Des poubelles dans nos assiettes

vendredi 29 octobre 2010
par  Neimad
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Scandale de la vache volle, tremblante du mouton, OGM, colorants, traçabilité, cancer, brebis clonées, farine animale, poissons carrés, vaches à médicaments, grippe aviaire, produits bio, maïs transgénique, label rouge, contrôles sanitaires…


Depuis quelques temps déjà, nos cuisines ne sont plus les mêmes. Il y rôde comme un soupçon de malversation. Les informations que vous trouverez ici risquent de vous donner la nausée. Ames sensibles, veuillez cliquez ici. Pour les autres, je vous souhaite bon appétit !

Cet article est basé sur le livre de Fabien PERUCCA et Gérard POURADIER, Des poubelles dans nos assiettes (Michel Lafon, 1997, Livre de Poche) où l’on trouve autant d’humour - noir - que d’informations vérifiées (Ministères de la Santé, de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce, Commission nationale de l’hygiène alimentaire, Commission européenne…).


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Ce site doit servir de manifeste culinaire et gustatif. Il s’adresse à tous ceux qui ont déjà goûté un vrai jus d’orange et qui ne l’ont pas reconnu. Si ce n’était pas de l’orange, c’était quoi ce goût ? C’était quoi ? On n’a pas besoin de "Matrix" quand on a la réalité…



 La DJA


La DJA sert à mesurer la dose maximale de toxicité autorisée dans vos assiettes. La limite de la DJA, c’est la DL, soit la Dose Léthale. Il s’agit du pourcentage d’animaux cobayes morts à court terme après avoir absorbé le produit. On estime qu’une DL50 est une dose suffisante, ce qui signifie que les laboratoires donnent la permission aux entreprises agro-alimentaires d’ajouter dans la matière consommable un produit qui tue un pourcentage inférieur ou égale à 50% des animaux cobayes.

La DL50 est de moins de 5 milligrammes pour des substances extrêment toxiques, de 5 à 30 milligrammes pour les substances très toxiques, de 50 à 500 milligrammes pour les substances modérément toxiques, de 500 milligrammes à 5 grammes pour les substances légèrement toxiques. Le tout pour un kilo de viande de rat.

Cependant, la dose utilisée est divisée par cent avant de l’inclure dans l’alimentation humaine. On pense que ce diviseur est une sécurité suffisante, suite à des études faites sur un homme moyen de soixante-dix kilos. Ces études ne tiennent pas compte des enfants, des vieillards et des femmes enceintes.

On ajoutera que la DJA ou Dose Journalière Admissible ne tient pas compte des abus de nourriture chez les gens obèses et des effets à long termes chez les gens normaux.

Notons pour information que 400 français meurent quotidiennement du cancer, et le taux de français atteint de naissent de croître : un sur quatre, puis un sur trois en 2010.

La DJA n’est pas une norme inébranlable. Elle évolue comme les cours de la bourse. Elle évolue selon les avis de pollutions, les catastrophes nucléaires, les marées noires et les scandales bovins ou porcins. Elle évolue surtout à la suite des conflits qui opposent les associations de consommateurs aux grands groupes alimentaires comme Monsento.

La DJA est un concept central. Il n’y a pas un jour qui passe sans qu’il soit question de la DJA dans les milieux autorisés. C’est la fièvre de l’or vert, celui qui rapport des milliards de francs et qui fait la joie du ministère des Finances.

Ce n’est certainement pas un hasard si nos scientifiques ne signent aucune étude ou presque concernant la relation entre santé et alimentation. Ces études interviendraient-elles en faveur de la DJA, on s’interrogera sur le financement de ces études. Celles-ci seraient-elles encore indépendantes qu’on rappellera qu’il n’existe pas de contrôles sérieux de la DJA, qu’il n’existe pas non plus d’étiquette indiquant la Dose exacte de DJA. Les industriels frôdent et doivent continuer de frôder. Arrêter de frôder serait suspect, les médias risqueraient de s’inquiéter. Les industriels sont comme des cyclistes qui prennent de l’EPO pour rester sur le circuit. Si la DJA n’existait pas, l’humanité serait morte de faim depuis longtemps.



