Les programmes de guerre bactériologique.

vendredi 22 octobre 2010
par  syagrius
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La pre­mière uti­li­sation avérée d’armes bio­lo­giques à des fins de génocide date de 1763. En effet, à cette date, les forces armées bri­tan­niques offrirent " géné­reu­sement " des cou­ver­tures à plu­sieurs vil­lages indiens de l’Ohio. Ces der­nières pro­ve­naient d’hôpitaux où l’on soi­gnaient des malades atteints de variole. Les Indiens n’avaient jamais été en contact avec ce virus et ils mou­rurent par cen­taines de mil­liers, laissant ainsi la place pour une colo­ni­sation des terres par des citoyens de Sa Gra­cieuse Majesté.

Malgré ce pré­cédent, tout au long du 19ième siècle le droit de la guerre pro­hibait " l’empoisonnement de nour­riture, de sources, et d’armes " entre nations civi­lisées. Les men­ta­lités chan­gèrent durant la 1ière Guerre Mon­diale et chaque grande puis­sance mis alors en place des pro­grammes de guerre bac­té­rio­lo­gique, offi­ciel­lement pour se défendre ou se venger en cas d’agression . Des agents patho­gènes furent employés tant sur le front (Bacillus anthracis utilisé par les Alle­mands contre les Russes par exemple) que sur l’arrière (ten­tative d’utilisation du virus de la morve che­valine par les ser­vices secrets français pour abattre la cava­lerie allemande).

Ces pro­grammes furent mis en sommeil durant les années 20, mais reprirent de plus belles à la veille de la Seconde Guerre Mon­diale où ils ne furent d’aucune utilité, puisque aucun bel­li­gérant n’osa les employer. Tou­tefois, ces pro­grammes ne furent pas de nouveau gelés à la fin du conflit. En effet, le risque de confron­tation Est-​​Ouest était tel­lement présent que la plupart des pays choisir de financer d’ambitieux pro­grammes secrets de guerre bactériologique…

Nous allons donc nous inté­resser aux pro­grammes occi­dentaux et sovié­tiques lors de la Guerre Froide, puis aux pro­grammes actuels menés par cer­tains pays du Tiers-​​Monde ( Irak, Egypte, Taiwan, etc)

 I) Les programmes de la Guerre Froide.

 A) les Occidentaux.

Le programme américain

débuta en 1942. Il com­prenait une unité de recherche dans le Maryland, une de pro­duction dans le Mis­sissipi et une de test dans l’Utah. Des expé­riences furent menées avec Bacillus anthracis (l’anthrax si vous pré­férez) et Bacillus suis, mais la conta­mi­nation acci­den­telle des environs du site retar­dèrent le pro­gramme. Celui-​​ci fut vigou­reu­sement relancé lors de la Guerre de Corée avec l’appui de scien­ti­fiques japonais ayant tra­vaillé dans la sinistre Unité 731 (ils ont eu le choix : soit être jugés comme cri­minels de guerre et être pendus, soit tra­vailler avec les amé­ri­cains sous de nou­velles iden­tités). Un nouveau centre ultra moderne au fin fond de l’Arkansas est crée et a partir de 1954, des essais sur animaux furent menés dans des zones déser­tiques isolées et sur des barges dans le Paci­fique. L’année sui­vante, des " volon­taires " humains furent exposés à des aérosols de fran­ci­sella tuta­lensis et Cox­siella bur­netti, avec des résultats plus ou moins heureux selon les pro­to­types de com­bi­naisons de pro­tection et de vaccins. En 1958, un essai réel de dis­sé­mi­nation est mené dans des villes amé­ri­caines (New York et San Fran­cisco) à l’aide d’agents non patho­gènes afin de valider le concept tech­nique de dis­sé­mi­nation par aérosol. A la fin des années 60, les Etats-​​Unis pos­sèdent un arsenal bio­lo­gique complet com­prenant des agents létaux ( Bacillus anthracis, toxine botu­li­nique, fran­ci­sella tula­rensis), des agents inca­pa­ci­tants ( Bru­cella suis, sta­phy­lo­coques, encé­pha­lites), et des agents anti-​​récoltes (germes créant des maladies du blé, avoine, riz, etc). Le 25 novembre 1969, Nixon annonce que les Etats-​​Unis renonce uni­la­té­ra­lement aux armes bio­lo­giques et se limi­teront à un pro­gramme purement défensif (vaccins, sérums, anti­bio­tiques, com­bi­naisons) tout en détruisant leurs stocks d’agents patho­gènes. Ceux-​​ci sont offi­ciel­lement tous détruits en 1973. Ce revi­rement est plus prag­ma­tique que moral : les EU et leurs alliés avait un intérêt évident à pro­hiber les armes bac­té­rio­lo­giques afin de pré­venir la pro­li­fé­ration de ces armes de des­truction massive " du pauvre " ( le coût de déve­lop­pement étant beaucoup plus bas que celui de l’arme nucléaire).

