L’histoire a-​​t-​​elle un sens ?

dimanche 17 octobre 2010
par  Neimad
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L’histoire se répète, dit-​​on. Il exis­terait des res­sem­blances, des forces évolu­tives, des cycles de l’économie, etc. Il exis­terait une loi fixant la vie et la mort des civi­li­sa­tions, étant admis que les civi­li­sa­tions comme les hommes sont soumis à l’évolution et à la mor­talité. Ces dires n’ont pas de fon­dement scien­ti­fique, cependant, car les faits de l’histoire ne peuvent pas être répétés : ils arrivent, ils passent, c’est tout.

A y regarder de plus près, on pourrait cependant s’interroger sur cer­taines coïn­ci­dences de l’histoire antique et de l’astronomie :

  • Pourquoi le dieu prin­cipal des Egyp­tiens était-​​il Amon, repré­senté par un Bélier, au moment où le Soleil se trouvait dans la constel­lation du Bélier, selon la pré­cession des équi­noxes [1] ? Pourquoi Jésus, également, apparaît-​​il pour mul­ti­plier les poissons, marcher sur l’eau et fonder un groupe de pécheurs dont le signe de ral­liement sera le poisson, alors que le Soleil se trouve dans la constel­lation des Poissons ? Il faut croire que les Anciens avaient des connais­sances plus déve­loppées en astro­nomie qu’on ne l’imagine…
  • Comment les Aztèques pouvaient-​​ils avoir prévu, d’après une pro­phétie, le retour d’un homme blanc et barbu… comme ce fut le cas des Espa­gnols en 1492 ? Il faut croire qu’il avait déjà vu ces hommes dans un passé lointain (des vikings ?).
  • Comment les Dogons pouvaient-​​ils connaître l’existence d’une étoile jumelle à Sirius (Sirius B), alors que la décou­verte a nécessité l’invention du télescope ? [2]

Ces exemples sont les plus connus. Il y en existe de nom­breux autres, dans toutes les cultures du monde, qui feront l’objet d’un article à part entière.

La question sim­plement que j’aimerais sou­lever est la sui­vante : l’histoire pourrait-​​elle se refléter dans l’histoire ? Les événe­ments de l’histoire pourraient-​​ils s’appeler les uns les autres, glisser de l’un à l’autre sans passer par le temps, suivre une logique qui est celle du cycle ? Les hommes eux-​​mêmes sont-​​ils capables de savoir et de vouloir des choses qui ont déjà été écrites avant eux ou qui vien­dront dans long­temps encore ?

La question n’est donc pas de savoir s’il existe un sens à l’histoire mais si elle a une unité.



 Les cycles économiques


Le domaine de l’histoire sur lequel nous dis­posons de plus d’informations, et des infor­ma­tions chiffrés, pouvant servir de faits, est le domaine écono­mique. C’était depuis long­temps déjà que les hommes croyaient voir des cycles dans l’univers (cycles des saisons, des géné­ra­tions, des pla­nètes, etc.), mais c’est depuis peu qu’ils ont eu les preuves qu’il existait des cycles (en astro­nomie, en bio­logie, etc.) et ces preuves sont toutes mathé­ma­tiques. Les cycles, en effet, doivent être quan­ti­fiables, ils doivent être régu­liers. Dans les cycles écono­miques qui ont été établis, cette régu­larité n’est cependant pas par­faite. Jusqu’à quel degré de per­fection un cycle est-​​il vrai ? A quel degré d’imperfection sera-​​t-​​il dit faux ? Les cycles se pré­cisent et deviennent com­pré­hen­sibles aujourd’hui que l’évolution des nombres n’est plus obligé de suivre une courbe régu­lière (voir les frac­tales, par exemple). La théorie, cependant, existait depuis long­temps. Marx disait déjà en 1867 :

Comme les corps célestes une fois lancés sur leur orbites les suivent indé­fi­niment, de même la pro­duction sociale une fois jetée dans ce mou­vement alter­natif d’expansion et de contraction le répète par une nécessité méca­nique. Les effets deviennent causes à leur tour, et des péri­péties, d’abord irré­gu­lières et en appa­rence acci­den­telles, affectent de plus en plus la forme d’une pério­dicité normale [3].