 Derrière les étiquettes


A défaut de la DJA, nous vous présenterons donc les autres produits qui sont obligatoirement inscrits sur les étiquettes [Les industriels doivent indiquer les "traces de fruits à coque" et autres produits au cas où des personnes y seraient allergiques mais ils n’ont pas obligation de mentionner la présence d’OGM en-dessous de 1%]. Ces produits sont inscrits par ordre décroissant, même s’il n’existe pas de pourcentage exacte. Ils peuvent être codés ou écrits en toutes lettres : par exemple le "glutamate monosodique" (GMS) et ses dérivés correspondent aux codes E620 à E625.

Certains produits sont naturels, d’autres sont des produits chimiques. Parmi les produits naturels, certains sont innofensifs, comme le gluten (quoiqu’il existe une allergie au gluten), d’autres moins. L’acide glutamique ou glutamate, pour reprendre notre exemple, est un acide aminé et un arôme naturel… dont notre corps n’a pas besoin, puisqu’il peut le fabriquer lui-même. A fortes doses, c’est un neurotoxique, capables de provoquer des épilepsies et soupçonné de divers symptômes allergiques.

On trouve du glutamate dans les aliments suivants [Source : http://www.ladietetiquedutao.com/gl…] :

  • Les chips,
  • les apéritifs au goût "bacon" ou "fromage"
  • les soupes en sachets,
  • les bâtonnets de crabes (surimi),
  • certaines charcuteries,
  • presque tous les bouillons en cubes (même "BIO" !!),
  • dans certaines épices,
  • dans de très nombreux plats préparés,
  • des risottos tous prêts,
  • des centaines de desserts, de bonbons,
  • de produits dits de "régime" (où l’on trouve parfois le GMS et l’Aspartame dans le même produit !!),
  • de nombreux produits au soja
  • des pillules de vitamine
  • des capsules de médicament

Chaque année en Europe, nous consommons 95 000 tonnes de glutamate.

Avant de lire l’étiquette d’un produit, rappelons-nous que nos sens peuvent nous tromper :

  • Ce n’est pas parce qu’un produit est beau qu’il est bon au goût (les pommes sont belles parce qu’on les asperge d’insecticides pour les protéger).
  • Ce n’est pas parce qu’un produit est bon au goût qu’il est bon pour la santé (les yahourts sont aromatisés avec des produits chimiques).
  • Ce n’est pas parce qu’un produit vaut moins cher qu’un autre que le fabriquant a baissé sa marge (le steack à 15% de matières grasses est moins cher qu’un steack à 5% de matières grasses).

Les expressions peuvent aussi êtres trompeuses. "Arôme naturel de fraise" ne signifie pas "réalisé à partir de fraises", mais "réalisés à partir d’éléments naturels qui imitent le goût de la fraise". Ainsi, l’ "arôme naturel de fraise" s’obtient à partir de copeaux de bois australien, d’eau, d’alcool et autres produits. En réalité, la production mondiale de fraise en répondrait pas à la demande, elle ne comblerait que 5% des besoins des Etats-Unis. D’autres arômes, comme le cacao, la vanille ou la pêche utilisent d’autres ingrédients (huile de ricin, champignons…). Les chimistes des industries alimentaires sont particulièrement ingénieux et productifs, puisque les Européens consomment chaque année 170 000 tonnes d’arômes reconstitués.



 Les colorants


Si des colorants d’origine naturelle sont innofensifs, la plupart des E quelque chose (E100 à E180) devraient être évités : ils camouflent le véritable produit. Ils permettent aux industriels de donner de la couleur à ce qui n’en a pas.

Il faut bien comprendre qu’un colorant n’est pas une "couleur" mais un produit chimique. C’est une couleur artificielle, c’est une teinte inventée, irréelle, plus réelle que la réalité, hyperréelle, une couleur virtuelle, prothésique, à côté de réelle les véritables pommes, cabossées et trouées par les vers, ressembles à des rejetons fébriles de la véritable Pomme, l’idée de Pomme tels que les médias la diffusent, telle qu’on peut la lire dans les dicitionnaires, telle qu’on peut la voir en photo dans les encyclopédies. Le dessin d’une pomme devrait toujours dessiner une pomme imparfaite : car il n’existe pas de pomme parfaite.

La plupart des colorants sont nuisibles pour la santé et ils sont rarement seuls.

