Symbolique du serpent

jeudi 25 août 2016
par  syagrius
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C’est au Moyen-​​Age surtout que la condam­nation du serpent va prendre une impor­tance théo­lo­gique. Les textes sacrés de la chré­tienté ont encore l’ambiguïté des sociétés antiques dans les­quelles ils s’enracinent.

 La Bible

La Bible parle de la "sagesse du serpent" et c’est avec un serpent d’airain sculpté (c’est-à-dire un serpent ratio­nalisé, maî­trisé) que Moïse sauve le peuple d’Israël décimé par les ser­pents indomptés. On retrouve ici la même sym­bo­lique que dans la sym­bo­lique grecque : si, déchainé, le désir est mortel, maî­trisé, il est sal­vateur, néces­saire à la régé­né­ration de la société. Mais au Moyen-​​Age, c’est le serpent d’Eve, condamné à ramper à gober ses proies, res­pon­sable de la Chute, qui va prendre le dessus. Il devient l’incarnation de la luxure, du vice et de toutes les dépra­va­tions sus­citées par le Démon.

Il n’y a même plus guère au Moyen-​​Age de sectes gnos­tiques pour défendre le serpent. Pour les ophites ou les naa­sèmes du IIème siècle, en effet, (ophis signi­fiant serpent en grec et nahash en hébreu), le Serpent était le mes­sager d’un dieu inconnu, plus ancien que Yahvé, qui aurait eu pour mission de trans­mettre secrè­tement le Savoir à l’homme.

Yahvé com­mençant à devenir orgueilleux au point de s’affirmer Unique, le dieu inconnu (souvent appelé Sophia, Sagesse, aurait décidé de le contre­carrer en donnant aux hommes la pos­si­bilité de voir la Vérité. A ce titre, ils consi­dé­raient le Serpent comme un des prin­cipaux véhi­cules du Divin. Mais les ophites, condamnés comme héré­tiques, ont vite été exter­minés. Et le vieux dieu inconnu fut oublié. Il est tou­tefois inté­ressant de constater que notre phobie du serpent, que nous croyons natu­relle et uni­ver­selle, ne s’est imposé dans notre culture qu’au prix d’une répression his­to­rique implacable.

 Ambivalence du serpent

Ainsi, le caractère ambi­valent du serpent a été sup­planté dans notre ima­gi­naire par son caractère démo­niaque en même temps que nous refou­lions à l’arrière-plan de notre conscience ce qui faisait le Sacré archaïque : la fécon­dation, le désir, l’ombre.

Pour les grecs, l’imposition de la langue du serpent sur le front de Cas­sandre, d’Hélénos ou de Mélanpous était une puri­fi­cation et une fer­ti­li­sation. Pour nous, la langue de serpent ou la langue de vipère ne repré­sente plus que men­songe et perfidie.

Le héros civi­li­sateur, maître de l’énergie et du mou­vement (Bénin), de la parole ins­pirée (Chine), de l’agriculture (Mexique, Pérou), de la forge et des céréales (Dogons) n’est plus à nos yeux que le des­tructeur du Paradis ter­restre et l’émanation des forces obs­cures qui conduisent au chaos.

Les pre­miers car­to­graphes euro­péens aver­tis­saient les voya­geurs des dangers de l’inconnu par ces mots "here are dragons", "ici, on trouve des dragons". Et, à bien des égards, ils n’avaient pas vraiment tort, puisque le dragon est, de toutes les figures mytho­lo­giques, la plus uni­ver­selle et la plus répandue. En Occident, les dragons aux mul­tiples têtes com­battent les héros mythiques depuis au moins 6000 ans. En Asie, leur lignage est plus ancien encore et le folklore paysan dont il est issu (bien avant que Yu Pang le choi­sisse comme symbole de l’empereur) se confond avec l’origine de l’Histoire. En Amé­rique, le dieu serpent à plumes, Quet­zal­coatl, règnait avant même l’arrivée des Aztèques. En Afrique, enfin, on trouve aussi bien des dragons aqua­tiques que des dragons célestes, comme le dieu égyptien Apopis.

Cer­tains ana­lystes arguent du fait que c’est l’usage d’un même concept qui donne cette impression d’universalité et que ce que nous appelons "dragons" recouvre en fait une extension consi­dé­rable, qui va de l’hydre aqua­tique au serpent céleste, en passant par de nom­breuses autres formes.