On pourrait également s’interroger sur l’existence de cycles écono­miques, comme si les hommes, saisis dans leur totalité, sui­vaient ins­tinc­ti­vement cer­tains com­por­te­ments qu’au niveau indi­viduel il est impos­sible de prévoir (même si ce qu’essaient de faire les assu­rances). Il serait impos­sible de prévoir ce qui arrivera demain à mon­sieur x, alors qu’il serait pos­sible de prévoir ce qui arrivera dans deux ans à l’ensemble du pro­cessus écono­mique [4] ? Le détail des cours de la bourse ne peut pas être donné [5]., mais la pré­vision d’un cycle favo­rable ou défa­vo­rable peut être donné et même vérifié his­to­ri­quement, du moins depuis qu’il existe une économie de marché suf­fi­samment grande. Je fais réfé­rence ici aux cycles du capital établis par Kon­dra­tieff et pro­longés par Wal­ler­stein [6]. Les cycles de Kon­dra­tieff sont valables depuis 1783 et ont notamment permis à son époque de prévoir les chan­ge­ments des années 1930. Récemment, ces cycles ont permis de prédire le retour de la crois­sance et la baisse du chômage [7].

Quand les géné­ra­tions les plus jeunes sont domi­nantes, elles imposent des poli­tiques infla­tion­nistes, favo­risant la consom­mation et l’immobilier au détriment de l’épargne et des actifs finan­ciers, du moins jusqu’à ce qu’une crise infla­tion­niste de type 1980 ou 1920 sur­vienne. Quand ces mêmes classes d’âge vieillissent, elles font faire aux auto­rités écono­miques un revi­rement complet, favo­risant cette fois l’épargne et les pla­ce­ments finan­ciers, au détriment de la consom­mation. Cette attitude permet de recons­tituer le stock de capital qui va nourrir la vague ascen­dante du cycle long suivant [8].

Ces cycles sont hon­teu­sement simples [9], parce qu’ils ne prennent pas compte la com­plexité effective du monde et la liberté des hommes [10]. Ils restent effi­caces à condition de ne pas leur demander de pré­ciser leurs dates : ils peuvent juste donner une période, une four­chette de quelques années, car pré­ciser des dates irait à l’encontre jus­tement de la logique qui les a rendus pos­sible (celle qui consiste à ignorer les détails). Comment ces cycles sont-​​ils pos­sibles et dans quoi s’inscrivent-ils ? Les théories cycliques existent depuis long­temps mais elles n’ont jamais été expli­quées. Main­tenant que l’une d’entre elles, celle de Kon­dra­tieff, passe pour "sérieuse" et fasse l’objet de déve­lop­pe­ments par des spé­cia­listes [11], il serait tant de s’interroger…

Le tableau ci-​​dessous cor­respond aux cinq phases du cycle établi par Kon­dra­tieff. Il a depuis été précisé et pro­longé jusqu‘à aujourd‘hui [12].

Cycle de Kondratieff
IIIIIIIVV
Âge d’or  reprise+déflation  Inno­va­tions, jeunes  +bas prix 1783-1789  Révo­lution 89  Machine à vapeur, filatures 1837-1847  Révo­lution 48  Chemin de fer, acier 1883-1896  Colonies, Bou­langer, Anar­chistes,  Auto­mobile, Taylor 1937-​​1940  Guerre  Elec­tricité, électronique 1995-1997 Crise asia­tique et déve­lop­pement des télécoms
Pros­périté  reprise+inflation  +haut quantité 1789-1807  révo­lution industrielle 1847-1857  fête impériale 1896-1913  Belle époque 1940-1973  30 glorieuses 1998-2000 Accé­lé­ration des fusions /​ acqui­si­tions
Stag­flation  stagnation+inflation  +haut prix 1807-1814  blocus, Waterloo 1857-1866  guerre de sécession 1913-1920  guerre 14-​​18, révo­lution russe 1973-1980  Vietnam, choc pétrolier 2000-2007 Écla­tement de la bulle Internet, attentats du 11 sept 01, Euro
Bulle finan­cière  stagnation+rigueur  Vieillis­sement  +haut endettement 1814-1826  krach Londres  Ricardo 1817 1866-1873  krach Vienne 1920-1929  krach New-York 1980-1989  krach Tokyo, Moscou 2007-2008 Crise de sub­primes, crise ali­men­taire mon­diale
Dépression  récession+déflation  +bas quantité 1826-1837  révo­lution 1830 1873-1883  Thiers  Walras 1874 1929-1937  New Deal, Hitler, Keynes 1936 1989-1994  Chute URSS, création de l’OMC 2009 - ?

