Les ufologues et les scientifiques

mercredi 28 septembre 2011
par  Scrutator
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Les ufo­logues ont tou­jours eu des atti­tudes très contra­dic­toires vis-​​à-​​vis des scien­ti­fiques et plus par­ti­cu­liè­rement des astro­nomes. Parfois ils les encensent quand ils croient trouver chez eux le moindre indice allant dans le sens de leurs croyances ; à d’autres moments ils les consi­dèrent comme des imbé­ciles qui n’ont rien compris à leur sujet d’étude (le ciel, au sens large) ou comme les valets d’une vaste conspi­ration visant à cacher au public l’existence d’êtres intel­li­gents venus d’ailleurs et qui pour­raient nous visiter ou dis­poser de bases sur notre Lune ou les pla­nètes proches.

Internet four­mille désormais de sites dont les auteurs pré­tendent fournir les preuves que la NASA cache sys­té­ma­ti­quement au public soit l’existence de struc­tures arti­fi­cielles sur divers corps célestes, soit celle d’engins extra­ter­restres se déplaçant dans notre système solaire. D’autres sites, vogant sur la même vague de conspi­ration scan­da­leuse, pré­tendent démontrer qu’aucun astro­naute terrien n’a jamais mis les pieds sur la Lune et que tout ce qui a été dit sur ces expé­di­tions relève de la mys­ti­fi­cation à grande échelle.

J’ai un jour demandé à un astronome quelle était, pour lui, la preuve la plus évidente du fait certain que les hommes avaient posé le pied sur la Lune. Il me répondit que c’était la remar­quable unicité scien­ti­fique formée par les infor­ma­tions col­lectées à la fois par les astro­nomes, les sondes et les astro­nautes qui se ren­dirent sur la Lune. Selon ce que cet astronome m’expliqua, s’il y avait eu fraude quelque part dans un de ces trois canaux d’information, il y aurait eu en consé­quence de telles contra­dic­tions scien­ti­fiques qu’elles auraient été très vite détectées par les spé­cia­listes et immé­dia­tement signalées par ceux-​​ci à l’ensemble du monde scien­ti­fique. Or, la cohé­rence des infor­ma­tions recueillies était totale.

Cette évidence amène à en consi­dérer une autre : pour qu’une conspi­ration à l’échelle mon­diale soit pos­sible en ce qui concerne une éven­tuelle vie extra­ter­restre, il fau­drait ima­giner que tous les scien­ti­fiques et tech­ni­ciens du monde qui s’occupent de près ou de loin de ces ques­tions aient été en quelque sorte "achetés" ou eux-​​mêmes autant "trompés" que les non spé­cia­listes. L’évidence indique qu’aucune orga­ni­sation ne serait capable d’acheter le silence de tous les tech­ni­ciens et scien­ti­fiques du monde dont le rôle est de s’occuper de ques­tions qui concernent direc­tement ou non l’atmosphère ter­restre, les corps célestes et l’espace inter­pla­né­taires ou inter­ga­lac­tique. Dès lors, il ne res­terait qu’une solution pour expliquer qu’aucun scien­ti­fique ou tech­nicien au monde n’a jamais constaté l’existence d’une conspi­ration mon­diale visant à cacher l’existence d’objets et d’êtres extra­ter­restres : c’est que tous les spé­cia­listes mon­diaux des sujets pouvant toucher celui-​​là de près ou de loin sont de par­faits imbé­ciles ou du moins qu’ils soient tota­lement incom­pé­tents dans leur métier. Clai­rement, c’est donc en quelque sorte ce que les ufo­logues nous demandent de croire quand ils dénoncent les conspi­ra­tions dont serait l’objet la question de la vie extra­ter­restre. On voit qu’il suffit d’un rai­son­nement simple, et non sim­pliste, pour se rendre compte très vite que les allé­ga­tions des ufo­logues ou de leurs sem­blables sont tota­lement insou­te­nables parce qu’elles impliquent des choses insou­te­nables autant qu’absurdes. Les ufo­logues qui ont pris conscience qu’il serait témé­raire de leur part de sou­tenir que les astro­nomes sont tous des men­teurs ou des incom­pé­tents pré­fèrent avancer d’autres théories. Selon les uns, ils n’oseraient pas s’intéresser aux ovnis de peur de ruiner leur car­rière compte tenu que ce sujet est "tabou" dans leur milieu pro­fes­sionnel. Selon les autres, ils n’ont jamais vu d’ovnis parce qu’en regardant dans leurs téles­copes ils ne peuvent tech­ni­quement pas en voir. Réflé­chissons un instant à ces propositions…

