L’histoire du Pétrole caucasien au siecle passé.

vendredi 8 avril 2011
par  syagrius
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L’Azerbaïdjan, pays au coeur du Caucase, signifie le "pays du feu". Ce feu, ce sont les immenses sources de gaz et de pétrole du bassin de la Mer Cas­pienne. A Sur­achany, à quelque 15 kilo­mètres de la capitale Bakou, se trouve un temple pour "pyro­lâtres". Ce temple est la marque de la fas­ci­nation reli­gieuse jus­tement pro­voquée par le feu, c’est-à-dire par les jaillis­se­ments de gaz naturel auto-​​inflammable. Les croyant du zoroas­trisme étaient convaincus des pou­voirs hyp­no­tiques des lieux. Mais depuis le 19e siècle, cette région a engendré une autre sorte de fas­ci­nation. Celle des lois du marchés, du profit et du pouvoir politico-​​économique.

Depuis l’effondrement de l’URSS, le Caucase est revenu à l’agenda de la poli­tique inter­na­tionale, du fait des nom­breux conflits "eth­niques" qui désta­bi­lisent cette région. Mais ces conflits doivent aussi être expliqués par la pré­sence d’immenses res­sources éner­gé­tiques, notamment du pétrole. Les der­nières recherches en date estiment à environ 200 mil­liards de barils de pétrole les capa­cités du bassin cau­casien. Les réserves en gaz sont quant à elles estimées aussi impor­tantes que le total des res­sources cumulées des Etats-​​Unis et du Mexique.

L’exploitation de ces res­sources ne date pas d’aujourd’hui. Déjà au 19e siècle, le pétrole cau­casien devient un facteur géos­tra­té­gique important. L’exploitation de cette région pose de nom­breux pro­blèmes aux déten­teurs de ces ter­ri­toires. Des pro­blèmes qui sont encore d’actualité aujourd’hui et qui se déclinent comme suit : alors que seul l’accès au marché des pays occi­dentaux per­met­traient à ces resources de prendre une réelle valeur mar­chande, les sources d’investissements manquent pour déve­lopper le réseau de dis­tri­bution. Si on ajoute à cela que ce réseau de transport doit tra­verser divers Etats en désaccord les uns avec les autres, on com­prend la dif­fi­culté de la situation. C’est dans ces condi­tions que s’ouvre la grande ère des Roth­schild et des Nobel. Les grandes com­pa­gnies pétro­lières entrent donc en jeu.

 La Russie entre dans le marché international

La Russie du 19e siècle reste un pays agricole. L’acte éman­ci­pateur de 1861, qui ordonne l’abolition du servage contribue à l’apparition des pre­mières struc­tures capi­ta­listes. Mais l’industrialisation et l’établissement d’une société capi­ta­liste reste lente. Et cela malgré le fait que le gou­ver­nement impérial par­vient à sti­muler les inves­tis­se­ments de capitaux étrangers. Sti­mu­lation qui permet jus­tement que, dès 1875, des capitaux français soient placés en Russie, notamment ceux de la famille Roth­schild qui devient un des plus impor­tants investisseurs.

 La signification économique du pétrole au 19e siècle

Les pre­mières exploi­tation pétro­lières sont effec­tuées aux Etats-​​Unis. Mais le marché amé­ricain, à l’époque, semble trop petit et la question du transport et de l’exportation des mar­chan­dises, vers le Vieux Continent où l’industrialisation et l’urbanisation sont impor­tantes, com­mence à appa­raître. L’Europe devient donc le marché le plus important pour les Amé­ri­cains. Ces-​​derniers découvrent également, dès le milieu du XIXe siècle, les pos­si­bi­lités que pour­raient offrir le marché russe. Les Amé­ri­cains montrent donc un certain intérêt pour la Russie, cependant, malgré cet intérêt, ce ne sont pas eux mais des Euro­péens qui vont découvrir les richesses pétro­lières du Caucase.

 La famille Nobel et le pétrole

Il serait erroné de dire que les habi­tants de cette région ne se sont jamais mis à l’exploitation du pétrole. Mais l’absence d’infrastructures suf­fi­santes, le retard dans l’industrialisation russe et son faible déve­lop­pement en général font que ce coin de l’empire reste écono­mi­quement insi­gni­fiant. Il y a bien une petite industrie pétro­lière qui se déve­loppe après 1861 sous le monopole de l’Etat, mais il faut attendre la vente aux enchères des champs pétro­liers, en 1870, pour voir appa­raître de réels inves­tis­seurs. C’est avec cette vente aux enchères, la famille Nobel entre dans la chasse aux pétrole.

