Noel et L’epiphanie.

lundi 27 décembre 2010
par  syagrius
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Le terme mot Noël (dont la première attestation écrite date de 1112) est issu par évolution phonétique (nael) et modification vocalique du latin natalis (« relatif à la naissance, natal »). Le o, remplaçant le a de l’ancien français nael, vient de la dissimilation des deux a de natalis tandis que le tréma (1718) note la diérèse[6],[7].

 L’origine du 25 décembre

Ainsi Noel représentait l’anniversaire de la naissance du Sol Invictus (le Soleil Invaincu). Natalis qui donne Noël

Cette fête avait lieu le jour du solstice d’hiver : c’est en effet à partir de cette date que les jours se rallongent : le soleil renaît… Cette année, le solstice d’hiver a eu lieu le 22 décembre 2010, à 0 h 38 (heure de France ou le 21 décembre à 23 h 38 TU). C’est à cette minute que commence aussi l’hiver. Noël, c’est à l’origine la fête du soleil : rendons gloire au Soleil qui nous donne chaque jour la lumière et sans lequel nous ne pouvons vivre !

 Pourquoi 25 décembre ?

L’empereur Aurélien (270-275) lui assure une place officielle à Rome et proclame que le Soleil Invaincu est le patron principal de l’Empire romain et fait du 25 décembre (jour suivant le solstice d’hiver) une fête officielle, le Dies Natalis Solis Invicti. Par la suite, Natalis a donné Natale en italien et Noël en français. Cette religion du Soleil Invaincu s’adressait davantage aux militaires qu’aux civils, qui ne faisaient guère que suivre le mouvement, et elle fut, de fait, très répandue dans les milieux militaires. Si elle n’est pas particulièrement mise en avant par la propagande impériale de Dioclétien (284-305) et de la Tétrarchie (293-306), on voit qu’au début du IVe siècle elle était toujours vivace dans l’armée puisque l’empereur Constantin Ier (306-337), fervent adorateur de ce dieu, fera frapper sur les monnaies la légende « Soli Invicto Comiti », « Au Soleil Invaincu qui m’accompagne ». C’est lui qui, par une loi du 7 mars 321, fera du « Jour du Soleil » (c’est-à-dire le dimanche) le jour du repos hebdomadaire (Code Justinien 3.12.2).

Pour des raisons symboliques, et dans un souci de christianiser les anciennes fêtes païennes, la date du 25 décembre fut progressivement étendue à tout l’occident latin. Au milieu du IVe siècle, le christianisme, soutenu par les empereurs, est encore minoritaire dans l’empire romain et il n’est pas question d’interdire les cultes païens. Les cultes païens sont maintenus, au moins jusqu’au règne de Théodose, mais les grandes fêtes qui rythmaient le calendrier religieux romain changent de sens.

 Jul, la célébration du solstice scandinave

Comme le Natalis dies des Romains a formé Noël, c’est aussi la célébration du solstice d’hiver qui est à l’origine du nom de Noël dans les pays scandinaves. Ainsi, au Danemark, Noël se dit Jul (se prononce [youl]). Cette fête est encore plus importante dans les pays nordiques : plus on va vers le nord, plus les jours sont courts en hiver (et plus les jours sont longs en été)

 Glissement du 25 décembre pour devenir une fête chrétienne

La fête de Noël ne faisait pas partie des jours célébrés par les premiers chrétiens : c’est au IVe siècle (en 354) que la fête de la Nativité a été instaurée à Rome par le pape Libère à la date du 25 décembre.

Cette fête s’est ensuite progressivement répandue en Orient et en Gaule. En 425, l’empereur d’Orient Théodose II a codifié officiellement les cérémonies de la fête de Noël. En 506, le concile d’Agde fait de Noël une fête d’obligation et en 529, l’empereur Justinien en fait un jour chômé.

La messe de minuit, dont la tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours, était déjà en usage au Ve siècle, sous le pontificat de Grégoire le Grand. A partir du XIIe siècle, cette célébration religieuse a été accompagnée de drames liturgiques, joués dans les églises et sur les parvis. Ces représentations appelées des mystères mettaient en scène l’adoration des bergers ou la procession des mages.

 Le 6 janvier : Epiphanie

 Une origine Paienne

l’épiphanie est une fête d’origine païenne, durant laquelle on célébrait les Epiphanes, autrement dit Apollon et le Soleil qui Lui est associé ainsi que les autres Dieux Souverains (Dieux Epiphanes : Zeus, Athéna, Hermès, Héra, Poséidon, Déméter, Héphaïstos, Aphrodite, Arès, Artémis, Hestia). Cette fête a été christianisée, et l’Épiphanie célèbre la visite des mages à l’enfant Jésus, le Messie dans le monde.

