Parapsychologie et Science

jeudi 2 octobre 2014
par  Jann
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Para­psy­cho­logie : n. f. Etude des phé­no­mènes para­normaux ayant une origine psy­chique, ou jugés comme tels. [Le Petit Larousse]

Para­normal : adj. et n.m. Se dit de cer­tains phé­no­mènes, d’existence établie ou non, dont le méca­nisme et les causes, inex­pli­quées dans l’état actuel de la connais­sance, seraient impu­tables à des forces de nature inconnue, d’origine notamment psy­chique (per­ception extra­sen­so­rielle, psy­cho­kinèse, etc). [Le Petit Larousse]

En introduction

Si on s’en tient à la stricte défi­nition du Petit Larousse, la science est un ensemble cohérent de connais­sances rela­tives à cer­taines caté­gories de faits, d’objets ou de phé­no­mènes obéissant à des lois et véri­fiées par les méthodes expé­ri­men­tales. Sous cet angle, il est très dif­ficile, voire incons­cient de faire rentrer la para­psy­cho­logie dans le domaine des sciences. Doit-​​elle en être exclue d’office ? Dans la mesure où des cher­cheurs – Yves Lignon, CNRS, Tou­louse, Ins­titut Méta­psy­chique Inter­na­tional, Paris, l’Ifres, Paris etc-​​ essayent d’appliquer des métho­do­logies, des pro­to­coles rigoureux (qui peuvent être sujets à contro­verse) à ce domaine par­ti­culier, la réponse est non.

Il faut insister sur le par­cours dif­ficile du cher­cheur – indé­pen­damment du regard de col­lègues scep­tiques, parfois plus de façade qu’autre chose-​​ car la para­psy­cho­logie carac­térise une région fron­tière aux contours mal définis, qui sépare les états psy­cho­lo­giques habi­tuels des états patho­lo­giques. Du fait de ses contours mal définies, elle peut être cri­tiquée comme une pseudo-​​science fourre-​​tout, dénoncée ainsi par ceux et celles qui se réclament, parfois à tort, de la zété­tique (l’art du doute), tout comme elle peut faire le bonheur de ceux et celles qui pré­fèrent mettre en avant leurs convic­tions au détriment des faits et qui en général n’ont pas la patience requise pour se pencher sérieu­sement sur ce domaine – la conviction inté­rieure, assi­mi­lable à une sorte de foi s’empresse trop souvent et trop vite de prendre des fais­ceaux appa­rents de preuves pour des preuves absolues [On peut voir ou entendre n’importe quoi si l’on s’attend à voir des fan­tômes, in ’Le manuel des chas­seurs de fan­tômes, Erick Fearson, Edi­tions JC Lattès, 2008]. Il est à noter d’ailleurs que cré­dules absolus et scep­tiques radicaux se ressemblent…comme des frères ennemis. A camper chacun sur leur position/​conviction qu’ils jugent comme la bonne et indé­pas­sable, leurs points de vue sont dif­fi­ci­lement per­ti­nents pour la per­sonne lambda qui n’a pas néces­sai­rement de pré­jugés par­ti­cu­liers sur le monde méta­psy­chique (terme qui a vieilli, au profit du mot para­normal) et qui se retrouve confrontée à l’irruption dans son quo­tidien de faits ’anormaux’, ’exceptionnels’.