Le programme anglais

débute dès 1936, stimulé par de faux rap­ports qui accu­saient les Alle­mands de mener des recherches très poussées (rap­ports fabriqués par l’armée pour obtenir un gros budget). Le docteur P.Fidles, qui diri­geait le pro­gramme, porta son choix sur l’anthrax ,la toxine botu­lique, et un virus capable de décimer le bétail. En 1941, une bombe à anthrax est testée avec succès sur l’île de Gruinard (interdite d’accès jusqu’en 1990). Après la guerre, l’armée anglaise se dote d’un " centre de recherche bio­lo­gique " à Porton Down et col­labore acti­vement avec l’armée amé­ri­caine. Le pro­gramme anglais est mis en sommeil depuis le milieu des années 60 (époque où l’armée anglaise se dote d’une force de dis­suasion nucléaire digne de ce nom).

Le programme français

est le plus ancien : 1921 ! A cette date, la France a peur que l’Allemagne désire prendre sa revanche un jour et un centre secret est crée à Sevran-​​Ligny (région pari­sienne) avec un champ d’expérimentation dans un trou paumé du Mor­bihan. La France s’est inté­ressée à l’anthrax, la toxine botu­li­nique, et la peste. Le pro­gramme français était le plus avancé lors de la décla­ration de guerre en 1939. Cependant, faute de moyens finan­ciers, aucune pro­duction sérieuse ne fut mise en place. Tous les travaux ser­virent donc d’abord aux scien­ti­fiques alle­mands, bien moins avancés dans ce domaine (Hitler, gazé lors de la 1ière Guerre Mon­diale, ayant opposé son veto aux armes chi­miques et bac­té­rio­lo­giques). Après la guerre, la France reprend son pro­gramme, mais ce dernier pâti finan­ciè­rement de la priorité accordée au pro­gramme nucléaire. Une fois la France dotée de la bombe ato­mique en 1960, De Gaulle décide de le limiter à son aspect purement défensif.

 B) L’URSS.

Au vue de l’avance amé­ri­caine dans le domaine, Staline ordonne à l’Armée Rouge de se mettre à niveau. En 1952, un polygone d’essai ultra secret est donc inauguré sur 2 îles de la mer d’Aral et on y étudie une dizaine d’agents patho­gènes (anthrax, peste, encé­phalite équine, tula­rémie, typhus, bru­cellose, toxine botu­li­nique, etc) ainsi que de nom­breux vec­teurs (bombes, mis­siles, obus). Les mili­taires sovié­tiques com­mencent à s’intéresser à la pro­duction indus­trielle des agents patho­gènes dans les années 60 et créent les sites de Sverd­lovsk et Zagorsk. Tout le pro­gramme sovié­tique est sous le contrôle de la 15ième direction du Ministère de la Défense qui emploie 15 000 hommes. Le 8 août 1970, le Politburo décrète un déve­lop­pement de l’industrie micro­bio­lo­gique civile. La même année est crée à Step­no­gorsk un immense com­plexe regroupant les meilleurs labo­ra­toires de recherches civils… et mili­taires (quel hasard ! lol).

Dans les années 70, les occi­dentaux ayant (offi­ciel­lement) arrêté leurs recherches, les sovié­tiques vont alors prendre une avance consi­dé­rable. En 1973, une entité nommée " Bio­pre­parat " est crée par le Conseil Scien­ti­fique et Tech­no­lo­gique de Bio­logie Molé­cu­laire et de Géné­tique. Cette entité regroupe plus de 40 centres de recherche et une cen­taine de sites de pro­duction et est acti­vement impliquée dans le pro­gramme mili­taire puisque, sur les 9000 scien­ti­fiques, 2000 étaient des spé­cia­listes des agents patho­gènes pour l’homme. D’ailleurs, " Bio­pre­parat " était dirigée par des militaires.