Aujourd’hui encore, tous les chrétiens ne fêtent pas Noël le 25 décembre. Les Églises orthodoxes, qui suivent toujours le calendrier julien, célèbrent Noël le 6 janvier, mais seule l’Église apostolique arménienne a conservé la date précise du 6 janvier comme jour de la fête de Noël. Pour l’Eglise catholique, le 6 janvier devient la fête de l’Épiphanie. Les catholiques célèbrent la manifestation de Jésus, le Messie dans le monde. En France, puisque ce jour n’est pas chômé, elle est souvent reportée au dimanche suivant ou anticipée au dimanche précédant. Épiphanie est un mot d’origine grecque, Ἐπιφάνεια Epiphaneia qui signifie « manifestation » ou « apparition » (du verbe φάινω phainô, « se manifester, apparaître, être évident »). La fête s’appelle aussi Théophanie qui signifie « manifestation de Dieu ». Cet ancien nom subsiste aujourd’hui dans le prénom féminin Tiphaine (en anglais Tiffany).

La fête était à l’origine, jusqu’à la fin du IVe siècle, la grande et unique fête chrétienne de la manifestation du Christ dans le monde : incarnation, Nativité, manifestation par la venue des mages, manifestation par la voix du Père et la colombe sur le Jourdain, manifestation par le miracle de Cana. Depuis l’introduction d’une fête de la Nativité (Noël) le 25 décembre pour les raisons que l’on a vues, l’Épiphanie s’est spécialisée de façons diverses selon les confessions et a adopté des sens variés.

 Les rois mages

Ainsi cette fête correspond à la présentation de Jésus enfant aux Rois Mages : Gaspard, Melchior et Balthazar. Ce jour est aussi celui du premier miracle des noces de Cana et avant tout la date de baptême du Christ. Dès le Ve siècle, l’Eglise donna une importance considérable à cet événement. La galette des rois, servie à cette occasion, est une tradition typiquement française qui avait déjà cours au XIVe siècle. La galette était partagée en autant de portions que de convives, plus une. Cette portion supplémentaire, appelée "part du Bon Dieu" ou "part de la Vierge", était destinée au premier pauvre qui se présenterait.

Pendant des siècles les chrétiens d’Orient célébrèrent la Nativité le jour de l’Epiphanie. Les Arméniens du Caucase le font encore aujourd’hui. Au Ier siècle il fut déjà décidé de donner primauté à la naissance du Christ plutôt qu’à l’Epiphanie. Longtemps, le 6 janvier (Epiphanie) fût plus important que le jour de Noël. Encore actuellement, en Espagne ce sont les Rois mages qui apportent les cadeaux à l’Epiphanie et non à Noel. Les Rois Mages sont bien plus importants dans le cœur des enfants espagnols que le Père Noel et le 6 janvier est l’occasion d’une grande fêtes et de défilés dans les rues espagnoles.

 12 Jours : Lien entre noel et l’epiphanie

l’épiphanie, tout comme le cycle de Noël, est loin d’être d’origine purement chrétienne comme nous venons de le lire, mais tire son fond et son sens des célébrations païennes de la Lumière. En effet, Noël, avant d’être un jour, est d’abord un cycle, qui atteint son apogée au jour du solstice d’hiver (ou en tout cas un des jours associés au solstice) le 25 décembre. Cette nuit du solstice, qui est la plus longue de l’année, signifie le retour de la Lumière ou, mieux, la renaissance de la Lumière à l’origine de toutes choses.

Puis la célébration se prolonge durant un nombre de jours hautement symbolique : 12 jours. Ainsi Noël est-elle une fête qui dure 12 jours et 12 nuits, le 12 représentant entre autres la Totalité (12 mois, 12 heures, 12 Apôtres, 12 Dieux Olympiens, 12 Imâms dans le shî’isme duodécimain, etc.) Le cycle prend fin le 6 janvier. C’est à ce moment que les jours commencent à s’allonger de façon sensible, que la promesse de la nuit solsticiale est tenue. On célèbre alors l’Épiphanie, la manifestation de la Lumière. La galette symbolise par sa forme ronde le soleil. Il est à noter également que c’est ce jour (en tout cas son équivalent, car le calendrier de la Rome antique n’était pas le nôtre) qu’avait lieu la fête des 12 Dieux Epiphanes (autrement dit les 12 Olympiens).