Nota  : par "âge d’or", il faut entendre les paradis finan­ciers et non pas le règne de l’abondance. Il suffit de voir les dates 1789, 1848, 1937 pour ne pas confondre le bonheur écono­mique avec le bonheur des peuples.

Cela signifie-​​t-​​il que l’histoire (écono­mique) se répète avec une forme iden­tique mais un contenu dif­férent ? Ou cela signifie-​​t-​​il que la diversité des contenus n’est qu’apparente et qu’ils ne peuvent prendre en réalité qu’un nombre limité de formes ? Il n’y aurait donc pas de cycle, imposé par quelque force exté­rieure, mais un cycle inté­rieur, imposé par la consti­tution des sujets, par les modes de pensée de l’homme. Marx pensait effec­ti­vement que pour mener à bien sa "révo­lution du pro­lé­tariat", il fau­drait un chan­gement radical des men­ta­lités, du rapport homme à homme, du but de la vie en défi­nitive. Cela même est-​​il pos­sible ? Si l’homme réagit à la société dans laquelle il est né, il est pré­vi­sible, même si cette réaction est une rébellion face aux valeurs établies. Si la société change, elle change tou­jours par rapport à une société passée. Si l’art est nouveau, c’est parce qu’il existe un art ancien. Si l’homme naît, c’est parce que d’autres sont nés avant lui. On ne sort pas des cycles en refusant de les voir.

Si l’on connaît quels pro­cessus se répètent, si l’on connaît ceux qui ont existé dans l’histoire, on pourrait décider de répéter tel cycle plutôt que tel autre en accéléra nt le passage de l’un à l’autre ou en ralen­tissant la trans­for­mation. L’idéal serait pour l’homme de se choisir une vie, une per­son­nalité, comme on se choisit un métier, plutôt que de se laisser porter par l’histoire, plutôt que de refuser son destin ou de le subir quand même.



 Les sauts tech­no­lo­giques


Il semble que sur les détails aussi, l’histoire nous fasse des "clins d’œil" : syn­chro­nicité des décou­vertes scien­ti­fiques, séries de catas­trophes de même type à plu­sieurs endroits de la planète et dans une période courte, coïn­ci­dences lin­guis­tiques, etc. Quelques exemples his­to­riques peuvent suffire à convaincre le lecteur (mais il sera très apte à en trouver de nom­breux autres, dans l’histoire comme dans l’actualité). Nous nous concen­trerons sur une période rela­ti­vement bien connue, pleine de bou­le­ver­se­ments, le début du XXème siècle. Nous mon­trerons que les deux guerres mon­diales ont joué le rôle de « cata­ly­seurs » pour le progrès tech­no­lo­gique. Inver­sement, les deux guerres mon­diales n’auraient sans doute pas pris cette ampleur et cette tournure sans la récente invention de l’aviation, de l’automobile, de la radio et des ordi­na­teurs au début des années 1900