L’AGENCE DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE britannique (FSA) a demandé vendredi le rappel de 359 produits alimentaires contenant un colorant, le Sudan 1, potentiellement cancérigène. Ces produits, portant notamment les marques de chaînes de supermarchés comme Asda, Waitrose, Tesco, Marks & Spencer ou encore Sainbury’s, contiennent tous une sauce produite par la société Premier Foods, la Cross and Blackwell Worcester Sauce. Or un lot de piment en poudre coloré avec le Sudan 1, un produit normalement utilisé pour colorer en rouge des produits solvants, des cires ou des cirages de chaussure et interdit en Grande-Bretagne et dans toute l’Union européenne, a été utilisé pour la fabrication de cette sauce. Les 359 produits sont notamment des tourtes, des pizzas, des cuisses de poulet, des saucisses ou des chili con carne.

Source : la Libre Belgique, 2005.

Pourtant, ce ne sont ni les industriels, ni les médias qu’il faut accuser si le consommateur préfère acheter la pomme ronde et colorée plutôt qu’une pomme abîmée, peut-être tombée de l’arbre avant d’avoir été cueillie. Le consommateur serait-il le fautif ? Chechons la cause de son choix. Il est instinctif : on préfrère la beauté à la laideur. Mais il y a aussi une question de mode : que le produit soit propre, brillant, fin, élégant, mignon (c’est-à-dire petit), qu’il soit à 0% de matières grasses, bourré de sels minéraux et qu’il soit du meilleur rapport qualité/prix, qu’il contienne également des médicaments, qu’il soit bon pour la santé, pour le teint ou pour la sexualité, qu’il soit cool, amusant ou excitant, de marque, emballé dans un sachet résistant mais facile à déchirer, qu’il se conserve longtemps mais que l’ouverture soit un jeu d’enfant, qu’il y ait un cadeau surprise ou un bon de réduction, qu’il puisse être mangé pour le plaisir, à n’importe quelle heure, enfin qu’il me serve à tout sauf à me nourrir. La nourriture est devenu un objet de consommation comme un autre. On devrait pouvoir exposer ce qu’on mange dans une vitrine, voilà le principe. Les publicistes le savent mieux que quiconque.

  • E100 : Curcumine (colorant jaune).
  • E101 : Lactoflavine ou riboflavine (colorant jaune)
  • E102 : Tartrazine (DJA de 7,5 milligrammes par kilo, soit une substance classée comme "très toxique"). Sert à colorer les croûtes de fromage, les enveloppes de charcuterie, les crèmes glacées, les confiseries, les pâtisseries, etc.
  • E104 : Colorant jaune de quinoléine.
  • E110 : Colorant jaune orangé.
  • E120 : Acide carminique ou rouge de cochenille. Fabriqué à partir d’insectes sud-américains, en charcuterie-salaisonnerie il est souvent utilisé sous forme de laque.
  • E122 : Azorubine (colorant rouge).
  • E123 : Colorant amarante rouge. Réservé en France aux oeufs de poisson (caviar) et succédanés de poisson.
  • E124 : Rouge cochenille A.
  • E127 : Erythrozine. Colorant pour les saucisses rouges, boissons sans alcool, glaces et sorbets, pâtisseries, chewing-gum, bobons, etc.
  • E131 : Bleu parenté V.
  • E132 : Indigotine ou carmin d’indigo.
  • E140 : Vert chlorophylle.
  • E141 : Complexes cuivriques des chrolophylles et chrolophyllines (colorants verts).
  • E142 : Vert acide brillant BS.
  • E150 : Caramel (colorant brun).
  • E151 : Colorant noir brillant.
  • E153 : Carbomedicinalis vegetalis ou charbon végétal médicinal (colorant brunt).
  • E160 : Cartoénoïdes, bixine ou carotène (souvent employé comme colorant des pâtes alimentaires, etc.).
  • E161 : Xantophylles. Cette classe de colorants jaunes, par exemple obtenus grâce à la coagulation thermique de certaines protéines contenues dans le jus de pressage de la luzerne, permettent la coloration des oeufs, de la chair de poulet, des biscuits, des entremets et pâtisseries, etc.
  • E162 : Rouge de betterave ou bétanine.
  • E163 : Anthocyanes.
  • E170 : Carbonates de calcium.
  • E171 : Bioxyde de titane.
  • E172 : Oxydes et hydroxydes de fer.
  • E173 : Aluminium.
  • E174 : Argent.
  • E175 : Or.
  • E180 : Pigment rubis (exclusivement réservé à certaines croûtes de fromage).