 Le Dragon

A l’origine, en effet, "dragon" n’est qu’un dérivé du verbe grec der­komai, qui signifie regarder, fixer du regard. Le drakon, étymo­lo­gi­quement, c’est donc sim­plement le Gardien, celui qui garde les trésors ou les mys­tères sacrés. Même le chien Cerbère, dans les textes les plus anciens, est appelé "drakon". L’extension séman­tique s’accroît encore avec la tra­duction des textes hébreux, en par­ti­culier la version des Sep­tantes, qui va trans­crire en "dragon" l’hébreu tannin (serpent) ou Liwyathan (Léviathan).

C’est donc d’abord en tant que Gardien que le dragon s’impose comme figure mythique fon­da­mentale : gardien des trésors cachés en Occident, de la Toison d’Or et du Jardin des Hes­pé­rides, gardien de l’immortalité dans les légendes celtes, gardien de la Perle dans le conte chinois des T’ang, etc. Yun­xiang Yan, invité par l’émission de History Channel du 16 janvier 1998 (in Search of History) déclarait ainsi " parce que nous uti­lisons ici le seul terme de "dragon", nous avons la fausse impression que les dragons sont partout de la même nature. Ce qui n’est pas le cas".

Quelle que puisse être la légi­timité d’une telle res­triction, il n’empêche que tous les dragons du monde ont également des traits communs, rela­ti­vement troublants.

1. Caractère rep­tilien, que ce soit dans leur mor­pho­logie générale ou dans un détail de leur ana­tomie (géné­ra­lement la gueule ou les pattes).

2. Ils sont tou­jours gigan­tesques, bien au-​​delà des pro­por­tions des autres monstres mytho­lo­giques (licorne, chimère, cen­taure, etc.). Pour le dire autrement, qu’ils soient volants ou aqua­tiques, ce sont tou­jours de gigan­tesques sau­riens. Ces mêmes gigan­tesques sau­riens qui, étran­gement, arpen­taient le monde bien avant que l’homme ou même les mam­mi­fères ne com­mencent à le faire.

 Cryptozoologie

Faut-​​il en déduire, comme Richard Greenwell, secré­taire de la Société inter­na­tionale de Cryp­to­zoo­logie, que le mythe du dragon est pro­ba­blement fondé sur la décou­verte de sque­lettes ou de fos­siles de pté­ro­saures, qui auraient frappé l’imaginaire humain par leur gigan­tisme et leur étrangeté ? Pourquoi pas ?

 Conte chinois

Un conte chinois semble même accrédité cette thèse : il y a très long­temps, dit-​​il, un grand dragon vola jusqu’au Ciel, vers les portes du Paradis. Mais les portes étaient fermées et il retomba sur le sol, qui l’engloutit, ne laissant plus émerger que ses os.

Mais n’est-il pas tout sim­plement logique que, dans leur recherche de sym­boles sus­cep­tibles d’incarner le cosmos, les sociétés archaïques aient inventé le dragon ?

Après tout, nous l’avons vu, le reptile est déjà en soi, un animal qui recouvre divers sym­bo­lismes. En lui ajoutant des ailes, à savoir l’élément aérien, il pouvait aisément devenir le Gardien du Monde.

Ainsi, c’est en revenant d’Arabie qu’Hérodote déclare que les dragons existent réel­lement : "on peut trouver des vipères partout dans le monde, mais on ne peut voir de ser­pents ailés qu’en Arabie. S’ils crois­saient aussi vite que leur nature le leur permet, il serait impos­sible pour l’homme de rester sur cette terre". Marco Polo lui-​​même, de retour d’Asie, racontait ses ren­contres avec des ser­pents gigan­tesques, capables de tuer à dis­tance. Il n’en faut pas plus pour que des spé­cia­listes, sérieux par ailleurs, se demandent si les dragons n’ont pas existé…

Ce pro­blème importe assez peu. Que le motif de l’invention des dragons ait été un fossile, un animal réel, ou sim­plement la com­bi­naison de sym­boles plus fon­da­mentaux, il n’en demeure pas moins qu’ils consti­tuent une figure majeure du bes­tiaire de l’humanité. Ce qui compte, donc, c’est ce que les hommes ont fait de cet animal réel, ou de ce fossile, ou de cette pure création de l’imagination. Ce n’est pas de savoir pourquoi les dragons sont apparus, mais pourquoi on en revient tou­jours à eux, comme le montre bien le succès des jeux de rôles ou de l’héroïc fantasy. C’est donc ce que le dragon repré­sente pour notre imagination.