Il est dou­blement faux de dire que les astro­nomes n’osent pas s’intéresser aux ovnis par peur d’une sorte de qu’en dira-​​t-​​on. D’une part parce que cette peur n’existe tout sim­plement pas et d’autre part parce qu’ils s’y inté­ressent ! Ils s’y inté­ressent en effet FOR­CEMENT puisque c’est un sujet dont on parle et sur lequel ils butent pério­di­quement tant durant leurs études que tout au long de leur car­rière. Mais voilà : sitôt qu’ils exa­minent les faits rap­portés avec une attention et une com­pé­tence plus grandes que celles de l’homme de la rue, ils constatent qu’en lieu et place d’un authen­tique ovni il n’y a, à chaque fois, qu’un phé­nomène par­fai­tement expli­cable ou un objet connu qu’une obser­vation inadé­quate ou une enquête mal conduite par un amateur ont rendu mys­té­rieux. Chacun com­prendra qu’après avoir constaté la même chose dans un certain nombre de cas, les astro­nomes finisssent pas se dés­in­té­resser du sujet et balaient d’un revers de la main toute nou­velle obser­vation fan­tas­tique qui leur est ensuite pro­posée par un ufo­logue. Il ne serait donc pas faux de dire que l’intérêt des astro­nomes pour les ovnis s’émousse à mesure qu’ils pro­gressent dans leur car­rière. Mais cela, chacun l’aura désormais compris, n’a rien à voir avec une quel­conque peur. La vérité est que n’importe quel astronome rêverait de ren­contrer un jour les preuves d’une vie extra­ter­restres et, plus encore, des extra­ter­restres eux-​​mêmes. Quelle somme de données scien­ti­fiques nou­velles cela appor­terait ! Hélas, tra­vaillant dans un milieu où l’on serait immé­dia­tement informé d’une telle décou­verte, chaque astronome sait bien qu’aucun indice en ce sens n’a encore été mis à jour. Et ce ne sont pas les livres de Von Daniken ou de Michel Bougard qui pour­raient les convaincre du contraire car ceux-​​ci n’ont rien de scien­ti­fique mais tra­duisent plutôt la pro­fonde mécon­nais­sance de leurs auteurs dans diverses dis­ci­plines scien­ti­fiques ou historiques.

Est-​​il vrai, comme le disent cer­tains ufo­logues, qu’il est tech­ni­quement impos­sible à un astronome de voir un ovni quand il regarde dans son télescope ? Poser ainsi la question c’est fausser le pro­blème en sim­pli­fiant les données de manière outran­cière. Il faut en effet consi­dérer de quels téles­copes et de quels astro­nomes on parle. Selon la puis­sance des ins­tru­ments et donc géné­ra­lement en consé­quence la qua­li­fi­cation de leurs uti­li­sa­teurs, les condi­tions d’observation seront en effet bien dif­fé­rentes. Mais poser le pro­blème ainsi n’a guère de sens. En effet, ceux qui le posent de cette manière pensent ou veulent nous faire croire qu’un astronome ne vit pas autrement que l’oeil rivé à son télescope. La réalité est évidemment bien dif­fé­rente. Dans les obser­va­toires modernes, situés en des lieux pri­vi­légiés de notre globe, les téles­copes font une grande partie du travail auto­ma­ti­quement tandis que, pendant ce temps-​​là, les astro­nomes pro­fes­sionnels dis­cutent sur la ter­rasse en admirant une voûte céleste bien plus excep­tion­nelle que celle que la plupart des citadins ou même des gens isolés pourront jamais contempler. En dehors de leur travail dans les obser­va­toires, ces astro­nomes, par une sorte de défor­mation pro­fes­sion­nelle, regar­deront également bien plus souvent le ciel que n’importe qui d’autre. En plus de ces pro­fes­sionnels, des quan­tités d’astronomes ama­teurs, chaque nuit, de par le monde, observent le ciel, mais sans évidemment garder l’oeil rivé à l’oculaire de leur télescope. Tous ces gens sont donc dans des condi­tions bien meilleures que l’homme ordi­naire pour avoir la chance de voir un authen­tique ovni pour autant qu’il puisse en exister. Or ces gens ne voient pas d’ovnis ou ne voient, très rarement, que quelques rares phé­no­mènes qu’ils ne peuvent expliquer immé­dia­tement mais qui ne sont pas pour autant for­cément des engins venus d’un autre monde.