  • Pierre et Marie Curie n’auraient jamais découvert la radio­ac­tivité s’ils n’avaient laissé une nuit la bobine d’un appareil pho­to­gra­phique près d’un morceau d’uranium (18671934). Sa décou­verte fut essen­tielle pour les travaux sur l’atome et pour l’invention de la bombe ato­mique par Albert Ein­stein (18791955) lors de la seconde guerre mon­diale. Signalons par ailleurs que Pierre Curie est mort écrasé par un attelage et que Marie Curie est morte des effets à long terme de la radio­ac­tivité. Elle venait de découvrir à ses dépends les effets des "rayons ura­niques" sur la santé. Ura­nique vient de Uranus. Or, cette planète fut décou­verte en 1781, à l’aube de la révo­lution fran­çaise. En astro­logie, Uranus est liée au signe du Verseau. Elle entre dans cette constel­lation en 1996. Or, la fin du XXème siècle cor­respond effec­ti­vement à l’entrée dans l’ère du verseau au niveau astro­no­mique (la pré­cession des équi­noxes a lieu environ tous les 2000 ans).
  • En 1927, Alexander Fleming (18811955) [13] se repro­duisait donc au moment d’un nouveau « saut tech­no­lo­gique », celui du mur du son. Apollo 8 fut lancée après l’accident de 1967 et sym­bolisa un nouveau départ, puisqu’elle atteignit la Lune et tourna autour. Ce fut la deuxième retrans­mission mon­diale d’un événement télévisé, après celui des jeux olym­piques de l‘Allemagne nazie.
  • Après la seconde guerre mon­diale, les savants alle­mands sont en exil. Les Amé­ri­cains récu­pèrent les ingé­nieurs et les Russes récu­pèrent les tech­ni­ciens. Les Russes et les Amé­ri­cains se lancent dans la course aux étoiles. Ils uti­lisent pour cela le moteur que les Alle­mands met­taient au point à la fin de la guerre pour bom­barder l‘Angleterre.
  • Les Russes lan­cèrent le Spoutnik et les Amé­ri­cains eurent peur que les satel­lites russes ne se trans­forment en bom­bar­diers (selon le plan ori­ginel des Alle­mands). Kennedy déclare que l’homme (amé­ricain) atteindra la Lune avant 10 ans. Entre 1961 et 1966, les progrès sont consi­dé­rables. Ils n’auraient jamais été pos­sibles sans la guerre froide.
  • En 1972, les tran­sistors minia­tu­risés et ras­semblés consti­tuèrent la pre­mière "puce" ou micro­pro­cesseur. IBM [14], qui avait également profité des connais­sances alle­mandes, déve­loppe les micro­pro­ces­seurs mais son PDG estime que l’idée d’un ordi­nateur per­sonnel est une utopie. Il range le projet dans un tiroir. Il faudra attendre la géné­ration issue du mou­vement hippie pour que Bill Gates rende l’utopie réa­liste. Il déve­loppe le projet de l’ordinateur per­sonnel en même temps que d’autres cher­cheurs pensent à déve­lopper un logiciel de trai­tement de texte et un autre de comp­ta­bilité. Ainsi, très vite, l’ordinateur a touché tout les activités.
  • Les réseaux d’ordinateurs existent depuis les années 1970. Au départ, une cin­quan­taine d’ordinateurs étaient reliés. Leurs uti­li­saient les uti­li­saient pour com­mu­niquer. C’étaient les pre­miers e-​​mails. On chercha un système commun. Ce fut le pro­tocole Internet. Il entra offi­ciel­lement en activité le 1er janvier 1980. Dix ans après il contenait déjà 100 000 sites. Rela­ti­vement com­plexe au départ, il n’aurait jamais pu se déve­lopper sans l’invention, un, du lien hyper­texte, deux, d’une interface gra­phique, trois, du pro­tocole world wide web (www) par les Suisses. C’était en 1992. Pendant deux ans, ils eurent beaucoup de mal à convaincre de son utilité. Puis tout a basculé : ils n’avaient plus à vendre leur idée, juste à coor­donner l’enthousiasme montant.
  • La question qui se posait à l’époque concernait l’utilisation de l’Internet : devait-​​il pro­fiter à la recherche scien­ti­fique, au com­merce ou à l’Etat ? Lequel domi­nerait des trois ? La pre­mière pos­si­bilité est remise en cause par la concur­rence écono­mique, qui tend à garder secrètes cer­taines infor­ma­tions à débouché com­mercial. La seconde pos­si­bilité semble aujourd’hui l’avoir emporté, même si les hackers forment une poche de résis­tance encore mal soudée. La troi­sième pos­si­bilité n’a pas pris la forme de "ser­vices publiques" d’abord escomptée, elle est devenu sys­tèmes d’écoutes des e-​​mails, espionnage infor­ma­tique, inter­diction des clefs cryp­tages trop com­plexes (sous pré­texte de lutter contre le ter­ro­risme), etc. Le système Echelon (USA, Angle­terre, Aus­tralie…), le système Aus­kansus (son équi­valent français) rejoignent parfois - souvent - la pos­si­bilité com­mer­ciale, puisque leurs infor­ma­tions peuvent être achetées. On voit sur le Net se qui se passe sur le monde. Le Net n’est pas seulement une vitrine (au sens com­mercial), c’est aussi un miroir de notre propre monde. Il n’est donc pas étonnant qu’on puisse y voir nombre de coïn­ci­dences entre ce qui est dit sur le Net et ce qui se passe dans la réalité. On trouvera cependant nombre de coïn­ci­dences entre les déve­lop­pe­ments des sites, de pro­grammes et de concepts originaux…
  • Internet a com­mencé à se déve­lopper avec la mul­ti­pli­cation des sites por­no­graphie. Le goût pour la por­no­graphie a ainsi servi d’amorce pour un nouveau média, comme elle avait déjà servi pour le déve­lop­pement du magné­to­scope et de la cas­sette vidéo à usage per­sonnel. On remar­quera que le premier et le plus utilisé des moteurs de recherche pour nom Yahoo ! qui signifie "brute" pour un Anglais du siècle de Jonathan Swift (XVIIIème siècle), l’auteur des Voyages de Gul­liver, où il avait utilisé ce nom pour désigner les hommes sau­vages, égoïstes et luxu­rieux de son his­toire… [15]