 Le Gardien

Revenons à l’idée de Gardien. Elle a sans aucun doute rapport à notre désir. En effet, pour qu’il y ait besoin d’un Gardien, il faut qu’il y ait quelque chose à garder - c’est-à-dire, géné­ra­lement, un secret, un péril ou un trésor. Autant de choses qui sti­mulent le désir et font donc du Gardien, un subtil mélange d’adversaire à vaincre, de défi à relever et de cata­lyseur de toutes les jalousies et de toutes les envies. Il incarne donc tout à la fois le Désir, l’énergie pas­sion­nelle qui emporte tout sur son passage, et ce qui lui fait obs­tacle, ce qui empêche son déferlement.

Cette ambi­va­lence du dragon est clai­rement visible au Moyen-​​Age : d’un côté, c’est géné­ra­lement par un dragon cra­chant le feu que l’on dépeint l’entrée des Enfers ; d’un autre côté, c’est un autre type de dragon, la Gar­gouille, qui protège les cathé­drales contre l’intrusion des forces du Malin.

Cette idée de deux Dragons opposés, d’un "bon" et d’un "mauvais" dragons, est très fré­quente dans les mytho­logies archaïques.

Dans la sym­bo­lique chi­noise, par exemple, le dragon vert est YANG comme signe du ton­nerre et du prin­temps, comme renouveau de la vie et principe céleste ; mais les dragons des autres cou­leurs sont YIN, comme sou­verain des régions aqua­tiques et sou­ter­raines. Selon d’autres textes, ce seraient en fait les mêmes dragons qui, au prin­temps, sor­ti­raient de leurs refuges aqua­tiques et ramè­ne­raient la vie sur terre, pour y retourner en automne fomenter de nou­velles tem­pêtes. Au Pays de Galles, qui a le dragon rouge pour emblème, on trouve fré­quemment repré­sentée la lutte du dragon rouge contre le dragon blanc.

Le premier exprime la colère et la vio­lence de la vie qui cherche à se défendre contre les forces qui la menacent ; le second porte les cou­leurs livides de la mort et de la froideur. On dit qu’ils se seraient entretués sous l’effet enivrant de l’hydromel et qu’ils seraient enterrés à Oxford, dans un coffre de pierre, dont la redé­cou­verte signi­fierait la fin des temps de paix.

 Alchimie

Mais c’est sans doute l’ancienne alchimie qui exprime le mieux cette idée des deux dragons opposés. Le reptile, en tant qu’animal pri­mitif, est associé à la materia prima des alchi­mistes et le Grand Oeuvre, l’union du volatil et du stable, du mercure et du soufre, est repré­sentée par la lutte entre le dragon ailé (symbole du mercure phi­lo­so­phale) et le dragon chtonien (symbole du soufre).

" Les deux dragons her­mé­tiques, dit Ful­ca­nelli dans ses Demeures phi­lo­so­phales, l’un ailé, l’autre aptère, sont les vrais prin­cipes de la phi­lo­sophie. Celui qui est dessous sans ailes, c’est le fixe ou le mâle et celui qui est au-​​dessus, c’est le volatil, ou bien la femelle noire et obscure, qui va prendre la domi­nation. Le premier est appelé soufre ou bien calidité et siccité, et le dernier vif argent ou fri­gidité et humidité ".

Cette ambi­va­lence se retrouve aussi dans les cou­leurs du dragon : sa couleur exo­té­rique, dit encore Ful­ca­nelli, est le vert, tandis que sa couleur ésoté­rique est le rouge. Il est en soi l’union des contraires que poursuit l’Alchimie. Mais cette union est un combat, une lutte, car la nature volatile et ignée du dragon est domi­na­trice - voilà pourquoi, pour devenir positif, dans l’âge médiéval, le dragon doit être ter­rassé, mis à terre, rendu aptère.

Presque toutes les grandes villes ont ainsi leur héros ter­rasseur de dragon. Car le dragon, force pri­mitive, sym­bolise les lieux sau­vages et insa­lubres - il vit dans les marais, les forêts et les mon­tagnes. Construire une ville devient ainsi, dans les deux sens du terme, une entre­prise de ter­ras­sement : il faut ter­rasser le dragon pour dompter la nature sauvage et maî­triser les forces pri­mi­tives. Vous pourrez trouver un tableau synop­tique de ces héros ter­ras­seurs de dragons sur le site .

A la fois démo­niaque et divin, force de vie et de mort (trait qu’il emprunte lar­gement au serpent), excès et fécondité du désir, le dragon est donc un symbole idéal pour repré­senter le pouvoir de droit divin, celui des Rois ou des Empe­reurs. Aussi ne manque-​​t-​​il pas, de par le monde, de dynasties qui aient légitimé leur pouvoir sur une parenté avec les dragons.

