Les satellites espions.

mercredi 6 octobre 2010
par  syagrius
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Les satel­lites sont devenus l’un des plus impor­tants moyens de col­lection des ser­vices de ren­sei­gne­ments des pays déve­loppés, dont ils four­nissent environ 95% de l’information "clas­sifiée" (c-​​a-​​d non-​​divulguée par les-​​dit ser­vices aux citoyens normaux comme vous et moi).

1. Généralités.

Depuis 1958 (lan­cement de Spoutnik), l´URSS/ Russie et les USA ont lancé quelques 3000 satel­lites mili­taires, dont 80% pour l’URSS seule… les Amé­ri­cains uti­lisant des satel­lites de plus grandes dimen­sions et d’une durée de vie plus longue.

Le prin­cipal avantage des satel­lites est de s’affranchir des pro­blèmes de sou­ve­raineté nationale est de pouvoir couvrir la totalité du ter­ri­toire des pays observés.

En revanche, ils sont rela­ti­vement rigides d’emploi : l’intervalle de "revisite" est un aspect très important. Le satellite com­mercial SPOT ,par exemple, ne survole le même point qu’une fois tous les 26 jours (pro­blème que ses caméras orien­tables per­mettent de contourner par­tiel­lement). [- à à noter que beaucoup de satel­lites mili­taires sont manœu­vrables, mais cela est tou­jours au détriment de leur durée de vie.]

Le déve­lop­pement des satel­lites est long (58 ans) et très coûteux. De plus, il faut une base de lan­cement (le jour où l’Irak vou­drait son satellite d’observation, j’imagine mal les USA lui prêter Cap Kennedy) et ils exigent une impor­tante infra­structure pour le trai­tement des infor­ma­tions recueillies. - à Les satel­lites sont donc un moyen d’observation réservé aux grandes puis­sances, qui ont une capacité spa­tiale et peuvent entre­tenir un réseau de sta­tions au sol.

Dans l’avenir, l’accession de cer­tains pays de zones instables du globe (Israël, Inde, Corée du Nord, etc) à la tech­no­logie spa­tiale (special thanks aux ex-​​ingénieurs sovié­tiques recon­vertis dans le mer­ce­nariat high-​​tech) accroîtra leur indé­pen­dance vis-​​á-​​vis des grandes puis­sances et pourrait avoir un effet mul­ti­pli­cateur sur la pro­li­fé­ration des mis­siles (nucléaires) balis­tiques. Cette réflexion a poussé les USA et l’Union Euro­péenne à adopter des poli­tiques strictes quant á l’exportation de la tech­no­logie spatiale.

2. Satellites d’observation.

La réso­lution d’un satellite d’observation mili­taire est un secret bien gardé. Elle est évalué à 15-​​30 cm pour les satel­lites amé­ri­cains et russes et 1m pour les satel­lites français. Une telle réso­lution a pour corol­laire une faible surface cou­verte par les caméras (ainsi, pendant la guerre du Golfe, il fallait 1500 images pour couvrir la zone des opé­ra­tions, ce qui prenait 3 jours).

Par consé­quent, les satel­lites mili­taires doivent offrir un com­promis optimal entre pré­cision optimale (exigée par les com­man­dants d’unités sur le terrain pour découvrir tous les pièges et autres tra­que­nards) et la "fraî­cheur" des infor­ma­tions (parce qu’ils ont pas envie d’attendre 3 jours lorsqu’ils sont sur une position sus­cep­tible d’être bombardée).

La capacité d’absorption et de trai­tement de la station au sol (un satellite espion envoie faci­lement 2 Go de photos par minutes) ainsi que la com­pé­tence de ses ana­lystes sont aussi impor­tantes que les capa­cités du satellite en lui-​​même.

A] les satellites occidentaux :

Depuis 1960 et jusqu’au lan­cement du satellite français Hélios en 1995, seuls les USA ont une capacité de recon­nais­sance par satel­lites au sein de l’OTAN. Bien sûr, ils four­nissent des infor­ma­tions à leurs alliés, mais avec une très grande sélec­tivité (pas de photos du ter­ri­toire amé­ri­cains ou d’unités amé­ri­caines, voire des alliés de Washington, parfois plu­sieurs jours d’attente, quelques fois un "no !" sans expli­ca­tions, sans oublier la rituelle demande de com­pen­sa­tions poli­tiques ou finan­cières, etc.).

L’essentiel des mis­sions d’observation pho­to­gra­phique amé­ri­caines est effectué par des satel­lites KH-​​11 [réso­lution de 30 cm, durée de vie de 3 ans]. Les lan­ce­ments sont effectués de manière à conserver en per­ma­nence 2 satel­lites en orbite. Le nombre de satel­lites plus récents (KH-​​12 et Lacrosse) est tenu secret.