Elle pos­sédait 3 sites de sto­ckage d’agents patho­gènes et un de sto­ckage des vec­teurs. Selon un transfuge passé à l’Ouest dans les années 80, " Bio­pe­parat " avait produit 20 tonnes d’agent de la variole, 25 tonnes d’agent de la peste, plu­sieurs 100aines de tonnes d’anthrax, … et cher­chait à créer une arme bio­lo­gique quasi par­faite en croisant géné­ti­quement des souches par­ti­cu­liè­rement viru­lentes de variole et d’ébola. Cette entité a été dis­soute en 1992, mais les ser­vices de ren­sei­gne­ments amé­ri­cains soup­çonnent l’armée russe de ne pas avoir aban­donné ses recherches (les ser­vices russes ont les mêmes soupçons sur l’armée amé­ri­caine, soit dit en passant…) et d’avoir regroupé toutes ses acti­vités bac­té­rio­lo­giques sur le site de Sverd­lovsk, baisse du budget oblige.

 II) l’état actuel de la pro­li­fé­ration bio­lo­gique.

  •  L’Egypte :
    Malgré le fait qu’elle est signée la " Convention d’interdiction des armes bio­lo­giques ", elle a reconnu pos­séder de telles armes et est for­tement soup­çonnée de continuer ses recherches. Ainsi, en 1998, l’" US Arms Control and Disarment Agency " a rappelé que rien n’indiquait que le pays est renoncé à cette capacité.
  • L’Inde :
    Tant la CIA, que le SVR ou la DGSE pense que le pays ne possède pas d’armes bio­lo­giques offen­sives (ce pays possède déjà l’arme nucléaire de toutes façons), mais que le pays gardait l’infrastructure néces­saire pour en pro­duire au cas où.
  • L’Iran :
    Ce pays a débuté un ambi­tieux pro­gramme de guerre bac­té­rio­lo­gique en 1980 et l’a dis­simulé au sein de son industrie phar­ma­ceu­tique. L’armée ira­nienne possède des agents patho­gènes pouvant être dis­persés par obus d’artillerie ou de bombes aériennes et cher­cherait à mettre au point des ogives bio­lo­giques pour les mis­siles balis­tiques. Selon la CIA, l’Iran emploierait des anciens employés de " Bio­pe­parat " et achè­terait du matériel bio­tech­no­lo­gique civil en Russie, puis le conver­tirait à des fins mili­taires ensuite. Des sources israé­liennes ont prouvé que l’Iran stocke de la toxine botu­li­nique et de l’anthrax.
  • L’Irak :
    Le pro­gramme irakien date de 1974, mais son essor ne date que de 1985. A cette date, il obtient un véri­table centre, ainsi que des moyens très impor­tants. Des recherches sur des agents par­ti­cu­liè­rement mortels sont menés (un cham­pignon mangeur de chair humaine, la ricine, la fièvre jaune, la fièvre hémor­ra­gique, l’alfatoxine, etc). Entre 1985 et 1990, l’Irak serait parvenu à syn­thé­tiser 1500 litres d’Anthrax, 6000 litres de toxines botu­li­nique, et 1850 litres d’alfatoxine. Lors de la guerre du Golfe, l’Irak aurait armé 25 Scud et 100 bombes avec des ogives bac­té­rio­lo­giques, et pos­sé­derait 2 bom­bar­diers Su-​​22 avec un système d’épandage aérien d’anthrax. Les auto­rités ira­kiennes ont affirmé avoir détruit tous leurs stocks dans les mois qui sui­virent le conflit, mais le doute subsiste…
  • Israël :
    Selon un rapport de la DGSE datant de 1994, l’armée israë­lienne tra­vaillerait à la construction de plu­sieurs dizaines de types d’armements bio­lo­giques. Le prin­cipale ins­titut de recherche mili­taire serait Nes Ziyyona. Dans tous les cas, Israël possède une solide base bio­tech­no­lo­gique civile qui pourrait rapi­dement être réorientée vers la pro­duction d’armes biologiques.
  • La Libye :
    En 1996, la CIA relevait un pro­gramme bio­lo­gique mili­taire libyen. Ce dernier ne serait qu’à un stade pré­li­mi­naire pour deux raisons : l’embargo sur le pays qui l’empêche d’acheter du matériel bio­tech­no­lo­gique même civil, et la dif­fi­culté de fabriquer des vec­teurs effi­caces. ( Bref la CIA s’auto-congratule de la poli­tique amé­ri­caine d’embargo).
  • Le Pakistan :
    Plu­sieurs rap­ports concor­dants émis par les ser­vices de ren­sei­gne­ments occi­dentaux et russes évoquent l’existence d’un pro­gramme bio­lo­gique mili­taire pakis­tanais, appa­remment axé sur l’anthrax.
  • La Syrie :
    Elles est for­tement soup­çonnée de cacher un pro­gramme offensif depuis de nom­breuses années. Tou­tefois, comme les libyens, les syriens bute­raient sur le pro­blème des vec­teurs (mais eux n’ont aucun pro­blème à acquérir du matériel pour fabriquer les agents).
  • La Corée du Nord :
    Ce pays possède un pro­gramme bio­lo­gique depuis les années 60 et ne s’en cachait pas durant la guerre froide. Depuis, plus de nou­velles… mais la Corée du Nord possède les scien­ti­fiques et les infra­struc­tures néces­saires pour pro­duire des agents patho­gènes et leurs vecteurs.
  • La Chine :
    La CIA place la Chine parmi les prin­cipaux pro­li­fé­ra­teurs et n’hésite pas à affirmer qu’elle dispose d’un énorme pro­gramme de guerre bac­té­rio­lo­gique. Ce pro­gramme com­pren­drait la recherche d’agents patho­gènes ou anti-​​récoltes tou­jours plus effi­caces. La Chine possède en outre des vec­teurs très per­for­mants (mis­siles balis­tiques et mis­siles de croisière).
  • Taiwan :
    Les ser­vices français et alle­mands soup­çonnent Taiwan de dis­si­muler un pro­gramme mili­taire bio­lo­gique. Elle a en effet acquis en 1998 du matériel de pro­duction suisse ultra moderne pouvant servir à la pro­duction d’agents et a ren­forcé son budget de " pro­tection bio­lo­gique " ( mais que ce cache t-​​il der­rière cette jolie appel­lation ?). Bien évidemment, tou­jours prêt à voler au secours de Taiwan, les ser­vices amé­ri­cains dénoncent en bloc ces accu­sa­tions européennes…

