juin 2013
par  syagrius
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La fin de la Seconde Guerre mondiale et les débuts de la guerre froide ont figé le monde du renseignement occidental. Certes, comme pour tout organisme vivant, l’évolution ne s’arrête pas, et les services peuvent être remaniés, transformés ou voir leurs missions modifiées, mais, en gros, le visage que prend, entre 1945 et 1950, la communauté occidentale du renseignement restera le même jusqu’à nos jours.

 Etats Unis

C’est la CIA (Centra/Intelligence Agency) qui est, principalement, en charge du renseignement à l’étranger. Elle partage toutefois cette responsabilité avec les militaires de la DIA (Défense Intelligence Agency) qui regroupe, depuis 1947, les services de renseignements de l’US Army et l’US Navy et avec les << diplomates>> du State Département Bureau of Intelligence and Research (SDBIR). La DIA peut, de plus, compter sur l’appui de l’Intelligence Support Activity, l’équivalent du Service Action français. Les SR de l’Aviation, de la Marine, de l’Armée de terre et des Marines continuent toutefois à rassembler le renseignement relatif au champ de bataille. Le système ouvre évidemment la porte à toutes les rivalités.

Ainsi, selon le colonel William V. Kennedy, <>. Le contre-espionnage est théoriquement confié au FBI (Fédéral Bureau of Investigation), mais la CIA comme la DIA possèdent leur propre organe de CE.

Ajoutons que les recrues des services de renseignements américains ont accès, pour faire leurs classes, à toute une galaxie d’écoles, depuis ’’la Ferme" de Camp Peary où passent les futurs agents de la CIA jusqu’à l’école SIGINT (interception radioélectrique, cryptage et décryptage) d’Arlington Hall, l’US Army lnvestigative Training School de Chicago, la Military Intelligence Service Language School de Fort Snelling, ou le Military Intelligence Training Center de Camp Ritchie dans le Maryland.

 Grande Bretagne

MIS et MI6 partagent le terrain avec le renseignement militaire et ont accès aux interceptions et aux observations par satellite réalisées par le GCHQ ( Government Communications Headquarters). L’ensemble de ces activités est coordonné par le Joint Intelligence Committee (JIC). Le JIC a notamment mis au point un excellent système d’appréciation du renseignement : chaque service évalue lui-même les informations dont il est le producteur mais, avant que celles-ci ne soient soumises aux échelons politiques, elles passent par le filtre du Committee, au sein duquel elles sont soumises aux chefs des autres services. De même, en cas de crise spécifique (la crise du Golfe en 1990, par exemple) le JIC peut demander à chacun des services qu’il coiffe de détacher quelques spécialistes à une cellule commune mise sur pied pour l’occasion. Travaillant à temps plein sur la question, ces spécialistes peuvent s’appuyer sur toutes les ressources de leurs services respectifs. La Grande-Bretagne collabore, de plus, assez étroitement (comme les États-Unis) avec les services secrets des pays anglo-saxons du Commonwealth (Police montée et son CE, puis Service canadien de renseignements et de sécurité au Canada, Australian Security and Intelligence Organisation, ASIO en Australie, etc.) La Special Branch de Scotland Yard reste le bras armé des services de renseignements britanniques à l’intérieur des frontières du Royaume-Uni.

 France

Le SDECE (Service de documentation extérieure et de contre-espionnage), devenu en 1981 la DGSE, est actif à l’étranger, aussi bien pour ce qui concerne le renseignement que le contre-espionnage offensif ou l’action. Depuis 1992, il doit compter avec la DRM (Direction du renseignement militaire) créé au lendemain de la guerre du Golfe mais qui est davantage un service d’analyse et de coordination qu’une structure de collecte de renseignements proprement dite. Contre-espionnage et antiterrorisme en métropole sont du ressort de la DST (Direction de la sécurité du territoire) tandis que les Renseignements généraux (RG) œuvrent aussi bien dans le contre-terrorisme que dans le renseignement politique et la recherche dirigée vers les milieux criminels et les structures de blanchiment d’argent.

En Allemagne, enfin, outre le BND, déjà connu de nos lecteurs, deux services coexistent. Le contre-espionnage est du ressort du Bundesamt für Verfassungsshutz (BfV) tandis que l’armée dispose, avec le Militarischer Abschirmdienst (MAD), de son propre organisme de renseignement contre-espionnage. Le Bundeskriminalamt (BKA), qui regroupe les services de police criminelle, étant extrêmement actif dans la lutte contre le terrorisme, collabore tout naturellement avec les organismes précités.


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