L’Appel de Sol-​​Syntagma

jeudi 14 juin 2012
par  Neimad
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  Sommaire  

 Contexte


La crise finan­cière de 2007-​​2008 ont ébranlé les pays du sud de la zone Euro, et en par­ti­culier la Grèce et l’Espagne.

Les banques espa­gnoles sont direc­tement tou­chées par la crise des sub­primes. La bulle spé­cu­lative qui avait béné­ficié à l’immobilier et au secteur du bâtiment éclate. L’Espagne prend des mesure d’austérité.

La dette grecque était sous-​​estimée. Ses diri­geants avaient tenté de cacher l’ampleur du désastre avec l’aide de la banque d’investissement Goldam Sachs, également impliqué dans la crise des sub­primes [1]. Les marchés finan­ciers spé­culent sur la dette grecque qui atteint bientôt 150% du PIB, soit 350 mil­liards d’euros.

Après le départ des Indignés [2] de la place de la Puerta del Sol le 12 juin 2011, après près d’un mois d’occupation, les Indi­gnados lancent un appel dans le reste du monde pour continuer à faire vivre le mou­vement. Des assem­blées popu­laires sont orga­nisées à Madrid et une grève générale est déclarée en Grèce le 15 juin…

Le 9 sep­tembre 2011, les Indi­gnados de la Puerta del Sol en Espagne et les gré­vistes de la place Syn­tagma en Grèce signent une décla­ration commune, premier acte de coor­di­nation d’un mou­vement qui conti­nuera en Europe par une marche sur Bruxelles en 2012 et par divers actions de soutien…

JPEG - 43.6 ko Source de la pho­to­graphie : Alger Répu­blicain


 Le manifeste


Appel Sol-​​Syntagma

9 septembre 2011 par Les indignés

Des USA à Bruxelles, de la Grèce à la Bolivie, d’Espagne en Tunisie, la crise du capi­ta­lisme s’approfondit. En sont res­pon­sables ceux-​​là mêmes qui nous imposent des recettes pour la sur­monter. Leur pré­tendu remède ? Trans­férer des res­sources publiques à des ins­ti­tu­tions finan­cières privées et faire payer la facture aux peuples avec des plans d’ajustement qui, loin de nous faire sortir de la crise, nous y enfoncent davantage.

Dans l’UE, les attaques des marchés finan­ciers contre les dettes publiques font du chantage aux gou­ver­ne­ments et prennent en otage les Par­le­ments, qui adoptent des mesures injustes au détriment de leurs peuples. Les ins­ti­tu­tions euro­péennes, au lieu de prendre des déci­sions poli­tiques fortes face aux attaques des marchés finan­ciers, s’alignent sur ceux-​​ci.

Depuis le début de cette crise, nous assistons à une ten­tative de convertir la dette privée en dette publique. Il s’agit de socia­liser impu­nément les pertes après avoir scan­da­leu­sement pri­vatisé les profits.

Les taux d’intérêt élevés imposés pour obtenir des finan­ce­ments, ne sont pas impu­tables aux doutes relatifs à notre sol­va­bilité, mais aux manœuvres spé­cu­la­tives des grands établis­se­ments finan­ciers, avec la com­plicité des agences de notation.

Les coupes écono­miques s’accompagnent de res­tric­tions des libertés démo­cra­tiques. Citons parmi celles-​​ci, des mesures de contrôle et d’expulsion de la popu­lation immigrée ainsi que des limi­ta­tions à la libre cir­cu­lation des Euro­péens dans l’UE. Ce n’est que pour l’euro et les capitaux spé­cu­latifs que les fron­tières sont tou­jours ouvertes.

En Espagne, nous sommes soumis à un pro­cessus d’arnaque col­lective. La dette publique (60% du PIB ) n’est pas un pro­blème et pourtant elle est uti­lisée comme pré­texte pour nous faire croire que nous sommes dans une situation grave, qui jus­tifie les dures attaques contre nos droits et notre patri­moine, attaques qui menacent de s’aggraver. En revanche, la dette privée (240% du PIB) est un vrai pro­blème, mais au lieu d’appliquer aux banques les mesures d’austérité ils leur accordent des aides et des pré­bendes en tous genres aux dépens du Trésor public. La plus grosse « aide » consiste à brader à bas prix presque la moitié de nos Caisses d’épargne, ainsi que des entre­prises et acti­vités rentables.

Pendant ce temps, contre­venant à plu­sieurs droits fon­da­mentaux, l’accès à la Puerta del Sol, épicentre du mou­vement du 15 mai (15M) est resté interdit.