On peut ajouter deux "coïn­ci­dences" pro­venant de la vie du per­sonnage prin­cipal de la seconde guerre mon­diale, Adolf Hitler. Quand le per­sonnage est his­to­rique, peut-​​on dire que des coïn­ci­dences de la vie sont des coïn­ci­dences pour l’histoire ?

En 1910, on sait par un témoi­gnage qu’Adolf Hitler est allé voir un film qui l’a beaucoup marqué, Le Tunnel, oeuvre du cinéaste juif Kurt Bern­hardt, d’après le roman de Kel­lermann, mot qui signifie l’homme de la cave en allemand Voir [16]. Or, à la fin de la deuxième guerre mon­diale, Hitler était contraint, par le bom­bar­dement per­pétuel de l’Allemagne, à s’enterrer, jusqu’à la mort, dans un bunker, à seize mètres sous terre, devenant ainsi l’homme de la cave (le Kellermann).

Hitler souf­frait en outre de maladies ner­veuses et gas­triques. Son médecin, le Dr Morell, le gavait de drogues et avait expé­ri­menté sur lui vingt-​​huit méde­cines, dont la plupart de sa fabri­cation. Il lui admi­nis­trait notamment les pilules antigaz du Dr Koesler, un véri­table poison composé de bel­ladone et de strychnine. Un remède empoi­sonné pour un homme qui asphyxiait son entourage… Au-​​delà du jeu de mot, il y a une vérité psy­cho­lo­gique : Hitler avait véri­ta­blement peur d’être asphyxié, il était claus­tro­phobe. Sa hantise était d’être enterré vivant dans un bunker - ce qui se réalisa. Coïncidence ?

En outre, pendant la Deuxième Guerre mon­diale, la B.B.C. com­mençait chaque soir ses émis­sions par le célèbre pan-​​pan-​​pan-​​pan de la Ve sym­phonie de Bee­thoven, alors que pan-​​pan-​​pan-​​pan signifie "vic­toire" en morse. Coïn­ci­dence ou prémonition ?

Nous laissons ces faits à votre inter­pré­tation. Peuvent-​​ils servir d’indices ? Peut-​​on en trouver d’autres ? Nous pensons que oui. L’analogie holo­gra­phique peut servir d’explication, ou sim­plement de modèle, mais il pourrait être également inté­ressant d’entreprendre une recherche entière sur les "clins d’œil de l’histoire".

Parmi ceux-​​ci, nous pouvons émettre deux pistes de recherche :

  • une recherche his­to­rique : sur les recherches scien­ti­fiques, les décou­vertes archéo­lo­giques, les thèmes artis­tiques, les séries de catas­trophes…
  • une recherche mytho­lo­gique : l’identité des contes et des légendes, des noms de lieux, des mythes ori­ginels, des rôles des dieux, des propos reli­gieux et ésotériques…

Sur la pre­mière piste, nous pouvons par exemple indiquer les écrits de Jules Vernes, les décou­vertes de Pasteur [17] et les pré­mo­ni­tions de cer­tains voyants sur le sort du Titanic et sur la des­cription de la surface de Mars. Que l’avenir soit déjà écrit n’implique pas en effet que les indi­vidus aient la pos­si­bilité de le connaître. Cela par contre s’explique si l’histoire n’est pas linéaire, si le pré­sente reflète l’avenir à cer­tains points où le présent et l’avenir sont proches, comme deux bulles en contact.