Ce fut le cas de Yu-​​Pang, qui accéda au pouvoir sans être lui-​​même issu des dynasties tra­di­tion­nelles et qui ins­titua le dragon comme figure emblé­ma­tique des empe­reurs chinois et comme symbole de leur toute-​​puissance. On appelle "démarche du dragon", la démarche impé­riale, "perle du dragon" la facilité qu’il a à convaincre ou à séduire les foules par son seul dis­cours, "face du dragon", le visage emprunt de majesté du chef légitime. On l’appelle le Vrai Dragon, il s’assied sur le Trône du Dragon et porte des Robes de Dragon.

Le Dragon à cinq griffes étaient à ce point le symbole du pouvoir impérial que l’utiliser sans auto­ri­sation pouvait être puni de mort. Mais ce lien entre le chef et le dragon n’est pas une exclu­sivité orientale. Le roi Uther Pen­dragon, père du célèbre roi Arthur, aurait choisi cet emblème, dit-​​on, après avoir rêvé d’un dragon se battant dans le ciel.

 Quetzalcoatl

Parler de dragon, c’est aussi, néces­sai­rement, parler de Quet­zal­coatl, le serpent ailé le plus positif sym­bo­li­quement, mais aussi celui qui eu les consé­quences les plus désas­treuses pour son peuple. Le mot Quet­zal­coatl, vient de deux termes signi­fiant res­pec­ti­vement "plume pré­cieuse" (quet­zalli) et serpent (coatl). Le serpent à plumes, l’une des plus vieilles divi­nités de l’ancien Mexique, avant même l’époque aztèque, dès la civi­li­sation de Teo­ti­huacan (IIIème-​​VIIIe siècle). Dieu de la végé­tation, étroi­tement lié à Tlaloc, le dieu de la pluie, il était aussi l’Inventeur de l’agriculture et de l’écriture, le héros civi­li­sateur des sociétés pré-​​colombiennes. A l’époque tol­tèque (IXème-​​XIIe siècle), due à l’immigration des tribus de langues nahua (venues du nord), les sociétés de l’ancien Mexique vont devenir astro­lâtres. Quet­zal­coatl va devenir le dieu de l’étoile du soir et de celle du matin, c’est-à-dire le dieu des demi-​​teintes, de la tran­quillité de l’aube et du cré­puscule, opposé à Tez­cat­lipoca, le dieu du ciel noc­turne. Alors que Tez­cat­lipoca exi­geait son tribut de sans humain, Quet­zal­coatl n’acceptait qu’on lui sacrifie que des oiseaux, des papillons ou des ser­pents, qui étaient ses trois animaux emblé­ma­tiques. A l’époque aztèque (XIVème-​​XVIe siècle), on adorera en lui le chef des prêtres, l’inventeur du calendier et du Livre Sacré, le pro­tecteur des orfèvres et des artisans.

Mais ce dieu si doux et ce héros civi­li­sateur pro­voqua la mort de son peuple. En effet, à l’époque tol­tèque, on dit qu’il fut chassé par Tez­cat­lipoca, agacé par ses vertus léni­fiantes et qu’il s’embarqua sur un radeau de ser­pents pour dis­pa­raître à l’horizon oriental, pro­mettant de revenir un jour pour sauver son peuple de la tyrannie tol­tèque. Or, Quet­zal­coatl avait un jour déjà dirigé son peuple sous la forme d’un homme - un homme étrange, aux cheveux et à la peau clairs. Les prêtres, depuis le jour du départ de Quet­zal­coatl, l’attendaient patiemment sur la rive est du continent, tout par­ti­cu­liè­rement les années du roseau, années consa­crées au Dieu Serpent à Plumes. Aussi, lorsqu’en 1519, année du roseau, des étrangers à la peau claire débar­quèrent sur la côte est du Mexique, les aztèques les accueillirent-​​ils avec de grandes fêtes et des pré­sents, les prenant pour les ser­vi­teurs de Quet­zal­coatl. Mon­tezuma lui-​​même vint pré­senter ses res­pects à Cortes et le reçut dans sa propre maison. Le peuple aztèque fut détruit en moins de deux ans, avant même de com­prendre que les conquis­tadors n’étaient pas ceux qu’ils atten­daient depuis des siècles.

 Conclusion

On ne saurait donc être surpris du retour des dragons dans la fantasy et les jeux de rôles : incar­nation de nos désirs et des obs­tacles qui se dressent sur sa route, gar­diens sévères ou abusifs, mani­fes­tation des forces de vie et de mort, ils sont cer­tai­nement le symbole le plus parlant de l’aventure héroïque.



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