 Les conservateurs


Les conservateurs sont utiles. Mais ils déforment le goût. Ils déforment également le produit, en altérant sa composition chimique (c’est même pour cela que le produit se conserve). Ils déforment enfin l’organisme qui les ingèrent, car l’organisme n’est pas sensé digérer des conservateurs. Les conservateurs conservent, ils ne sont pas sensés être digestes. Certains conservateurs d’origine naturelle n’ont pas d’effet notable sur la santé, il est bon de le noter. Mais l’industrie agro-alimentaire est "perfide", elle mêle des produits innofensifs à des produits toxiques. Il serait bien naïf de croire que la toxicité disparaît dans la masse du produit.

La plupart des produits chimiques ne sont pas assimilés mais restent dans l’organisme, dans notre sang, dans notre chair, jusqu’au plus profond de nos cellules. Ils transforment le milieu interne de l’organisme, le rendent toxique pour l’organisme. Comment s’étonner, après, de la recrudescence des cancers et des allergies. L’organisme n’arrive plus à reconnaître le milieu sanguin et lympathique dans lequel il évolue. Il le considère comme un étranger, il se sent agressé et il l’agresse à son tour : il tente de se défendre de ces toxines comme il tenterait de se défendre d’une greffe. Certains parmi vous ont peut-être de l’asthme, d’autres ont peut-être vu des allergies apparaître chez eux sans aucune raison particulière. Leur cause n’est peut-être ni psychologique ni sociologique : elle est peut-être tout simplement nutritionnelle. On remarquera d’ailleurs le nombre des allergies concernant les aliments en pleine augmentation, en particulier chez les enfants. Je ne préfère pas donner des exemples dans l’actualité, de peur d’être très vite dépassé - mais il suffit de lire et d’écouter.

Ces produiits chimiques auraient donc de réelles conséquences à court terme. Mais ce sont les conséquences à long terme qui sont le plus à craindre. En effet, ces produits fonctionnent souvent comme l’intoxication à la dioxine qui la propriété de s’accumuler dans l’organisme. Le principe de la pollution à la ioxine est le suivant : le sol est aspergé de produits divers, l’herbe qui y pousse l’est à son tour, l’eau qui sert à l’arroser n’est pas pure non plus, la vache qui mange l’herbe mange en même temps tous ces produits qui se sont accumulés, la vache meurt et sa carcasse sert à nourrir une autre vache, qui héritera de tous ces bons produits, enfin la femme mangera de la vache et partagera avec son nourrisson… Mieux vaut que je ne vous parle pas du lait et de ses conservateurs…

  • E200 : Acide sorbique. Un dérivé des sucres souvent employé, par exemple, dans certaines sauces condimentaires.
  • E201 à 203 : Sorbates de sodium, de potassium et de calcium. Ils sont utilisés pour obtenir un effet de solubilité permanente. Le E202, acidifié à l’acide citrique, lactique, tartrique ou acétique, est également employé, par exemple, comme antifongique de la peau de chorizo.
  • E210 : Acide benzoïque. Un dérivé de pétrole entrant dans la composition de certaines boissons gazeuses au goût fruité.
  • E211 : Benzoates de sodium. Associé au E202, il peut être employé dans les salades réfrigérées à la base de viande ou de poisson, de légumes et de sauces émusionnées.
  • E212 et 213 : Benzoates de potassium et de calcium.
  • E220 : Andhydride sulfureux.
  • E221 : Sulfite de calcium.
  • E222 : Sulfite acide de sodium.
  • E223 et 224 : Disulfites de sodium et de potassium.
  • E226 : Sulfite de calcium.
  • E227 : Sulfite acide de calcium. Agent conservateur très répandu dans les vins, cidres, confitures, jus de fruits concentrés, poissons séchés, etc.
  • E249 et 250 : Nitrites de potassium et de sodium (quantité maxium admissible : 0,2%).
  • E251 et 252 : Nitrates de sodium et de potassium. Leur dose maximum légale est de 3,65 milligrammes par kilo, mais un tribunal a admis une concentration de 50 milligrammes par litre d’eau potable. Le nitrate de potassium, autrefois appelé salpêtre, est très utilisé en charcuterie-salaisonnerie.
  • E260 : Acide acétique (dérivé de l’alcool éthylique).
  • E261 : Acétate de potassium.
  • E262 : Diacétate de sodium.
  • E263 : Acétate de calcium.
  • E270 : Acide lactique (dérivé du lactose).
  • E280 : Acide propionique. Une forme supérieure de l’acide acétique, qui a la propriété d’être missible.
  • E281 à 283 : Proppionates de sodium, calcium et potassium.
  • E296 : Acide malique (aromatisant extrait des fruits).



