Les joueurs de dés

dimanche 3 octobre 2010
par  Neimad
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Il s’agit de deux joueurs de dés, iden­tique en deux points. Le premier : ils jouent aux jeux de rôles. Le second : ils obtiennent le résultat qu’ils désirent avec les dés. Mais cela ne marche que s’ils le désirent vraiment. Si, dans le jeu, leur vie presque en dépend.

Les dés uti­lisés dans les jeux ne sont pas seulement des dés normaux de 1 à 6, à 6 faces donc. Il y en a par exemple à 10 faces. Avec deux dés, on peut faire un jet sur 100 : le premier dé indique les dizaines, l’autre les unités.

Le premier des deux, appelons-​​le D., jette deux dés normaux (à 6 faces). Il fait un double-​​6 à volonté. Plus encore quand la tension de l’aventure l’y incite, mais il peut faire ce résultat, ou l’inverser, 2 (double-​​1), quand on lui demande. Mais dans ce dernier cas, il lui arrive parfois de rater.

Le second joueur, E., fait encore mieux : il obtient tou­jours des résultats infé­rieurs à 10. A condition que ça en vaille peine, qu’il soit pris dans le feu de l’action. L’un des dés, choisi à l’avance, fait donc tou­jours 0 ou 1. Quand il fait 1, le second ne fait jamais plus de 0. E. s’est aperçu que c’était plus facile en lançant les dés l’un après l’autre, mais ce n’est pas une règle.

D. pense que les pro­ba­bi­lités n’expliquent rien ; E. pense qu’elles peuvent expliquer ses résultats. Une autre pos­si­bilité est qu’ils visent habi­lement de leur main, ou que ce soit leur incons­cient qui vise pour eux (même si l’inconscient a bon dos !). L’hypothèse des dés pipés est à exclure : il s’agit de dés prêtés, et ce ne sont jamais les mêmes.

Cela est-​​il lié à la « chance » de ces deux indi­vidus ? Il s’avéra que D. et E. ont un autre point commun : ils n’ont pas beaucoup de chance dans la vie, en par­ti­culier ils n’en ont pas eu beaucoup dans leur enfance. Le premier vivait avait un père alcoo­lique (passons sur des détails), le second, tout aussi pauvre que le premier, ne voyait plus sa mère et passa une partie de son enfance dans un lit d’hôpital avec des tuyaux dans le ventre (à cause de graves pro­blèmes intes­tinaux). Pourtant, l’un comme l’autre sont des gens fon­ciè­rement bons et généreux. D. est parfois nerveux, et E. est rarement content, mais ce n’est que du super­ficiel, de l’éphémère. Ils ont aussi beaucoup d’humour.

J’en ai appris un peu plus sur chacun d’eux. D. est très cultivé. Les pro­blèmes fami­liaux et la manque d’argent l’ont empêché de pour­suivre des études, mais il en avait tout à fait les capa­cités. Tout ce qu’il a appris, il le doit donc à lui-​​même. Il s’intéresse aussi à la méta­phy­sique. Il croit en Dieu. Il s’est déjà inté­ressé à la magie noire, au vaudou, mais il a arrêté, voyant que ça ne mar­chait pas. C’est un dra­gueur impé­nitent. Il a pourtant une petite amie. Il tra­vaille au noir, vit presque au jour le jour.

E. en croit pas en Dieu, mais croirait plutôt au Diable. Il aime faire des cau­chemars hor­ribles et adore les monstres. Il les col­lec­tionne d’ailleurs. Il aime les défis et les combats, pourtant il n’est pas du tout sportif. Il est juste grand et gros. Il n’a pas continué ses études, lui non plus. Aide de labo­ra­toire de for­mation, il a l’esprit vif, mais il écrit très mal. C’est un gros han­dicap et il est depuis long­temps sans travail. Il est céli­ba­taire depuis tou­jours et ne recherche per­sonne. Il est encore jeune. Pas vraiment de points communs, plutôt même en oppo­sition sur cer­tains points, parfois important sur des atti­tudes de vies. Mais glo­ba­lement, ils appar­tiennent à la même caté­gorie sociale : celle des plus modestes, pour ne pas dire « défavorisés ».

D. et E. mènent aujourd’hui une vie normale.

E. est encore un cas par­ti­culier sur un point. Il a déjà vécu une expé­rience « anormale ». Il était au super­marché avec son cousin, ils fai­saient des courses, quand, au moment de payer, il leur manque 5 cen­times. Ce n’est pas que ce fut gênant, mais ça sim­pli­fiait beaucoup les calculs – et le temps – s’ils pou­vaient sortir ces 5 cen­times. Ils enten­dirent un bruit de pièce qui tombe. Il y a avait une pièce de 5 cen­times devant eux. Comme si elle était tombé du plafond. Or, il n’y avait rien au plafond. On peut ima­giner qu’un individu ayant entendu « Il vous manque 5 cen­times » leur envoya 5 cen­times puis s’en alla. Il aurait pourtant été plus simple de la donner en mains propres. E. et son cousin, encore plus scep­tique que lui, uti­li­sèrent la pièce et s’amusèrent de cette anecdote sans y porter plus d’attention.


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