5 votes

Commentaires

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mercredi 7 novembre 2012 à 12h19 - par  Neimad

Merci pour votre message. J’avais également vu l’info sur la pro­duction d’Anthrax décou­verte au Québec dans un article du magazine Geo. Un vrai scandale là-​​bas !

samedi 27 octobre 2012 à 21h28

La France faute de moyen n’aurait pas fait de grosse pro­duction d’anthrax ? « Le pro­gramme français était le plus avancé lors de la décla­ration de guerre en 1939. Cependant, faute de moyens finan­ciers, aucune pro­duction sérieuse ne fut mise en place. »

Durant la deuxième guerre mon­diale, les USA, la France, le Canada et d’autres ont fait de très grande réserve d’Anthrax sur la Grosse-​​Île au Québec. Après la guerre, ils les ont mis dans des barils et les ont tout sim­plement lancé dans le Fleuve St-​​Laurent.
Appelé le Projet N, les Alliées étaient prêt à agir si l’Allemagne se lançait dans une guerre bio­lo­gique .
Je vous invite à consulter le lien suivant et faire vos propres recherches si cela vous intéressent.

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mercredi 23 mai 2012 à 03h48 - par  syagrius

Bonjour,

Il serait tres inté­ressant d’en savoir plus, tes amis ne pour­raient nous donner des infor­ma­tions plus pré­cises voir des photos du devant de la base en dehors des la zone de 6km..

Comment es tu sur de cela :

il t abat­terons sur le champs il est aussi interdits de prandre photo

Y a t il des pan­neaux, consignes, si oui des photos seraient tres intéressantes.…Comment etre sur de cette infos ? y a t il des cas ou c’est arrivé.

J’espere que tu pourras en savoir plus et que tes amis pourront nous éclairer.

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mardi 22 mai 2012 à 22h54 - par  evil

non j ai eu des information par des amie qui habite au etat unis

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mardi 22 mai 2012 à 22h45 - par  evil

au nevada on compte pret de 988 essai nucleaire

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lundi 21 mai 2012 à 00h31 - par  syagrius

Est il pos­sible de citer vos sources ? est vous aller sur place pour affirmer cela ?

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lundi 21 mai 2012 à 00h09 - par  jouannet

on le sait que USA font des essai nucleaire et des armes top secrets au NEVADA met on na pas le droits s approche de 6 km de la base sinon il t abat­terons sur le champs il est aussi interdits de prandre photo

dimanche 20 mai 2012 à 23h54

vraiment presque tous les pays USA CHINE FRANCE ect.…. utilise beaucoup d argent en armes bio­lo­gique , bathe­rio­lo­gique , chi­mique et nucleaire

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