Sur la seconde piste, nous pouvons également ren­voyer le lecteur aux livres traitant de la spi­ri­tualité, du progrès de l’humanité ou de la notion de "bien" comme de propos par­tagés à dif­fé­rentes époques et par dif­fé­rents hommes, ce que d’aucuns nomment la Phi­lo­sophia per­ennis [18] .

L’universalité de ces propos ne signifie pas néces­sai­rement qu’ils soient vrais : on peut seulement dire qu’ils ont émergés partout sur terre, à des époques iden­tiques le plus souvent. Que ces idées se soient répandues attestent de la réalité de ces idées, au sens pla­to­nicien du terme. Leur uni­ver­salité attestent donc bien d’une réalité, mais non pas d’une vérité.

Pour Kant, cela ne ferait pas de dif­fé­rence : du moment que tout le monde croit que la vie a un sens, la vie a véri­ta­blement un sens. De même pour l’histoire : agir en fonction d’un futur, c’est créer ce futur. Les idées ne devien­draient donc réelles ou vraies que par le biais des êtres humains et de leurs choix.

Cependant, l’homme choisit selon les idées qu’il a du monde et de la vie. Choisit-​​il vraiment ? Si ce n’est pas le cas, qui choisit pour lui ? Les idées peuvent-​​elles vouloir ? Qui invente les idées ? D’où viennent-​​elles ? Où vont-​​elles ? Nous ne pré­tendons pas répondre à toutes les questions.


[1] Ce phé­nomène est connu sous le nom de pré­cession des équi­noxes en astromie. Il s’agit d’un cycle d’environ 26000 de l’axe Soleil-​​​​Terre dans les 12 constel­la­tions du zodiaque. Le Soleil reste environ 2160 ans dans chaque constel­lation (selon la taille de la constellation).

[2] Cette infor­mation ne porte pas sur les sym­boles dogons, dis­cu­tables et dis­cutés, mais sur leur mytho­logie qui signale effec­ti­vement un frère jumeau au dieu repré­sentant l’étoile Sirius.

[3] Karl MARX, Capital I, 1867, p. 1150.

[4] Isaac ASIMOV, auteur de science-​​​​fiction et scien­ti­fique, a envisagé cette pos­si­bilité dans son cycle Fon­dation, faisant état d’une com­mu­nauté de scien­ti­fiques capables de prévoir, long­temps à l’avance, les sou­bre­sauts de l’humanité.

[5] Les frac­tales de MAN­DELBROT sont par­venus à donner un statut mathé­ma­tique à l’évolution du cours de la bourse. Ces frac­tales, s’ils per­mettent d’expliquer ce "chaos" apparent, ne per­mettent cependant de prédire qu’elle sera son évolution future. La nuance est impor­tante et appar­tient à une nou­velle branche des mathé­ma­tiques (orienté vers la géo­métrie et la topo­logie) repré­sentée par René THOM (médaille Fields 1958), voir Prédire n’est pas expliquer, Flam­marion, 1991.

[6] Voir François-​​​​Xavier CHE­VALLIER, Le bonheur écono­mique, Albin Michel, 1998.

[7] On pourrait également donner l’exemple d’autres cycles, comme le cycle de Kitchin (cycle de 40 mois) lié aux stocks aux USA. Ce cycle ne s’appliquera cependant que dans des cir­cons­tances écono­miques par­ti­cu­lières (celle du zéro-​​​​stock actuel­lement), ce qui signifie que d’autres cycles plus large (cer­tains avancent un cycle de 250 ans) pour­raient gérer le bas­cu­lement d’un type d’économie à une autre. On notera également un cycle plus long que cycle de Kitchin et plus court que celui de Kon­dra­tieff, le cycle intra­dé­cennal, appelé Juglar, mesurant entre 8 et 11 ans. Ces der­niers cor­res­pondent à des sin­gu­la­rités non visibles (Marx dirait acci­den­telles) qui à terme pro­voque les effets les plus visibles sur le plan écono­mique (comme une révo­lution indus­trielle ou un crash boursier).

[8] François-​​​​Xavier CHE­VALLIER, Le bonheur écono­mique, Albin Michel, 1998, p. 26.