 Les antioxydants et les substances positives


Les antioxydants ralentissent le vieillissement du produit (fruit ou autre). Ils doivent rangés dans la même catégorie qu’une autre série de substances dont le but est d’améliorer l’état originel du produit : ajout de vitamine C, de calcium, de sels minéraux, de protéines et de bifidus actif. Beaucoup d’aliments carnés conservent d’ailleurs des traces d’antibiotiques. Ceux-ci sont donnés ou animaux malades mais aussi de manière préventive à tous les animaux de l’élevage (poulets, porcs…).

Le E306 est un particulièrement dangeureux puisqu’il modifie la sécrétion des hormones mâles ou femelles. Ce type de produit ne serait-il pas responsable de la diminution du nombre moyen de spermatozoïdes dans les pays industrialisés et de l’augmentation de la stérilté masculine ? Pour information, on trouve le E306 dans les cornflakes et les shampoings…

  • E300 : Acide ascorbique ou vitamine C (prévient le brunissement des fruits coupés).
  • E301 et 302 : Ascorbates de sodium ou de calcium.
  • E304 : Palmitate d’ascorbyle.
  • E306 : Extraits riches en tocophérols. Isolés du germe de blé, les tocophérols sont des bases médicinales instables utilisées pour combattre les effets de la ménopause et la stérilité (très présents dans les corneflakes, on en trouve également dans les shampoings).
  • E307 à 309 : Alphatocéphérol, gammatocophérol et détatocophérol de synthèse.
  • E310 à 312 : Gallates de propyle, octyle et dodécyle.
  • E320 et 321 : Butylhydroxianisol et butylhydroxytoluène. Ces antioxydants chimiqes dérivés du pétrole sont également utilisés comme agents conservateurs (chewing-gum, purée de flocons). Toxiques, depuis peu ils sont également reconnus comme cancérigènes.
  • E322 : Lécithines (également employées comme émulsifiants, stabilisants, épaisissants et gélifiants). Extraites de la graine de soja, ce sont des concentrés naturels de gras (contenant au moins 56% de phospholipides). La lécithine est l’unique émulsifiant autorisé dans la composition de la baguette de pain. Le soja fait une entrée en force dans l’alimentation humaine depuis que la production de soja a dépassé la demande des éleveurs et est devenue une surproduction. Les industriels ne désirant pas perdre cette denrée ont décidé de la recycler dans l’alimentation humaine : steacks au soja, yahourts au soja, médicaments au soja, etc. Les vertus découvertes au soja sont des inventions des industriels de l’agro-alimentaire.
  • E325 à 327 : Lactates de sodium, potassium et calcium.
  • E330 : Acide citrique. Isolé de l’oeuf à l’origine, cet acide se trouve également contenu dans les argumes et le soja. Il est souvent employé pour préserver la couleur blanche des apserges, salsifis et coeurs de palmier, ou comme émulsifiant (corps gras qui donne du volume).
  • E331 à 333 : Citrates de sodium, potassium et calcium.
  • E334 : Acide tartrique. Utilisé comme correcteur d’acidité, c’est également un laxatif et un stabilisateur de farines (voire de pellicules photographiques).
  • E335 et 336 : Tartrates de sodium et de potassium.
  • E337 : Tartrate double de sodium et de potassium.
  • E338 : Acide orthophosphorique. Cette formule chimique de synthèse est obtenue par la décomposition de certains fruits, comme engrais et comme conservateur dans la plus célèbre boisson gazeuse du monde (corrosif à haute dose).
  • E339 à 341 : Orthophosphates de sodium, potassium et calcium (antioxydants, mais aussi émulsifiants, stabilisants, épaississantse et gélifiants).



 Les agents de texture


Les agents de texture changent l’aspect du produit (sa texture) et augmentent son volume. Ils sont classés en quatre classes : émulsifiants, stabilisants, épaissisants et gélifiants. Les spécialistes de l’agro-alimentaires ne sont pas des cuisiniers mais des chimistes. Ils viennent d’ailleurs donner des cours aux apprentis cuisiniers dans leurs écoles pour leur apprendre à se servir des sauces liophilisées (sauces sucrées et salées) qu’on servira ensuite dans les grands restaurants.

Quelques exemples : la gomme xantane (sorte de plastique qui fait le moelleux de nos yahourts, de nos gâteaux et de notre moutarde par exemple), la lécithine de soja (de la graisse pour faire gonfler les pâtes à pain), la farine de graines de caroube (pour nos brioches au petit-déjeuner).

