Anonymous appelle à manifester le 28 juillet 2012

mercredi 25 juillet 2012

Ano­nymous appelle à mani­fester dans toute l’Union euro­péenne le 28 juillet 2012 contre le projet Indect [1] qui vise à associer la recon­nais­sance faciale aux infor­ma­tions issues des télé­phones por­tables et des réseaux sociaux.

Selon le site officiel, Indect est un projet de recherche soumis par le ministère de l’intérieur polonais à la com­mu­nauté inter­na­tionale. Il s’agit d’un consortium de 17 par­te­naires euro­péens : 11 uni­ver­sités, 4 sociétés et 2 uti­li­sa­teurs finaux (la police irlan­daise et polonaise).

Ce projet, qui pré­sentait des risques pour les libertés indi­vi­duelles, avait déjà fait l’objet de ques­tions écrites au Par­lement européen les 11 mars 2010  [2]et le 26 août 2011 [3]. Dans sa réponse, la Com­mission répond :

Indect est un projet de recherche, pas un projet d’implémentation. Par consé­quent, les ques­tions liées à l’utilisation quo­ti­dienne des sys­tèmes Indect, y compris leurs fins pos­sibles, ne sont pas dans le cadre du cadre du projet. Il est de la res­pon­sa­bilité des auto­rités des États membres, lors du déploiement de ces nou­velles tech­no­logies, de se conformer avec les règles com­mu­nau­taires rela­tives à la pro­tection des données per­son­nelles.

 [4]

Autrement dit, l’UE finance le projet de recherche Indect mais renvoie la res­pon­sa­bilité de son uti­li­sation aux dif­fé­rents Etats. Malgré mes recherches, Projet 22 ne peut pas confirmer la date de 2014 avancée par dif­fé­rents médias…

Selon le site officiel d’Indect, des tests ont déjà été effectué dans des campus d’Université mais la société décline la volonté de vouloir effectuer des tests pour l’Euro 2012 ou les J.O.

Le risque soulevé par le mou­vement Ano­nymous est celui d’une société de sur­veillance géné­ra­lisée [5]. Offi­ciel­lement, cet outil per­met­trait à la police de retrouver faci­lement les cri­minels et les auteurs de troubles dans les mani­fes­ta­tions publiques (mani­fes­ta­tions, poli­tiques, hoo­ligans…). Dans l’éventualité où la crise de la dette se trans­forme en crise poli­tique, avec des mani­fes­ta­tions comme en Grèce et en Espagne, cet outil per­met­trait également d’identifier et de suivre ceux qui par­ti­cipent aux mou­ve­ments sociaux.

L’UE se doterait ainsi d’un outil com­pa­rable au réseau Echelon [6] pour sur­veiller les citoyens.


[1] Intel­ligent infor­mation system sup­porting obser­vation, sear­ching and detection for security of citizens in urban envi­ronment, ou Système d’information intel­ligent sou­tenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain.

[2] Voir http://​www​.europarl​.europa​.eu/​sides…

[3] Voir http://​www​.europarl​.europa​.eu/​sides…

[4] Réponse de Mme Reding au nom de la Com­mission, le 18 octobre 2011 : http://​www​.europarl​.europa​.eu/​sides…

[5] Big Brother wat­ching you, cf. Georges Orwell, 1984

[6] Le Réseau Echelon désigne le système mondial d’interception des com­mu­ni­ca­tions privées et publiques mis en place par les États-​​​​Unis, le Royaume-​​​​Uni, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-​​​​Zélande. Le Canada a reconnu son exis­tence en 1995 et l’Australie en 1999. Cf. le rapport IC 2000 (Inter­ception Capa­bi­lities 2000) publié pour le Par­lement européen par le Bureau d’Evaluation des Options Tech­niques et Scien­ti­fiques (STOA), et publié et traduit in Duncan Campbell, Sur­veillance élec­tro­nique pla­né­taire, Edi­tions Allia, Paris, 2005, p.17-24 spé­ci­fi­quement sur l’UKUSA (United Kingdom - United States Com­mu­ni­ca­tions Intel­li­gence Agreement).




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