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Le Québec restreint le droit de manifester

dimanche 10 juin 2012

Le 8 juin 2012, des milliers de jeunes se sont dénudés à Montréal pour contester contre la hausse des frais d’accès à l’université et perturber les festivités qui se déroulaient à Montréal à l’occasion du Grand Prix de F1.

Notre nudité exprime la demande de transparence. Le gouvernement en manque, il cache ses vraies motivations, on l’a vu dans la négociation sur les frais de scolarité.

 [1]

Le 18 mars 2012, le gouvernement Charest augmente les frais universitaires de 75%, pour atteindre dans cinq ans 3 793 dollars canadiens par an [2]. A ces frais de scolarité, les Universités ajoutent des frais annexes. Selon les fédérations étudiantes, la facture peut monter au total 4 500 $ CAN.

Le montant des droits universitaires est une vieille polémique au Québec : autrefois, les études universitaires étaient réservées à l’élite de la bourgeoisie ; en 1960, la Réforme Parent permet de ramener les frais d’inscription à l’Université à 540 dollars canadiens ; gelés pendant une trentaine d’année, ils triplent en 1990 pour atteindre pour atteindre 1 668 dollars canadiens ; ils augmentent encore de 500 euros en 2007 sous le gouvernement Charest, soit 2168 dollars par an.

Ces montants amènent les étudiants à prendre un crédit pour leurs études. Après un premier cycle universitaire, un étudiant québécois a 15 102 dollars (11 700 €) de dettes en moyenne [3]. 59% sont endettés et la moitié vivent sous le seuil de pauvreté.

Depuis la mi-février, plus de 300.000 personnes sont entrés dans le mouvement : parents, enfants, retraités, professeurs, membres d’organisations et étudiants défilent dans les rues, arborés de rouge, sous le slogan : "Pour un printemps québécois".

Pour freiner les manifestations, le gouvernement adopte la loi "spéciale" 78 le 18 mai 2012. Celle-ci restreint le droit de manifestation, le droit de réunion, liberté d’expression et les droits syndicaux. Elle modifie également le calendrier scolaire. [4].

  • Elle oblige les directions des établissements (article 3) et les enseignants (articles 10 et 11) à dispenser l’enseignement.
  • Elle interdit aux syndicats, à leurs dirigeants et à leurs membres (article 12) de participer à une action concertée visant à empêcher le personnel d’un établissement d’enseignement d’accomplir son travail.
  • Elle interdit à quiconque (articles 13 et 14) d’entraver l’accès à l’enseignement et de manifester à moins de 50 m d’un établissement d’enseignement.
  • Elle oblige les syndicats et les associations étudiantes (article 15) à « prendre les moyens » pour que leurs membres respectent ces articles.

La peine encourue est une amende de 1000 à 250 000 dollars canadiens (!). Les messages envoyés via les médias sociaux pourront éventuellement être utilisés comme éléments de preuve. Etc.

Les organisations syndicales [5]se prononcent contre cette loi, tandis que certains associations patronales l’appuie, comme le Conseil du patronat du Québec et l’Association du camionage du Québec.

Amnesty International s’est opposé à cette loi, la qualifiant de "dérive dans la protection des droits fondamentaux" [6]. La section canadienne de l’association réaffirme le droit de manifester pacifiquement : "il est légitime pour des groupes de manifestants d’occuper l’espace public.".

Les étudiants manifestent pour un "Québec plus humain".

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Ce monde est à nous, changeons-le !

Voir en ligne : Crédit photographique : l’Express

Notes

[1] Source : http://www.lexpress.fr/actualite/mo…

[2] Voir http://www.lexpress.fr/actualite/mo…

[3] Voir http://www.ouest-france.fr/actu/act…

[4] Voir http://www.lapresse.ca/le-soleil/ac… http://www.unpeudedroit.fr/droits-d…

[5] La Confédération des syndicats nationaux, la Fédération des travailleurs du Québec, la Centrale des Syndicats du Québec

[6] Voir http://www.amnistie.ca/site/index.p…

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