Comme aujourd’hui, ce sont donc des com­pa­gnies étran­gères qui, après s’être assuré la confiance des puis­sants locaux, achètent les droits d’exploitation et com­mencent à investir en infra­struc­tures. A Bakou en 1875 Ludwig Nobel, le future "Roi du pétrole de Bakou" s’engage désormais dans cette affaire, élaborant un concept d’exploitation et pla­ni­fiant sa nou­velle activité. Pour passer outre les dif­fi­cultés dues au manque de moyens de transport, il déve­loppe le système des pétro­liers. Cela permet de sou­tenir l’explosion de la pro­duction, qui passe de 600000 barils en 1864 à 10800000 barils en 1874. Les frères Nobel pro­duisent quant à eux la moitié de ce pétrole, dès lors "le pétrole amé­ricain n’a plus d’importance sur le marché russe."

 Le succès économique rapide camoufle les problèmes

Pourtant, der­rière cette his­toire de succès écono­mique se cachent quelques pro­blèmes. Tout d’abord, le déve­lop­pement rapide de cette com­pagnie nécessite des crédits crois­sants. De plus, si le pétrole russe a conquit le marché russe, il ne joue pas un rôle important à l’extérieur de l’empire. Ceci est pro­blé­ma­tique du fait que le marché russe n’est pas aussi important que ne pourrait le laisser croire son étendue géo­gra­phique si impres­sion­nante. En effet, les pauvres paysans, souvent encore en situation de quasi esclavage, ne res­sentent pas le besoin d’avoir ce produit et surtout il n’ont pas les moyens de l’acheter. De plus, l’amélioration des trans­ports par l’apparition du pétrolier n’a pas enlevé tous les pro­blèmes : les hivers féroces inter­disent toute navi­gation d’octobre à mars et obligent car­rément la fer­meture de cer­taines raf­fi­neries. Pour palier à ces pro­blèmes, des inves­tis­se­ments se font également dans la construction de chemins de fer, qui per­mettent la liaison plus rapide vers les grands ports, comme Batum.

 Bakou, le centre pétrolier du monde au 19e siècle

Ce n’est qu’après la mise en place de cette nou­velle infra­structure (chemin de fer) que le pétrole de Bakou prend une place décisive dans le com­merce mondial. Dès lors, le pétrole russe entre en concur­rence avec le pétrole amé­ricain pour le marché européen. Rap­pelons encore que le pétrole russe n’est russe que par de sa pro­ve­nance puisque ce sont deux familles euro­péennes qui contrôlent ces sources. La famille Nobel pour s’imposer engage une poli­tique de pro­duction de plus en plus agressive : entre 1879 et 1888, la pro­duction se mul­tiplie par dix et atteint 23 mil­lions de barils, ce qui cor­respond aux 4/​5 de la pro­duction amé­ri­caine. La part de pro­duction amé­ri­caine sur le marché mondial baisse et passe de 78 % à 71 % entre 1888 et 1891. Dans la même période, le pétrole russe aug­mente sa part en passant de 21 % à 29 %3. Standard Oil essaye de riposter par toute sorte d’action face à cet enva­his­sement, mais en vain.

 La naissance des premières entreprises mondiales

Cependant, malgré ces avancées sur le marché et les efforts fournis pour amé­liorer les condi­tions de transport de la mar­chandise, le pro­blème reste entier surtout pour les Rot­schild qui, contrai­rement à la famille Nobel qui tient le marché russe, doivent trouver d’autres voies pour entrer plus agres­si­vement sur le marché mondial. Son concurrent prin­cipal est, comme nous l’avons déjà dit, la Standard Oil. Cela nous montre que déjà et dès lors une com­pagnie ne se limite plus à des fron­tières natio­nales, mais s’engage dans la création des pre­miers grands "trust" mon­diaux. Les enjeux géos­tra­té­giques prennent donc de l’ampleur. Ainsi, alors que la Standard Oil ne reçoit pas l’autorisation de passer par le Canal de Suez pour cause de sécurité, Lloyds of London le permet aux pétro­liers de M. Samuel, financier qui a reçu des conces­sions de vente par les Rot­schild. Nous entrons dans une nou­velle logique écono­mique inter­na­tionale qui peut s’expliquer par plu­sieurs fac­teurs comme les nou­velles pos­si­bi­lités de transport et de com­mu­ni­cation (ouverture du Canal de Suez en 1869, appa­rition des cargos à vapeurs, ins­tal­lation des lignes télé­gra­phiques entre l’Angleterre, l’Inde et la Chine et l’Australie) ou encore l’expansionnisme colo­nia­liste en général.