Quasiment aucun de ces produits n’est assimilable. On les mange, on ne les digère pas et ils sont évacués aux toilettes. On croit manger plus alors que l’on mange moins bien. On mange plus pour compenser le peu de brioche que l’on digère, et de ce fait on avale plus de gomme encore. Ces produits peuvent satisfaire l’appétit mais pas l’organisme. Celui-ci digèrera proportionnellement plus de sucres que de brioche par exemple. L’utilisation des gommes entraîne souvent un déséquilibre nutritionnel : les aliments ne sont plus confectionnés pour être mangés mais pour être consommés. Si le goût pouvait hier être le signe d’un produit sain, aujourd’hui il n’est plus possible de se confier à son palais.

  • E400 : Acide alginique. Extrait d’algues, cet émulsfiant est très utilisé dans certaines bières (la dose autorisée est de 1,5%). Les algues ne se digèrent pas mais permettent de faire éponge dans l’estomac et de faire gonfler le volume.
  • E401 à 405 : Alginates de sodium, potassium, ammonium, calcium et propélyne-glycol.
  • E406 : Agar-agar ou gélatine artificelle. Extraite des algues et utilisée en charcuterie, photographie et cosmétique.
  • E407 : Carraghénanes. Extraits d’algues "autorisés sans conditions particulières si ce n’est la limite de leur dosage au quantum santis, quantité suffisante pour obtenir l’effet technologique souhaité". Rétenteurs d’eau à effet de gélatine (mais les carraghénanes concentrent également les métaux lourds), ces additifs sont par exemple injectés dans les jambons de catégorie non supérieure à une dose maximum de 0,5%, les sauces cuisinées, les crèmes glacées, flans au lait…
  • E410 : Farine de graines de caroube. Très employée en tant que gélifiant ou structurant, elle entre par exemple dans la composition des farines de la gamme des brioches. Sa dose maximum admise est de 5 grammes par kilo (elle a été récemment révisée à la baisse).
  • E412 : Farine ou gomme de guar utilisée comme épaississant, par exemple dans les conserves de marrons.
  • E413 : Gomme adragante.
  • E414 : Gomme arabique.
  • E415 : Gomme xantane. Une gomme microbienne employée, selon les cas, comme gélifiant ou stabilisant, par exemple dans la moutarde (hors celle de Dijon). Sa dose maximum autorisée est de 1 gramme par kilo de produit.
  • E420 à 421 : Sorbitol et mannitol. Edulcorants "massiques" entrant par exemple dans la composition de certains chewing-gum "light".
  • E422 : Glycérol (partie acide des corps gras). Très répandu dans le savons, solvants, agents mouillants, antigels et liqueurs, il constitue également l’une des bases de la nitroglycérine et "stabilise" les vins.
  • E432 et 436 : Mono et tristéarate, laurate, oléate et palmitate de polyoxyéthylène sorbitane (émulsifiants).
  • E440 : Pectines. Extraites de la peau des fruits, elles sont généralement employées en tant que gélifiants.
  • E450 : Polyphosphates de sodium et de potassium.
  • E460 : Cellulose microcristalline.
  • E461 : Méthylycellulose.
  • E463 : Hydroxypropylcellulose.
  • E464 : Hydroxypropylméthylcellulose (gélifiant particulièrement utilisé dans les aliments frits).
  • E466 : Carboxyméthylcellulose.
  • E470 : Sels d’acides gras. Emulsifiants et stabilisateurs, par exemple des purées en sachet.
  • E471 : Mono et diglycérides d’acides gras issus de la transestérification d’un triglycéride par le glycérol (très répandus, par xemple dans les pétales reconstitués à base de pommes de terre déshydratées).
  • E472 : Esters des mono et diglycérides d’acides gras (a-acétiques, b-lactique, c-citrique, d-tartrique, etc.).
  • E473 : Sucroesters d’acides gras, ou esters de saccharose.
  • E474 : Sucroglycérides.
  • E475 : Esters polyglycériques d’acides gras non polymérisés (autorisés à certaines doses - par exemple - dans les produits dits de boulangerie fine).
  • E476 : Polyricinoléate de polyglycérol.
  • E477 : Esters de propanédiol d’acides gras (ou de propylène glycol).
  • E479 b : Huile de soja oxydée et réagie avec des glycérides d’acides gras.
  • E481 : Stéaril-2 lactacylate de sodium, ou acide stéarique estérifié par l’acide lactique (émulsifiant).
  • E482 : Stéaril-2 lactacylate de calcium (émulsifiant).
  • E483 : Tartrate de stéaryle, ou acide de stéarique estérifié par l’acide tartrique.
  • E491 à 495 : Mono et tristéarate, laurate, oléate et palmitate de sorbitane.



