La Chine et la Russie s’opposent aux sanctions contre la Syrie

jeudi 19 juillet 2012

Ces sanctions seraient en effet défavorables aux intérêts économiques, géostratégiques (comprenez militaires) et politiques de ces deux pays :

  • Écono­mi­quement, la Russie a réalisé plu­sieurs inves­tis­se­ments dans l’industrie de l’énergie en Syrie a quatre mil­liards d’euros de contrat pour des maté­riels mili­taires [1].
  • Mili­tai­rement, la Russie possède un accès dans le port de Tartou, dans l’ouest du pays. Cela lui donne une position stra­té­gique en Médi­te­rannée. La Russie a déjà envoyé plu­sieurs navires près de la côte syrienne.
  • Poli­ti­quement, le pré­sident Russe n’a pas intérêt à voir la révolte d’un peuple contre un pouvoir peu démo­cra­tique se trans­former en révo­lution : il a lui-​​même beaucoup affaire avec le mou­vement anti-​​Poutine [2]. Par ailleurs, Poutine n’est pas prêt à perdre ses sou­tiens tra­di­tionnels à un mois des élections…

La Chine et la Russie se com­prennent et se sont sou­tenus. La Chine a compris la position de la Syrie sur le plateau du Golan et la Syrie a compris la Chine sur des pro­blèmes qu’elle a ren­con­trées à Taïwan, le Tibet, la région du Xin­jians et les droits de l’homme.

 [3]

Les pays membres de l’ONU se montrent une nouvelle fois incapables de s’entendre pour une intervention de plus grande envergure en Syrie, telle qu’une intervention militaire. Ce type d’intervention nécessiterait toutefois une modification des statuts de l’ONU. Les casques bleus, en effet, ont pour seule mission de maintenir la paix et le statue quo, leur légitimé tient justement à leur neutralité.

Ses assemblées ouvre une possibilité de négociation sur les sujets sensibles entre pays divergents. Ainsi, la Russie et la Chine se sont abstenus pour la résolution 1973 de l’ONU qui a permis l’intervention des caques bleus en Afghanistan et aidé le renversement de Kadhafi.

Dans la pratique, l’ONU n’a pas été à la hauteur de sa mission :

  • entre 1990 et 2003 : la guerre du Koweit entraîne un embargo en Irak ; le pro­gramme "pétrole contre nour­riture" permet au peuple irakien de béné­ficier de l’aide huma­ni­taire contre la vente de son pétrole à l’ONU ; ce pro­gramme entraîne la cor­ruption de per­son­nalité poli­tiques de nom­breux pays (y compris en France), de sociétés (Total, Renault…) et de membres de l’ONU (la femme de Bou­trous Ghali, le fils de Kofi Annan) [5]
  • entre 1991 et 1995 : fai­blesse de l’ONU face aux conflits qui se déroulent en ex-​​Yougoslavie ; en juillet 1995, les Serbes éliminent de 6000 à 8000 Bos­niaques dans la ville de Sre­brenica, alors que 400 Casques bleus se trou­vaient à proximité. On parle aujourd’hui de génocide… [6]
  • entre avril et sep­tembre 1994, l’ONU a laissé les Tutsis mas­sacrer 800 000 Hutus, axu­quels il faudra ajouter près de 200 000 vic­times en 1995  [7].
  • en 2010, un séisme entraîne la dis­pa­rition de 250.000 per­sonnes à Haïtia et jette 1,5 million de per­sonnes à la rue ; l’ONU peine à orga­niser les secours [8] ; les Etats et les ONG orga­ni­seront eux-​​même l’aide huma­ni­taire [9].
  • le faible impact des Confé­rences natio­nales sur le Climat, depuis la Confé­rence de Copen­hague en 2009 à celle de Rio+20 en 2012. Seul le Pro­tocole de Kyoto est un succès puisqu’elle entraîne une dimi­nution de 5 à 8%, d’ici 2012, des gaz à effets de serre par rapport à leur niveau en 1990 par les dif­fé­rents pays signa­taires (sauf la Chine et les Etats-​​Unis).

e veto par rapport à la Syrie montre l’incapacité de l’ONU a agir sur la scène internationale et le laisser-faire de la communauté internationale. Seule une intervention unilatérale des pays, comme ont déjà su le faire les Etats-Unis à propos de l’Irak ou de l’Afghanistan, pourrait permettre d’aider le peuple syrien. Certains craignent cependant un risque d’embrasement au Moyen Orient.

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Ce monde est à nous, changeons-​​le !


[1] Pour des avions, mis­siles, sys­tèmes de défense aérienne… Voir le Parisien : Syrie : pourquoi la Chine et la Russie bloquent l’ONU

[2] Voir le Courrier Inter­na­tional : Per­qui­sition ciblée chez les anti-​​​​Poutine

[3] Voir le Parisien : Syrie : pourquoi la Chine et la Russie bloquent l’ONU

[4] Le Vatican, par exemple, est reconnu comme Etat mais n’a jamais demandé son adhésion à l’ONU.

[5] Voir le Monde : "Pétrole contre nour­riture", un scandale mondial

[6] Pour plus d’informations, voir http://​www​.paix​balkans​.org/​g​e​n​o​c​i​d​e.htm

[7] Voir http://​www​.libe​ration​.fr/​e​v​e​n​e​ment/…

[8] Voir http://​www​.lemonde​.fr/​a​m​e​r​i​q​u​e​s/art…

[9] L’ONU a essayé de défendre son bilan. Voir http://​www​.rfi​.fr/​a​m​e​r​i​q​u​e​s​/​2011011




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