Critique du code secret de la Bible

mardi 21 février 2012
par  Neimad
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 Le principe


Les sites Internet, livres et vidéos qui pré­sentent le "code secret de la Bible" s’appuie sur un trai­tement infor­ma­tique du texte hébreu de la Bible : on com­mence arbi­trai­rement par une lettre, puis on prend un écart (toutes les 3 lettres ou toutes les 9 lettres par exemple) et on regarde quel mot ou quelle phrase cela donne, et combien de fois elle est répétée. Comme cela ne marche pas avec toutes les parties du texte et avec tous les écarts, on confie à un ordi­nateur le soin d’essayer de les possibilités.

Selon les par­tisans du code secret de la Bible, on pourrait y lire l’avènement de Jésus-​​Christ, les dates des guerres mon­diales, des évène­ments astro­no­miques, des attentats contre des chefs d’Etat, etc.



 Dix bonnes raisons de ne pas croire au code secret de la Bible


1 - En hébreu, on n’écrit que les consonnes [1], si bien que ça mul­tiplie les chances d’avoir des syno­nymes : MAIN = MENU = MONAIE = MOINE = MINI = MOINEAU = MANAMN.

2 - Avec une cen­taine de consonnes, on peut créer un nombre énorme de phrases ; c’est le principe des mots croisés.

3 - Si l’on prend l’ensemble de la Bible, on trouvera obli­ga­toi­rement des lettres et des phrases qui se répètent à inter­valle égale [2]

4 - La décou­verte des répé­ti­tions est encore plus facile avec un ordi­nateur qui essaiera avec toutes les lettres et tous les écarts possibles.

5 - Le choix de la pre­mière lettre (à partir de laquelle s’effectue le comptage) est arbitraire.

6 - Le texte dans lequel se trouve les "révé­la­tions" n’a pas néces­sai­rement de lien avec la révé­lation en question, mais comme il s’agit d’un texte reli­gieux (avec des grands prin­cipes, des pro­verbes, des pro­phéties…), on pourrait appliquer les sen­tences de la Bible à la plupart des évène­ments, puisque d’un côté on a des juge­ments moraux, de l’autre des dates, des noms et des faits bruts

7 - Toutes les "révé­la­tions" de la Bible concerne bizar­rement des faits passés, on n’a pas encore utilisé ce code pour prédire ce qui allait arriver, ce qui montre bien la démarche : "Je cherche dans la Bible un ensemble de lettres qui forme un mot que je connais, et comme par hasard je le trouve dans la Bible." Pourquoi est-​​ce si facile de faire des décou­vertes a pos­te­riori ? Parce qu’avec ce procédé, on peut trouver n’importe quoi dans la Bible.

8 - Comme dans toute expé­rience scien­ti­fique, on devrait faire des contre-​​tests. Premier contre-​​test : essayer de trouver des mots ou des phrases qui n’ont aucun sens dans la Bible (schtroumpf, blabla, jackouille la fri­pouille…). Deuxième contre-​​test : essayer la méthode sur d’autres livres aussi impo­sants : la fresque des Rougon-​​Macquart de Zola, l’Encyclopedia Uni­ver­salis, la saga d’Harry Potter… [3] A moins de penser que Dieu a laissé sa marque dans tous les livres de la création (et pourquoi pas !), il faudra remettre en cause cette théorie si l’on trouve des résultats par ce moyen. Troi­sième contre-​​test : uti­liser ce code avec la Bible en langue fran­çaise (mais en enlevant les voyelles).

9 - Pourquoi n’y aurait-​​il pas de code dans d’autres textes reli­gieux, comme le Nouveau Tes­tament, le Coran [4] et la Bhagavad-​​Gītā ? Les tenants du "code secret de la Bible" sont-​​ils juifs ou chrétiens ?

10 - Pourquoi y aurait-​​il un code dans l’Ancien Tes­tament qui ne puisse être découvert qu’au XIXe siècle par nos moyens tech­no­lo­giques actuels ?

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Le monde est étrange, vous ne trouvez pas ?



[1] Nous parlons de l’hébreu biblique. Aleph, He, Vav et Yod sont des semi-​​​​consonnes. Les points ou nikkud qui notent les voyelles en-​​​​dessous des lettres n’ont été rajoutées que plus tard. Beth peut par exemple se pro­nonce Ba, Bé, Bi, Bo, Bu… avec des voyelles courtes ou longues. Ba ne se transcrit donc pas néces­sai­rement avec un Beth et un Aleph.

[2] Dans une série d’articles sur la Gué­matrie, nous avons découvert que des mots ayant un sens simi­laire en français avaient souvent la même valeur numé­rique, mais après avoir soumis la question à des mathé­ma­ti­ciens, nous nous sommes aperçus que c’était seulement un effet de probabilité.

[3] Brendan McKay, pro­fesseur de mathé­ma­tiques à l’Université nationale d’Australie, a démontré que la méthode de Séquençage de lettres équi­dis­tantes pouvait s’appliquer à Moby Dick, trouvant neuf fois l’assassinat d’un premier ministre, dont celui d’Yitzhak Rabin, l’assassinat de Martin Luther King et l’accident mortel de Lady Di. Plus d’informations sur la réfu­tation du code de la Bible par des mathé­ma­ti­ciens : http://​cs​.anu​.edu​.au/ bdm/​dilugim/​t…

[4] Voir en par­ti­culier notre article sur le Coran


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Commentaires

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mardi 21 février 2012 à 20h06 - par  Neimad

Extrait du débat sur facebook :

Néo Trou­vetout : petit bémol au point 7 Le jour­na­liste Michael Drosnin a prédit l’attentat d’YtzaacRabin à l’aide du code de la bible

Neimad Projet  : En effet, mais la décou­verte a été faite 3 ans aupa­ravant. La position poli­tique du premier ministre israélien, en faveur de la paix avec la Palestine, lui vaut la haine de cer­tains extré­mistes juifs. Il était donc dans une position dan­ge­reuse. Main­tenant, ce qu’il serait inté­ressant, c’est d’avoir d’autres pré­dic­tions pour confirmer cette méthode (ou pas).

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