 Les édulcorants


Les édulcorants sont des corps, habituellement utilisés dans les médicaments, capables d’adoucir le produit par une addition de sucre ou de sirop de sucre. Les édulcorants sont dits "intenses" quand ils sont très sucrés. Ils adoucissent le produit de base, autrement dit qu’ils en travestissent le goût, sans doute amère à la base - pour ne pas dire immangeable.

  • E516 : Sulfate de calcium.
  • E574 : Acide gluconique. Ralentisseur de prise souvent employé dans les sauces industrielles.
  • E630 : Acide isonique. Utilisé comme "brillant" sur les pâtisseries et charcuteries, mais aussi dans les boissons gazeuses, etc.
  • E950 : Acésulfame de potassium (édulcorant intense).
  • E951 : Aspartam (édulcorant intense).
  • E954 : Saccharine (édulcorant intense).



 CONCLUSION


Avec tant de mauvaises nouvelles, vous pourriez vous demander pourquoi nous ne sommes pas tous déjà atteint d’un cancer… et remettre la gravité de la situation en doute. Seulement, considérez le cas de l’amiante. Les conséquences de ce produit s’étalent sur des dizaines d’années ; il est parfois d’établir une relation de cause à effet. Considérez maintenant la multiplication des épidémies et interrogez-vous.

Des spéculations peut-être, mais ce n’est qu’en avançant des hypothèses que la science avance. Cet article ne sera peut-être pas tenu comme une étude scientifique, mais il n’est pas interdit que celui-ci donne à penser. En attendant une étude sérieuse sur la toxicité ou la non-toxicité de ces produits, j’invoque le principe de précaution et je montre du doigt cette liste de produits : pourquoi cette liste n’est-elle pas diffusée ? pourquoi les médias ne s’en emparent-ils pas ?

Si vous pensez que l’Etat n’aurait pas pu permettre - sciemment - la commercialisation de produits dangereux pour l’homme, c’est que vous ignorez trosi facteurs : l’influence des lobbies agroalimentaires, la peur de de la panique générale et la capacité limitée des puissants de se remettre en cause. Ainsi pour le sang contaminé ou le nuage de Tchernobyl…

En conclusion, la nourriture industrielle est tellement travestie, tellement surajoutée de matières diverses qu’on en oublierait presque cette évidence : je me nourris pour survivre. Se nourrir est une nécessité de la vie. Les pays pauvres en ont une conscience aiguë. Manger n’est pas un droit, mais une nécessité. Manger des choses bonnes, diverses, c’est un plaisir, et tout plaisir n’est pas nécessairement superflus. C’est ce plaisir de manger qui est un droit. On doit pouvoir manger autre chose que ce que mangent les porcs. L’homme a réussi à élever la cuisine au rang d’un art, il a réussi à développer son goût et son odorat pour différencier, juger, reconnaître. Ce qui autrefois était un impératif de la survie est devenu un impératif du plaisir. Il faut manger pour être heureux.

Mais le voile tombe et soudain l’on voit ce qu’on mange. On voit qu’on est empoisonné surtout. On est moins heureux alors. Il faut choisir, dès lors, entre le plaisir et la santé. Ces deux points concernent tous deux le corps, leur conflit est contradictoire. Pourtant, ce problème s’est toujours posé, sous d’autres formes : sur le sexe, l’alcool, le tabac, la drogue… La nourriture d’aujourd’hui est tout cela et bien plus encore. Car elle concerne tout le monde et que personne n’y réchappera. Nous devenons ce que nous mangeons, nos enfants deviennent ce qu’on leur donne à manger. Notre santé, notre taille, notre espérance de vie en dépend. Certains anthropologues associent la maîtrise du feu à un changement alimentaire (les aliments cuits sont plus facilement assimilables) et ce changement alimentaire à l’augmentation de la taille du cerveau chez les hominidés.