 La révolution russe : point de rupture ?

Au début du 20e siècle, la pro­duction de Bakou com­mence à diminuer. Les raisons sont nom­breuses : dimi­nution des réserves du fait d’une exploi­tation outran­cière, retard dans les tech­niques, concur­rence inter­na­tionale avec la Standard Oil, ou encore la taxation russe très lourde. Malgré cela les frères Nobel, pris par l’expansionnisme, aug­mentent tou­jours leur capacité de pro­duction, notamment en prenant à leur compte de nou­veaux geyser sur l’île de Tcheklen et au Turk­mé­nistan occi­dental. La révo­lution russe de 1917 touche bien entendu l’industrie pétro­lière cau­ca­sienne, même si le pétrole cau­casien se trouve dans un Etat indé­pendant, l’Azerbaïdjan, et que par consé­quent ses champs de pétrole ne sont pas natio­na­lisés ; il n’en reste pas moins que la région prend une impor­tance géos­tra­té­gique très impor­tante. Ainsi tant les armées turques que bri­tan­niques ou russes essayent de la conquérir. C’est dans cette situation poli­ti­quement fluc­tuante que les Nobel vendent leurs actions à Standard Oil et Royal Dutch Shell.

Après la vic­toire de l’Armée rouge les magnats du pétrole, Rocke­feller et Shell, choi­sissent la voie diplo­ma­tique en boy­cottant le pétrole sovié­tique, jusqu’en 1923. Lénine réagit en imposant la Nou­velle Poli­tique Eco­no­mique (NEP) qui permet la déna­tio­na­li­sation par­tielle de l’industrie pétro­lière et par consé­quent la per­mission pour les "capi­ta­listes étrangers" d’acheter des conces­sions. Pendant les années 20, les com­pa­gnies "capi­ta­listes" inves­tissent mas­si­vement et recons­truisent un réseau d’infrastructures modernes. Cet élan sera coupé net dès la fin des années 20 avec l’établissement des plans quin­quennaux et le non-​​renouvellement des conces­sions pour les com­pa­gnies étrangères.

Il faut tout de même sou­ligner que la natio­na­li­sation de l’industrie pétro­lière n’est pas le fait de néces­sités idéo­lo­giques mais écono­miques. L’industrie sovié­tique continue la poli­tique d’exportation massive initiée par les frères Nobel… Comme quoi, là aussi la fas­ci­nation d’ordre idéo­lo­gique laisse la place à une fas­ci­nation d’un autre ordre, celle des lois du marché, du profit et du pouvoir politico-​​économique.

 Chro­no­logie de l’Histoire du pétrole

1859 Décou­verte du premier gisement sou­terrain à Titus­ville, en Penn­syl­vanie (États-​​Unis) par Edwin Drake et George Bissell. Début du forage de masse aux États-​​Unis.

1870 John D. Rocke­feller fonde la Standard Oil (Cle­veland, Ohio), société de raf­finage de pétrole, dont l’activité prin­cipale est la pro­duction du kérosène comme source d’éclairage. Elle détient rapi­dement 80 % du raf­finage et 90 % du transport pétrolier amé­ricain. Ainsi il s’assure pro­gres­si­vement une situation de monopole sur le raf­finage américain.

1873 La famille Nobel entre­prend des recherches de pétrole dans la région de Bakou en Russie (aujourd’hui Azerbaïdjan).

1882 Thomas Edison invente l’ampoule élec­trique qui met en danger le déve­lop­pement du marché du pétrole.

1885 Les Roth­schild déve­loppent la pro­duction de pétrole en Russie. La com­pagnie néer­lan­daise Royal Dutch déve­loppe la pro­duction de pétrole à Sumatra (Indo­nésie). Paral­lè­lement, le chi­miste amé­ricain Ben­jamin Silliam Jr étudie cer­tains pro­duits obtenus par dis­til­lation du pétrole : gou­drons, lubri­fiants, naphta, sol­vants et essence.L’essence, alors consi­dérée comme un produit mineur, est employée comme détachant.

1885-​​1886 Appa­rition des pre­miers véhi­cules auto­mobile à essence (Daimler-​​Benz).

1892 Marcus Samuel crée la com­pagnie Shell dont le but est le transport du pétrole par le canal de Suez.

1896 L’invention de l’automobile (Daimler et Benz) fait renaître le marché du pétrole

1901 Pre­mière concession anglaise au Moyen-​​Orient ; extraction pétro­lière sur le ter­ri­toire perse (Iran).

1901-​​1905 Du pétrole est découvert et exploité dans dif­fé­rents États amé­ri­cains (Texas, Cali­fornie, Oklahoma).