Et là inter­vient l’astuce ou la mau­vaise foi de cer­tains ufo­logues : dans l’immense masse des écrits laissés par des astro­nomes ama­teurs ou pro­fes­sionnels, il existe en effet quelques obser­va­tions de phé­no­mènes qui n’ont pas reçu une expli­cation cer­taine, faute, géné­ra­lement, de données suf­fi­santes. Eh bien c’est sur de telles obser­va­tions, inadé­quates et inex­ploi­tables d’un point de vue scien­ti­fique, que cer­tains ufo­logues s’appuient pour dire que même les astro­nomes voient des ovnis. Soit ces gens n’ont aucune notion de ce qu’est une obser­vation précise et utile d’un point de vue scien­ti­fique, soit ils trompent sciemment leurs lecteurs.

On le voit, les ufo­logues pensent ou affirment pas mal de choses fausses ou absurdes. Au mieux ils ne maî­trisent pas le sujet à propos duquel ils se pré­sentent comme des experts et, au pire, ils sont tout sim­plement mal­hon­nêtes d’un strict point de vue intel­lectuel. Telles sont les conclu­sions aux­quelles n’importe qui aboutira en se donnant la peine de fré­quenter un tant soit peu le milieu des astro­nomes pro­fes­sionnels et ama­teurs. Les ufo­logues qui n’ont guère de contacts féconds avec des scien­ti­fiques tra­vaillant dans des ins­ti­tu­tions reconnues ne peuvent se rendre vraiment compte du travail de ceux-​​ci. Ils sont comme des aveugles qui vou­draient émettre des appré­cia­tions sur des toiles de maîtres…

Marc HALLET

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Le monde est étrange, vous ne trouvez pas ?


8 votes

Commentaires

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lundi 10 octobre 2011 à 00h29 - par  syagrius

Bonsoir,

Pouvez vous nous en dire plus, le lieu, l’heure et la date ?

Comment l’avez vous vu exac­tement ? il était deja à terre, en vol ? que s’est t’il passé ensuite ?

Il est parti, vous avez fui ?

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dimanche 9 octobre 2011 à 23h16 - par  Toju

il y a 32 ans, j’ai vu un ovni a trois mètres devant moi. Il était d’une taille d’un peu moins d’un mètre. C’était quatre boules reliées entre elles par des tubes, formant ainsi un tétraèdre. Les boules et les tubes étaient d’une couleur alu­minium mat. Devant les réac­tions, je me suis tu pendant plus de trente ans, et je continue a me taire.

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jeudi 29 septembre 2011 à 01h06 - par  Neimad

Que les ufo­logues se trompent dans leur inter­pré­tation des phé­no­mènes météo­ro­lo­giques est une chose, que les OVNI n’existent pas en est une autre.

Que penser, par exemple, de la vague d’OVNI belges des années 90, de de l’OVNI de Montréal en 1990, observés par plu­sieurs per­sonnes, et du témoi­gnages d’anciens pilotes d’avion ?

Les astro­nomes observent les étoiles, mais s’il s’agit d’avions furtifs, ils volent trop bas pour être vus au télé­scope ou détectés par les radars…

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