[9] Les cycles les plus signi­fi­catifs sont ceux de 2000 (lié à la pré­cession des équi­noxes de 2160 ans), 250 et 60 ans (environ). Ces cycles de 60ans (les cycles de Kron­dra­tieff) sont eux-​​​​mêmes constitués de trois cycles décalés d’environ 7 ans, ce qui donne un total de 5 phases.

[10] Faut-​​​​il rap­peler que le cycle mens­truel de la femme suit le cycle lunaire de 28 jours, que les marées et la crois­sance des plantes dépend de la lune, que le climat ter­restre dépend du cycle des érup­tions solaires, etc. ?

[11] Les remarques au propos des cycles, en effet, ne cesse de s’accumuler. Voir en par­ti­culier Irving FISCHER, 1933 ; Gaston IMBERT, 1959 ; et Manfred NEUMANN, 1997.

[12] Plus de détails sur http://​jeanzin​.fr/​e​c​o​r​e​v​o​/​p​o​l​i​tic/c… (j’ai modifié la colonne V après quelques recherches).

[13] Son nom est resté célèbre, bien qu’il ait obtenu le prix Nobel avec ses deux com­pa­gnons et confrères, Florey et Chain. Fleming en effet a découvert les pro­priétés anti­bac­té­riennes de la péni­cilline, tandis que Floray et Chain ont inventé un procédé indus­triel de fabri­cation. Pendant leur expé­ri­men­ta­tions, ils mas­sa­crèrent des dizaines de chiens… Des­cartes également avait fait des expé­riences sur des chiens. Il les pra­ti­quait à vif, puisque les animaux n’avaient pas d’âme…] oublie des bac­téries sur des plaques qu’il retrouve noircies au retour de ses vacances. Il ne serait pas parti en vacances que les plaques n’auraient pas changé d’aspect. C’est donc par "chance" qu’il découvre autour des plaques des sta­phy­lo­coques dorés. A partir d’un cham­pignon avec lequel ils étaient en contact, les sta­phy­lo­coques ont produit de la péni­cilline. Cette décou­verte allait être pri­mor­diale sur les champs de bataille de la seconde guerre mon­diale, puisque la péni­cilline ne tue que les bac­téries dans le sang. Elle arrête ainsi le déve­lop­pement des maladies et la trans­for­mation des plaies en gan­grènes. Pourtant, quand la guerre arrive, Florey et Chain cherchent à pro­duire la péni­cilline décou­verte par Fleming, mais ils en sont inca­pables, la formule est perdue. Mais par un heureux hasard, Fleming s’aperçoit qu’il avait gardé - pendant 11 ans - un échan­tillon de sta­phy­lo­coques dorés… L’histoire ne s’arrête pas là : les sta­phy­lo­coques dorés en main, ils leur man­quaient encore le cham­pignon. Or, un jour, une labo­rantine, une dénommée Marie, revient du marché avec un melon pourri. Florey et Chain l’analyse et découvre qu’il s’agit de la même famille de cham­pi­gnons qu’avait utilisé Fleming ! La pro­duction va pouvoir com­mencer et des mil­liers de vies vont être sauvées. Dès lors, tout le monde sur­nomma Marie, Marie Melon. Ceci est une histoire vraie.