1907 Fusion des compagnies pétrolières Shell et Royal Dutch.

1909 L’Anglo-Persian Oil Company prend le contrôle du pétrole iranien.

1910 Boom de la production pétrolière au Mexique.

1911 Déman­tè­lement de la Standard Oil et création de sept entre­prises : Standard Oil of New Jersey (50 % du capital) qui deviendra Exxon ; Standard Oil of New York, plus tard Mobil ; Standard Oil of Cali­fornia qui deviendra Chevron ; Standard Oil of Ohio qui deviendra Sohio ; Standard Oil of Indiana qui deviendra Amoco ; Conti­nental Oil qui deviendra Conoco, Atlantic qui deviendra Arco.

1913 Création de l’Anglo Persian Oil Company (APOC), future British Petroleum (en 1954).

1918 Cle­menceau renonce à Mossoul, qui revient à l’Angleterre en échange d’une extension du futur mandat français sur la Syrie.

1920 Accords de San Remo sur le partage de l’exploitation des res­sources de l’Irak.

1922 Boom de la production pétrolière au Venezuela.

1924 Création de la Compagnie française des pétroles (CFP), future Total.

1927 Boom de la production pétrolière en Irak.

1928 Accord dit « de la ligne rouge ». Le capital de l’Iraki Petroleum Company (IPC) se répartit dès lors entre l’APOC (23,75 %), la Shell (23,75 %), la CFP (23,75 %), la Near East Deve­lopment Cor­po­ration (Exxon, Gulf, Texaco, Socal/​Chevron, Socony/​Mobil, 23,75 %) et le groupe de Cal­louste Gul­benkian (5 %). Accords d’Achnacarry ou As-​​Is Agreement entre Shell, Standard Oil of New Jersey, APOC, Gulf et Standard Oil of Indiana. Ces accords débouchent sur la création d’un pool asso­ciation. Chaque com­pagnie se voit attribuer des quotas de pro­duction sur tous les marchés, basés sur les pour­cen­tages de 1928. Une com­pagnie peut voir sa pro­duction croître, mais pas son pourcentage.

1933 La Standard Oil de Cali­fornie (Socal) investit for­tement dans le forage de pétrole en Arabie saoudite après avoir obtenu l’accord du roi Ibn Seoud.

1937 Nationalisation de l’industrie pétrolière mexicaine.

1938 Boom de la production pétrolière au Koweït et en Arabie saoudite.

1943 Loi pétro­lière de l’État véné­zuélien qui récupère une partie des conces­sions et perçoit la moitié des recettes des sociétés. C’est le premier partage 50/​50 entre un État pro­ducteur et les grandes compagnies.

1945 Ren­contre entre le pré­sident amé­ricain Roo­sevelt et le roi d’Arabie saoudite Ibn Seoud sur le Quincy en Égypte : les États-​​Unis échangent leur soutien au régime saoudien contre l’exploitation des richesses pétrolières.

1950 Accord entre l’Arabie saoudite et la com­pagnie pétro­lière Aramco géné­ra­lisant le principe du partage des revenus pétro­liers à 50/​50 entre grandes com­pa­gnies et pays producteurs.

1951 En Iran, natio­na­li­sation de l’industrie pétro­lière par Muhammad Mos­sadegh et création de la National Iran Oil Company (NIOC).

1953 Renversement du gouvernement de M. Mossadegh vec l’aide de la CIA.

1956 Décou­verte du pétrole au Sahara et au Gabon. Boom de la pro­duction pétro­lière en Algérie et au Nigeria. Natio­na­li­sation des actifs de la Com­pagnie du canal de Suez par Gamal Abdel Nasser.

1959 Découverte de gisements de pétrole en Libye.

1960 En sep­tembre création de l’Organisation des pays pro­duc­teurs de pétrole (OPEP) par l’Arabie saoudite, l’Irak, l’Iran, le Koweït et le Venezuela.

1965 Création de Elf Erap en France.

1969 Début de la production de pétrole en Chine.

1970 Le prix officiel du pétrole saoudien est fixé à 1,80 dollar le baril selon les chiffres du ministère amé­ricain de l’Energie (DoE).

1971 Accords de Téhéran. Fin du principe 50/​50.

1972 Natio­na­li­sation de l’Irak Petroleum Company. Le Club de Rome tente d’alerter l’opinion sur la dépen­dance éner­gé­tique des pays développés.

1973 Guerre du Kippour. Les États arabes décident une série de hausses des prix du baril en repré­sailles au soutien amé­ricain à Israël. Premier choc pétrolier : qua­dru­plement du prix du brut.