En Grèce, ils nous ont imposé un mémo­randum. Ils nous ont dit que les coupes, l’austérité et les nou­veaux impôts sont des sacri­fices néces­saires pour faire sortir le pays de la crise et diminuer la dette. Ils nous ont menti !

Jour après jour des nou­velles mesures sont prises, les salaires sont amputés, le chômage monte en flèche, la jeu­nesse émigre. Et la dette n’arrête pas de gonfler, parce que les nou­veaux emprunts sont des­tinés à payer les énormes intérêts exigés par nos créan­ciers. Les déficits de la Grèce et des autres pays du Sud européen deviennent des mines d’or pour les banques alle­mandes et d’autres pays riches du Nord.

Les res­pon­sables du gon­flement de la dette ne sont pas les salaires et les pen­sions de retraite. Les res­pon­sables en sont les consi­dé­rables allé­ge­ments fiscaux et les sub­ven­tions en faveur du capital, les énormes dépenses, et les énormes profits des l’industries phar­ma­ceu­tique et d’armement. Ils nous mettent en faillite afin d’appliquer des mesures et des coupes bud­gé­taires catas­tro­phiques, afin de vendre la terre et les biens publics à des prix défiant toute concurrence.

JPEG - 34 ko Crédit pho­to­gra­phique : F.Perrier/Humanité


Nous disons :

  • Qu’ils retirent leur mémo­randum ! Qu’ils s’en aillent ! Nous ne voulons être gou­vernés par le FMI et la Troïka.
  • Natio­na­li­sation des banques. Avec ses plans de sau­vetage, l’Etat les a déjà payées bien au-​​dessus de leur valeur bour­sière pour qu’elles puissent continuer à spé­culer.
  • Ouverture au peuple des comptes de la dette pour que nous sachions où est allé l’argent.
  • Redis­tribuer radi­ca­lement les richesses et changer la poli­tique fiscale pour faire payer ceux qui pos­sèdent le plus : les ban­quiers, le capital et l’Eglise.
  • Nous voulons un contrôle popu­laire démo­cra­tique de l’économie et de la pro­duction.
  • Pour toutes ces raisons, depuis les deux places, ensemble NOUS DECLARONS que :

LES POLI­TIQUES D’AJUSTEMENT QUILS APPLIQUENT NE NOUS FERONT PAS SORTIR DE LA CRISE, MAIS NOUSENFON­CERONT PLUS PRO­FON­DEMENT ENCORE. ILS NOUS ENTRAÎNENT VERS UNE SITUATION LIMITE AFIN D’APPLIQUER DES MESURES DE SAU­VETAGE, QUI EN REALITE SAU­VERONT LES BANQUES CREAN­CIERES ET QUI VONT SE CONCRE­TISER PAR DE GRAVES ATTAQUES CONTRE NOS DROITS, NOS BUDGETS DE MÉNAGE ET NOTRE PATRI­MOINE PUBLIC.

Nous devons NOUS INDIGNER et NOUS RÉVOLTER contre de telles attaques. C’est ce que nous faisons avec le mou­vement du 15 Mai dans la Place de la Puerta del Sol et à partir de l’Assemblée Popu­laire de Syntagma.

Nous invitons tous les indignés de toutes les places à s’y joindre.

  • Stop aux plans d’ajustement et de sau­vetage
  • Non au paiement de la dette illé­gitime. Cette dette n’est pas la nôtre ! Nous ne devons rien, nous ne vendons rien, nous ne payerons rien !
  • Pour une démo­cratie directe et réelle MAIN­TENANT.
  • Défense du patri­moine public. Aucune vente de pro­priétés ou de ser­vices publics.
  • Pour la coor­di­nation de tous les indignés de toutes les places.


Voir la version grecque.http://​www​.contra​-xreos​.gr/

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Ce monde est à nous, changeons-​​le !



[1] Selon un article paru en 2009 dans le magazine amé­ricain Rolling Stone, Goldman Sachs aurait pro­voqué la plupart des « mani­pu­la­tions de marché » ou bulles des 80 der­nières années. Voir Matt Taibbi, « The Great Ame­rican Bubble Machine - From tech stocks to high gas prices, Goldman Sachs has engi­neered every major market mani­pu­lation since the Great Depression - and they’re about to do it again [archive] », Rolling Stone, 13 juillet 2009(tra­duction en français [archive])

[2] Le nom se réfère au livre de S­phane Hessel, Indignez-​​​​vous ! Lire notre article à ce sujet


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