On ne connaît pas les effets exacts de ces produits sur le cerveau humain. On sait que le cerveau consomme près de 40% des calories absorbées (aussi étonnant que cela paraisse). Tout ce que nous mangeons se retrouve à un moment ou à un autre dans le cerveau. L’incidence est indirecte et l’homme pense aussi bien en Amérique qu’en Afrique ou en Asie. Mais si le corps accumule les poisons, pourquoi pas le cerveau ? Si ces poisons créent des disfonctionnements dans le corps, pourquoi pas dans le cerveau ? Je veux dire que le cerveau de l’Occidental n’est peut-être pas moins efficace du fait l’alimentation moderne, mais elle gagne peut-être en efficacité ce qu’elle perd peut-être dans d’autres domaines. Quels seraient ces domaines ? Ce n’est qu’une hypothèse et je vous y laisse réfléchir… si vous en êtes encore capable :)

Sur le plan socio-économique, le risque est qu’il se développe une consommation à deux vitesses : les produits bio pour les riches, les produits industriels pour les pauvres. Un moyen comme un autre de s’attaquer aux pauvres. L’Etat ou l’UE pourrait-elle obliger les industriels à améliorer la qualité de leurs produits ? C’est déjà ce qui se passe avec les agences de sécurité alimentaire, la réglementation et les contrôles. Ce n’est pourtant pas suffisant. Face aux lobbies des multinationales de l’alimentaire, telles que Monsanto, les citoyens se sont réunis en associations de consommateurs ou changent leur comportement alimentaire. Les parents, les écoles, les hôpitaux et les maisons de retraite préparent des repas plus équilibrés, avec des produits naturels quand ils en ont les moyens. Le goût de la cuisine revient avec diverses émissions. Phénomène de mode ou prise de conscience ?

Deux scénarios sont envisageables. La version optimiste : la qualité de la nourriture s’améliore, les agriculteurs développent le "bio", les éleveurs traitent les animaux avec plus de respect, des procès médiatiques mettent à l’épreuve les lois de la bioéthique, l’homme comprend sa place dans l’écosystème de la planète, la pollution diminue, etc.

La version pessimiste : viendra un jour où tous ces produits se seront suffisamment accumulés dans nos organismes pour provoquer cancers et maladies. L’espérance de vie stagnera puis elle diminuera. Comme pour la pollution des nappes phréatiques, la destruction de la couche d’ozone ou l’augmentation du CO2, même si l’on arrête maintenant, la pollution continuera encore des dizaines d’années, des centaines peut-être, autant dire des milliers comme pour les déchets nucléaires (certains durent jusque des millions d’années).

L’humanité peut-elle se permettre une remise en cause aussi profonde que celle qui concerne l’ensemble, je dis bien la totalité de son système d’alimentation, depuis les modes d’élevage et de culture jusqu’à l’usage du four à micro-onde ? Nous avançons et nous savons bien qu’il y aura de nouveaux cancers, de nouvelles maladies. Nous savons également que beaucoup de cas de Creutzfeld-Jakob étaient en réalité des maladies de la vache folle (à moins que ce ne soit la même maladie, comme l’a envisagé le Ministre britannique de la santé, Stephen Dorell, le 20 mars 2000). Mais nous avons confiance dans la capacité d’innovation des scientifiques, comme si la seule innovation possible ne pouvait être que scientifique, comme si la poltique, l’économie, la religion, la philosophie ne pouvaient pas changer la société. Il est probable que le corps médical, les hôpitaux et les laboratoires pharmaceutiques auront une importance croissante dans la société à mesure que les cancers et les allergies se développeront. On observe déjà un affaiblissement des lois de la bioéthique face aux enjeux de la recherche médicale :

  • 2004 : autorisation du clonage "thérapeuthique" d’embryons humains au Royaume-Uni [Voir http://www.doctissimo.fr/html/dossi…]
  • 2007 : contournement de la loi de bioéthique en transformant des cellules de la peau en cellules pluripotentes induites (iPS) capables de se comporter comme des cellules souches [Voir http://www.genethique.org/doss_them…]
  • 2010 : premier essai clinique à partir de cellules souches humaines la société américaine Geron ; accord entre Collectis (start up de l’Institut Pasteur côtée en bourse) et un centre de recherche de l’Université de Kyoto pour améliorer et exploiter les iPS [Voir http://www.boursorama.com/infos/act…]

Face à de pareils enjeux, on comprendra que la lutte contre la faim dans le monde ne soit pas une priorité…



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Commentaires

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lundi 8 avril 2013 à 10h54 - par  Susanna

Merci pour cet article qui nous est très utile ! Quel travail ! Merci de votre temps, de votre engagement.
Une remarque : l’additif 221 est le sulfite de sodium et non le sulfite de calcium ; une erreur d’inattention.

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