La possession démoniaque

dimanche 10 octobre 2010
par  Neimad
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L’histoire est longue, je la résu­merai donc. Cer­tains détails, trop intimes, ont été passés en silence. Mais ce qui est dit n’en reste pas moins vrai dans son déroulement.

L’histoire en question se déroule dans la maison de cam­pagne des parents de C. Il a invité tous ses amis pour le premier de l’an. Il est le seul d’entre eux à faire des recherches ésoté­riques ; ses parents son chré­tiens ; il croit en une Force supé­rieure. L’un des invités dit savoir faire de la magie ; C. ne le croit pas. Il fait une séance très simple dans la forêt. Rien ne se passe mais rien n’était sensé se passer. Il s’agissait juste d’une séance de « purification ».

Le second soir, dans une pièce de la maison, C., le « mage » et un troi­sième individu refont cette séance. Mais C. s’écarte du cercle avant la fin. Il croit avoir vu une ombre bouger. Il se met alors à délirer. Cela dure toute la nuit. Il semble raconter une his­toire de science-​​fiction à la pre­mière personne.

Puis il s’endort et se réveille, normal. Il ne se sou­vient pas de ce qui s’est passé. On lui fait écouter l’enregistrement que l’un des indi­vidus a eu l’idée de faire. Tout le monde en rit, C. y compris.

Le soir arrivé, il se met à avoir un com­por­tement étrange, un peu violent, très excité. Il jette sa Bible à terre, ce que son meilleur ami sait qu’il n’aurait jamais fait. Un autre, qui n’avait pas par­ticipé à la séance du soir pré­cédent, la ramasse et pour s’amuser – il n’est pas croyant – com­mencer à lire une page au hasard. C. parle en même temps, à tout le monde et à per­sonne. Il veut montrer qu’il est capable de sou­lever la lourde table de bois si on l’aide. Per­sonne ne l’aide. En même temps qu’il parle, il fait le geste, soulève la table d’un angle (ce qui n’est spé­cia­lement dif­ficile) et fait de cette façon glisser la bougie qui était sur la table, bougie qui se ren­verse ainsi sur la Bible et le pull de celui qui lisait. Ce dernier s’arrête de lire et C. ne s’excuse pas. L’un des indi­vidus qui était à la « céré­monie » l’autre jour com­prend qu’il voulait empêcher qu’on lise la Bible.

Je passe de nom­breux moments de la soirée où les com­por­te­ments « bizarres » mais appa­remment signi­fiants se mul­ti­plient. A un moment, C. monte dans une chambre vide, il met la musique à fond, dit des mots qu’on ne com­prend pas, faits des gestes parfois, com­plè­tement cloîtré sur lui-​​même. Fina­lement, cer­tains se décident à « l’exorciser » en lui parlant d’abord, puis en récitant la Bible – alors qu’aucun n’est chrétien. Trois indi­vidus montent. Ils ne sont pas au même endroit de la pièce. A peine C. les repère-​​t-​​il qu’ils sentent tous le cœur se mettre à battre à toute vitesse. L’un d’eux est venu en avertir les deux autres qui étaient jus­tement en train de se l’apprendre mutuel­lement. Cette coïn­ci­dence, tota­lement syn­chro­nique, les a beaucoup surpris.

Après des heures où C. injurie, se moque, tente de cor­rompre, parle sans cesse afin de couper la concen­tration aux réci­tants, ceux-​​ci décident de faire une pose. L’un d’eux a « senti » que C. n’était plus « possédé » mais qu’il était redevenu lui-​​même, et que s’il continue à parler bizar­rement, c’était uni­quement par réflexe. Il trouve ensuite une idée efficace pour le faire défi­ni­ti­vement rede­venir lui-​​même : faire sembler d’appeler sa mère, car C. a des liens très forts avec celle-​​ci. Il dit donc qu’il l’a fait et que s’il veut les ras­surer, il faut qu’il la rap­pelle tout de suite. C. reprend le dessus de l’ « autre » qui parlait, il se lève ; il n’a plus qu’un fort mal de tête.

Plus tard dans la soirée, cer­tains des invités sortent dehors se pro­mener. C’est la pleine lune et la nuit est claire. En revenant d’une courte marche, l’un de ceux qui avait par­ticipé à l’ « expérience » entend un hur­lement venant de la maison, plus pré­ci­sément de la pièce où elle s’était pro­duite. Il pensa à un volet qui grince et n’y pensa plus. Les deux autres n’avaient rien entendu. Arrivé à la maison, deux des per­sonnes qui étaient restées à la maison, C. et son meilleur ami lui disent avoir entendu un cri venant de la dite-​​pièce. Les autres invités qui sont restés avec eux n’ont rien entendu. Coïn­ci­dence troublante.

Quelques week-​​end plus tard, les parents de C. reviennent à la maison de cam­pagne. Leur chat se pré­cipité sur le lit où C. avait fait son premier délire et où avait eu lieu la seconde « céré­monie ». Le chat s’est assis, les yeux dans le vide, et est resté ainsi tout le week-​​end.

Cet épisode a marqué tous ceux qui y ont par­ticipé. Ils se sont tous inté­ressés à la magie et l’un d’entre eux n’a pas arrêté de faire des cau­chemars pendant des semaines, au point de ne pas pouvoir dormir. C. qui n’a plus voulu faire de magie ; il a même fini par donner une expli­cation à ce qui s’était passé : il a fait une crise, le bouchon a pété ; les cœurs qui battent à la chamade sont une coïn­ci­dence. Sur les trois indi­vidus qui ont été le plus impliqué en plus de C., l’un d’entre eux a com­mencé à s’intéresser à la magie mais s’est vite arrêté ; un autre, scep­tique par excel­lence, s’est fait bénir par le « mage » une pierre afin de le pro­téger dans son sommeil (cela n’a été efficace que durant une semaine) ; le dernier a cru en l’existence de la magie et a cherché à com­prendre comment cela fonc­tionnait – sans oser pra­tiquer lui-​​même.

Plu­sieurs semaines après, C. sentait encore quelque chose en lui qui près à céder. Il était parfois par­couru des frissons incon­trô­lables. Avec le temps, cependant, il est parvenu à les contrôler. Il a aban­donné toutes ses recherches méta­phy­siques. Il mène aujourd’hui une vie normale. Aucun d’entre eux n’a osé se pro­noncer sur la question du « démon ». L’implication théo­lo­gique les gênait. Ils par­lèrent plutôt de « défaut mani­festé » (le mage), de « force négative », de « petit démon parmi d’autres », de « démon personnel »…

Psy­cho­lo­gi­quement parlant, et même en tenant compte de leur envi­ron­nement culturel, cela trouve une expli­cation logique. C. s’est libéré de la tension accu­mulée par des refou­le­ments diverses, peut-​​être celle due à ses rela­tions dif­fi­ciles avec son père. Le « mage » lui a en donné l’excuse. Il ne disait pas y croire, mais il s’intéresse quand même à l’ésotérisme et a de toute façon bien voulu faire l’expérience. Même remarque pour les autres par­ti­ci­pants. Rien, pourtant, n’était sensé se pro­duire. Pourquoi C. ? C. était attiré depuis long­temps par l’ésotérisme. Reste les coïn­ci­dences : le cœur, le cri, le chat. Etaient-​​ils dans un état qui les met­taient tous à l’affût des moindres coïn­ci­dences ? Sans doute, sinon comment devrions-​​nous expliquer ces phénomènes ?


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