 Pourquoi 12 jours ?

Ainsi l’Épiphanie a lieu 12 jours après Noël. Ces 12 jours représentent aussi le décalage entre le calendrier lunaire et le calendrier solaire. Une année fait 12 mois lunaires (à l’origine le mois représentait la période entre deux nouvelles lunes, soit 29,5 jours). Cela fait un total de 354 jours. Il faut ajouter presque 12 jours (comme les 12 mois de l’année) pour atteindre l’année solaire. 6 jours après Noël et 6 jours avant l’Épiphanie, se déroule le passage à la nouvelle année. Autrefois on fêtait, le jour de l’An, la circoncision de Jésus. Comme tout enfant juif, elle se déroulait 7 jours après la naissance.

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Die Welt ist seltsam, meinst du nicht ?


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Commentaires

vendredi 27 novembre 2015 à 14h18

C pas mal . Ça nous renseigne sur des chose qu on connaissaient pas

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samedi 23 juillet 2011 à 17h39 - par  Spreadthetruth777

C’est interessant l’article,
Noel est une fete paienne et non chretienne…

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mardi 8 mars 2011 à 03h10 - par  Neimad

Les rois mages sont simplement appelés "mages" dans l’Evangile selon St Matthieu (2:7) et il ne cite pas leur nombre. Les autres Evangiles n’en parlent pas. C’est la tradition populaire qui leur a donné un nom et le titre de "rois". Sur les trois présents, "de l’or, de l’encens et de la myrrhe", on retrouve deux ingrédients importants dans les liturgies.

Quand ils disent "Car nous avons vu son étoile à l’orient" (2:2), les mages se réfèrent à l’astrologie qui leur a permis de connaître la naissance d’un homme exceptionnel. Ils sont ensuite partis reconnaître l’enfant, comme les moins tibétains avec le nouveau dalaï-lama.

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lundi 7 mars 2011 à 23h42 - par  Neimad

Noël recouvre le Sol Invictus qui recouvre lui-même le culte de Mithra, très répandu parmi les soldats romains, dont la première mention serait une inscription perse, datée du 4e siècle av. J-C., où Mithra aux côtés d’Ahura Mazda, le dieu suprême, et de la déesse Anahita, sa mère. La présence du taureau dans la légende de Mithra, ainsi que les formules en vieux-persan prononcées lors des rituels, font penser à la reprise d’un thème plus ancien, celui de la mise à mort du Taureau céleste dans l’épopée de Gilgamesh (-2500 ans avant notre ère).

Ce culte d’origine oriental se fêtait le 25 décembre pour annoncer le retour du Soleil. Mithra naît avec le bonnet phrygien (une coiffure perse qui recouvre également la tête des rois mages sur les peintures paléochrétiennes), affronte un taureau, le vainc, le met sur ses épaules, voyage avec dans un "transitus" qui fait penser au Moschopore (le porteur de veau) découvert sur l’Acropole et exposé au Musée d’Athènes.

Mithra sacrifie le taureau. De sa chair sort le blé et de son sang sort le vin, qui seront célébrés dans un repas rituel ou agape avec du pain et du vin, comme dans l’eucharistie chrétienne. De sa semence naissent aussi différents animaux : le chien, le serpent, le corbeau, le scorpion, le lion. Mithra est accompagné de deux compagnons porteurs de torches, Cautès et Cautopatès, comme allégorie du lever et du coucher du soleil. A la fin, Mithra rejoint Apollon sur son char et s’élève avec lui dans le ciel.

Selon David Ulansey, la mort du taureau représente le passage de l’ère du Taureau à l’ère des Gémeaux, en se fiant à la précession des équinoxes. Les symboles représentées autour du taureau mort représentent les constellations qui entourent la constellation du Taureau au niveau de l’équateur céleste : le Petit Chien, l’Hydre, le Corbeau, le Scorpion, le Lion et le Verseau.

Par ailleurs, d’un point de vue astronomique, le 21 décembre, date précise du solstice d’hiver, coïncide avec un alignement entre a Terre, Vénus et le centre de la galaxie. Cette alignement se reproduit tous les 21 décembre. Voir http://www.alexandrea.fr/index.php/post/2007/10/24/2012-et-lalignement-astronomique-prevu

A noter que le bonnet phyrgien sert encore de symbole à la République française (cf. le bonnet de Marianne).

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