Le pro­gramme Hélios, résultat d’une coopé­ration entre la France (80%), l’Italie (13%) et l’Espagne (7%), a permis une indé­pen­dance de ces pays envers les USA. Le satellite Hélios 1-​​A [ réso­lution de 1m, durée de vie de 8 ans] devrait être rem­placé en 2003 par Hélios 2-​​A. Ses images sont exploitées dans le "Centre européen d’interprétation des données satel­lites" situé à Tor­rejon en Espagne. En 2005, le satellite Horus [carac­té­ris­tiques ana­logue au Lacrosse amé­ricain] devrait com­pléter le satellite Hélios.

B] les satellites de la C.E.I :

Après la dis­pa­rition de l’URSS, la conception/​ lancement/​ exploi­tation des satel­lites mili­taires est revenu à la Russie. Pro­blème : l’industrie spa­tiale sovié­tique se trouvait prin­ci­pa­lement en Ukraine ou au Bié­lo­russes et la base de lan­cement de Baï­konour se situe au milieu du Kaza­khstan. Il a donc fallu "coopérer" au sein de la C.E.I … (glo­ba­lement, la Russie a rapatrié les indus­tries spa­tiales chez elle en com­pensant avec des livraisons de gaz/​ pétrole et elle "loue" la base de Baïkonour ).

Les satel­lites russes sont indis­tinc­tement appelés "Cosmos" et numé­rotés par ordre de lan­cement. Leurs capa­cités ne sont pas connues avec pré­cision, mais devrait avoi­siner celles des satel­lites américains.

C] achats de photos aux satellites civils :

Les satel­lites com­mer­ciaux d’observations ont été ini­tia­lement conçus pour des mis­sions scien­ti­fiques, mais du fait de leurs réso­lu­tions faibles, ils couvrent de plus grandes sur­faces… ce qui les rends pré­cieux pour com­pléter les images des satel­lites mili­taires. L’USAAF est ainsi un grand client du satellite français SPOT.

Trois grandes sociétés se dis­putent le marché des images : le français Spot (réso­lution de 10m), l’américain Landsat (30m) et le russe Soyus­karta (5m). Leurs photos coûtent entre 1500 et 5000$

A noter que ses sociétés sont peu regar­dante sur les moti­va­tions des ache­teurs, ce qui permet aux pays sans satel­lites de se fournir en images … et d’entretenir la paranoïa des USA envers la Corée du Nord, l’Irak, etc.

3. Les satellites de renseignement électronique.

[Bien évidemment, l’on pense tout de suite au "Réseau Echelon", mais une étude lui étant déjà consacrée sur ce website, je ne vais pas en reparler].

En dehors du réseau Echelon, les USA uti­lisent des satel­lites dits "Ferrets" ayant les mêmes carac­té­ris­tiques orbi­tales que des satel­lites com­mer­ciaux de sorte à ne pouvoir être iden­tifiés. Selon des sources euro­péennes datant de 1998, 4 de ces satel­lites seraient en uti­li­sation - à "Ryolite" et "Magnum" sont dirigés contre la trans­mission de données élec­tro­niques (et se cachent au milieu des satel­lites civils SDS), tandis que "Jumpseat" et "Chalet" inter­ceptent les com­mu­ni­ca­tions en phonie (et se cachent… euh, ils se cachent bien…lol).

Les Bri­tan­niques uti­lisent un satellite "Orion" dis­crè­tement placé sur une orbite du réseau Skynet.

La France a mis au point 2 projets : le micro-​​ satellite "Cerise" (seulement 50kg) , puis le satellite "Zénon/​ Clé­mentine" aux capa­cités équi­va­lentes à ses homo­logues amé­ri­cains (et qui se cache bien lui aussi).

4. Les satellites de navigation et positionnement .

Ils sont uti­lisés pour la navi­gation ter­restre, marine, aérienne et spa­tiale. Deux de ces sys­tèmes fonc­tionnent actuel­lement : le GPS amé­ricain (21 satellites/​5 sta­tions récep­trices) et le "Glonass" russe. Un autre est en projet : le "Galileo" européen.

Ces satel­lites sont très utiles pour les "armes de pré­ci­sions" tel que les mis­siles de croi­sières Tomahawk (USA)ou Apache (France), mais aussi pour les plans de vol des chas­seurs, les tirs d’artillerie, etc.

5. Les satellites météorologiques.

Ils sont des­tinés en premier lieu aux pré­vi­sions météo­ro­lo­giques de théâtres d’opérations, mais peuvent aussi servir à mesurer l’effet des aurores boréales sur le fonc­tion­nement des radars et on peut uti­liser leurs cap­teurs pour avoir une vision d’ensemble du théâtre d’opération (c’est pas très précis, mais c’est mieux que rien).

6. Les satellites de transmissions.

Ces satel­lites sont uti­lisés pour les com­mu­ni­ca­tions longue-​​distance entre les états-​​majors et les troupes déployées sur le terrain voire par le chef de l’Etat lors des dépla­ce­ments à l’étranger… les satel­lites civils étant de vrais pas­soires (pour preuve le pro­gramme Echelon).La France possède ainsi le réseau "Syracuse", considéré comme invio­lable (même par nos "amis" américains).


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