1974 L’OPEP lève l’embargo pétrolier contre les États-​​Unis, le Danemark et les Pays-​​Bas. Création de l’Agence inter­na­tionale de l’énergie (AIE). Le prix du baril importé par les raf­fi­neurs amé­ri­cains dépasse les 10 dollars.

1976 Nationalisation de l’Aramco par l’Arabie saoudite.

1979 La révo­lution ira­nienne pro­voque une vaste per­tur­bation des appro­vi­sion­ne­ments occi­dentaux de pétrole en pro­ve­nance du golfe Arabo-​​Persique. Deuxième choc pétrolier.

1980 Début des mésen­tentes entre les États membres de l’OPEP. L’Irak attaque l’Iran. La guerre durera huit ans. Le prix du baril passe au-​​dessus de 30 dollars.

1982 Début de la baisse des prix du pétrole. L’OPEP établit des quotas de pro­duction (les dif­fi­cultés pour les res­pecter s’accumulent entre les États membres ).

1983 Le pétrole "light sweet crude" com­mence à être coté sur le New York Mer­cantile Exchange (Nymex).

1985 La hausse du dollar équivaut à un troisième choc pétrolier.

1986 Contre-​​choc pétrolier : effon­drement des prix du pétrole (le baril chute à 7 dollars).

1990 L’Irak envahit le Koweït, causant ainsi de nou­velles per­tur­ba­tions dans les appro­vi­sion­ne­ments de pétrole en pro­ve­nance du golfe Arabo-​​Persique.

1991 Libé­ration du Koweït par une coa­lition inter­na­tionale menée par les États-​​Unis. Dis­so­lution de l’Union sovié­tique, l’un des trois plus grands pro­duc­teurs mon­diaux de pétrole.

1992 Baisse rapide des prix du baril. Décou­verte de pétrole en Amé­rique latine, en Syrie, en Inde et en Norvège.

1998 La région de Bakou (et la mer Cas­pienne en général) devient le nouveau centre d’intérêt des com­pa­gnies pétro­lières mon­diales. Fusion Exxon/​Mobil et fusion Total/​Petrofina. Nou­velle baisse des prix du pétrole.

1999-​​2000 Forte remontée des prix du baril à la suite d’un accord entre l’OPEP et les autres producteurs.

2001 Les attentats ter­ro­ristes aux États-​​Unis causent une forte récession écono­mique géné­ra­trice d’une contraction de la demande mon­diale et de la baisse des prix du pétrole.

2002 Sommet des pays rive­rains de la mer Cas­pienne qui n’aboutit pas à un accord sur le partage global des res­sources en pétrole et en gaz. Dans un contexte de grande incer­titude concernant l’Irak et le Vene­zuela (et l’avenir de leur pro­duction), l’OPEP freine la sur­pro­duction de pétrole.

2003-​​2006 Les troupes américano-​​britanniques ren­versent le régime de Saddam Hussein et occupent l’Irak. Ces ten­sions au Moyen-​​Orient entraînent une per­tur­bation des marchés pétroliers.

2004 En mai le seuil des 40 dollars est à nouveau franchi puis en sep­tembre : 50 dollars. Le marché s’inquiète des appro­vi­sion­ne­ments en pétrole.

2005 L’ouragan Katrina qui dévaste la Loui­siane et le Mis­sis­sippi détruit une partie des ins­tal­la­tions d’extraction pétro­lière off shore dans le Golfe du Mexique. Le baril passe au-​​dessus de 70 dollars.

2006 Le pétrole atteint plus de 78 dollars le baril en août, soit un tri­plement des cours depuis 2002, avant de redes­cendre autour des 60 dollars à la fin de l’année.

2007 Consé­quence des niveaux de stocks de brut et d’essence rela­ti­vement bas aux Etats-​​Unis ainsi que des dif­fi­cultés d’approvisionnement au Nigeria et en Irak, les cours du pétrole atteignent des records à 80 dollars (12 sep­tembre) puis 90 dollars (19 octobre) le baril.

2008 Le 2 janvier, le baril atteint 100 dollars pour la pre­mière fois de son his­toire à la bourse de New York, ce qui cor­respond à son plus haut niveau en dollars constants depuis avril 1980. Le baril franchit les 130 dollars en mai et les 140 dollars en juin.

2010 Décou­verte d’importants gise­ments de gaz. en Aus­tralie, Algérie, Canada, etc. Explosion d’une pla­te­forme off­shore au large de Floride. Plu­sieurs mil­liards de litres déversés dans l’océan. Début du retrait amé­ricain de l’Irak. Mi sep­tembre le cours du brut est à 75 dollars.


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