Le domaine de la para­psy­cho­logie est en constante évolution, il y a des avancées, une masse de connais­sances accu­mulées au fil des décennies indis­cu­table (on peut d’ailleurs déplorer que le ’grand public’ n’en tienne pas tou­jours compte, pri­vi­lé­giant souvent le sen­sa­tionnel au sérieux). Il y a d’un côté les cher­cheurs et de l’autre côté les objets de recherches. Parfois le cher­cheur se définit lui-​​même comme l’objet de sa recherche. Il doit – exercice dif­ficile, périlleux de façon générale mais encore plus dans le cas présent-​​ faire fi de ses croyances spi­ri­tuelles, reli­gieuses, de ses opi­nions et essayer de s’en tenir aux faits. Quels peuvent être les faits : un objet qui se déplace, un bruit inex­pli­cable, la sen­sation d’être suivi (on est ici dans le res­senti), la vue d’une sil­houette ’imma­té­rielle’ ? Qui sont les témoins des faits ? Sont-​​ils seuls ? En groupe ? Quel est le contexte ? Etant donné que les phé­no­mènes observés peuvent être très divers, il semble en effet dif­ficile de les faire rentrer dans une échelle graduée, car quel critère choisir : la rareté ? L’objectivité ? Objec­tivité définie par quoi ? Le nombre de témoins ? La quantité de dégâts maté­riels subis ? Etc. Tout cela est très com­plexe, ces ques­tions sont inté­res­santes à creuser.

Définir une échelle d’intensité para­psy­cho­lo­gique, car c’est bien de cela qu’il s’agit, sem­blait important. Il n’y a pas à ce jour, à notre connais­sance, d’échelle per­mettant de mesurer à degrés divers un phé­nomène ’para­normal’. Ce qui est étonnant – à titre de com­pa­raison, un domaine aussi décrié, si ce n’est plus, comme l’ufologie, a sa propre échelle – ren­contre du 1er type/​rencontre du 2ième type/​rencontre du 3ième type. Une échelle de mesure d’un phé­nomène n’a pas pour but de convaincre les pro-​​ ou les anti-​​ de l’existence de ce phé­nomène. En effet, quelque soit le domaine étudié* on part du principe que le phé­nomène est bien présent – la dif­fi­culté ici est pré­ci­sément de savoir l’interpréter (hal­lu­ci­nation, phé­nomène objectif etc). Cette échelle, assez simple, à cinq degrés (mais au fil du temps il faut l’améliorer, natu­rel­lement, sachant qu’il est en effet très dif­ficile de faire rentrer des phé­no­mènes divers dans une échelle graduée, sur quels cri­tères peut-​​on se baser : la rareté ? Le nombre de témoins ? Les dégâts occa­sionnés ?) doit être consi­dérée pour sa valeur intrin­sèque : elle mesure, quan­tifie à plu­sieurs strates, elle doit per­mettre au cher­cheur, mais aussi à n’importe quelle per­sonne confrontée à des évène­ments inex­pli­cables de pouvoir se repérer. Elle peut être uti­lisée pour définir si un lieu est concerné par un phé­nomène de nature éven­tuel­lement para­normale. Enfin, elle doit par­ti­ciper à un enca­drement tou­jours plus rigoureux de l’ensemble des connais­sances d’un domaine, ici, la parapsychologie.

* Il faut continuer, et c’est ce que font de nom­breux cher­cheurs en francs-​​tireurs, d’intégrer la para­psy­cho­logie dans une pers­pective plus large, la relier aux autres sciences même si cette dis­ci­pline n’est pas encore entiè­rement reconnue comme une science. Il ne faut pas hésiter à la com­parer à d’autres domaines étudiés mais encore pleins de sur­prises et pointer du doigt les contra­dic­tions de ceux qui choi­sissent tou­jours le même cas pour conclure de façon générale ’que les fan­tômes n’existent pas’. Ima­ginez un peu un météo­ro­logue qui se ren­drait au Kansas pour étudier les tor­nades, au mois de décembre, et qui four­nirait un rapport triom­phant en disant : ’’les tor­nades n’existent pas, je n’en ai pas vue’’. Ses col­lègues le pren­draient pour un fou ou une per­sonne de mau­vaise foi– car il n’y a presque pas de tor­nades en hiver au Kansas. La question de la métho­do­logie se pose plus que jamais. Rajoutons que la tâche du cher­cheur en para­psy­cho­logie est encore plus ardue si on admet, comme l’écrivait Alexandre Dumas, que les fan­tômes ne se montrent qu’à ceux qui doivent les voir.

Voir l’Echelle métapsychique
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