  • La radio, l’automobile et l’aviation ont été inventé aux débuts du XXème siècle, juste avant les deux guerres mon­diales. L’aviation a été inventé simul­ta­nément en France et aux Etats-​​​​Unis. Les deux guerres mon­diales ont donc pu uti­liser à la fois la radio, les tanks et les avions. La radio était une condition générale. Elle per­mettait le guidage des avions (atter­ris­sages, vol de nuit) et des mis­siles. Elle per­mettait également une coor­di­nation des actions et des dépla­ce­ments à grande échelle. La guerre pouvait donc être mon­diale. La radio est également le moyen qu’utilise De Gaule pour coor­donner les actions de la Résis­tance et pour annoncer la libé­ration de la France, et, ce faisant, l’arrivée des Etats-​​​​Unis en Europe. L’utilisation accrue des ondes radios devait per­mettre par la suite le déve­lop­pement des ordi­na­teurs en réseaux, le déve­lop­pement des réseaux per­mettant à son tour le déve­lop­pement des ordinateurs…
  • Le déve­lop­pement de la radio et de l’ordinateur sont néces­saires pour l’invention du modem, qui allait servir pour les trans­mis­sions des avia­teurs anglais durant la seconde guerre mon­diale. Cette invention leur donna l’avantage sur les avia­teurs Alle­mands, à la fois pour défendre leur pays et pour bombarder Berlin.
  • Le premier ordi­nateur, l’ordinateur Willmore, appar­tenait à un projet d’études qui aurait dû être arrêté s’il n’avait trouvé usage à des simu­la­tions pour l’aviation au début de la pre­mière guerre mondiale.
  • La seconde guerre mon­diale conduisit à la construction d’un ordi­nateur de 250 tonnes, dénommé Sage.
  • Dans les années 50 et 60 aux Etats-​​​​Unis, les néces­sités comp­tables pous­sèrent à l’utilisation des ordi­na­teurs comme puis­santes machines à cal­culer. Les ordi­na­teurs avaient fait leur appa­rition dans les entreprises.
  • On peut constater avec ironie que la machine qui est censée se sub­stituer à l’écriture manuelle s’est déve­loppée de la même manière que l’écriture : pour une question de comp­ta­bilité. Les lettres ont d’abord était des chiffres avant d’être des lettres. En hébreu et en grec, par exemple, chaque lettre équivaut à une quantité, entre un et plu­sieurs cen­taines. Aujourd’hui, les lettres qui appa­raissent à l’écran d’un ordi­nateur sont codés par un certain nombre de bits, par des 0 et des 1
  • La guerre pro­duisait plus d’avions que d’aviateurs. Il fut donc décidé d’utiliser des cava­liers, à la fois pour leur maî­trise du stress et pour leur habitude de se déplacer par "pro­cu­ration". Or, le cheval devait jus­tement dis­pa­raître au profit de l’automobile quelques années plus tard…
  • Un des cos­mo­nautes d’Apollo 8, Bill Anders, faisait aupa­ravant partie de la cava­lerie, comme nombres d’aviateurs avant lui, avant de maî­triser le stress des avions super­so­niques. L’usage des cava­liers dans l’aviation [[Le cheval est un symbole qui peut être pris soit posi­ti­vement (le cen­taure est un gué­risseur) soit néga­ti­vement (le cheval est porteur de mort). Voir Ency­clo­pédies des sym­boles, sous la direction de Michel Cazenave, Le livre de poche, La pocho­thèque, Ency­clo­pédies d’aujourd’hui, 1996, p. 128.

[14] En décalant d’une lettre en arrière les lettres d’IBM, on obtient HAL, le nom de l’ordinateur intel­ligent dans 2001, l’Odyssée de l’espace…

[15] Jonathan Swift connaissait par­ti­cu­liè­rement bien la nature humaine pour avoir exercé les métiers de diplomate, de pré­cepteur et de prêtre avant de devenir écrivain.

[16] Alan BULLOCK, Adolph Hitler, Edi­tions Marabout. Hitler raconta à l’un de ses amis dénommé Hanish combien ce film l’avait impressionné.

[17] C’est en étudiant l’effet de la lumière sur des com­posés chi­miques, que Pasteur (18221895) fut amené a étudié des bac­téries. Comme il ensei­gnait dans la ville indus­trielle de Lille, Pasteur décida d’étudier la fer­men­tation de la bet­terave et du blé qui étaient uti­lisée pour la fabri­cation d’alcools. à la fabri­cation. C’est en mettant au point une méthode, en 1865, pour empêcher le vin d’agir, que le chi­miste Pasteur découvrit le procédé qui allait porter son nom, apportant ainsi une remar­quable décou­verte pour la bio­logie et la médecine. Il fut à l’origine d’une nou­velle science, la bio­chimie, et du début de l’interdisciplinarité métho­dique. Il ouvrit également la voie à une autre dis­ci­pline, la bac­té­rio­logie. Pasteur ali­menta également les débats sur la genèse de la vie, en prouvant qu’il n’y avait pas de "géné­ration spon­tanée" (puisque les bac­téries étaient partout pré­sentes). Il tra­vaillait en effet à Paris (18611864) quand la question était des plus brû­lantes, dans les cercles uni­ver­si­taires comme dans le grand public. Les décou­vertes de Pasteur ont appa­remment dépendu des débats de son époque, du lieu où il habitait, de ses succès et de ses échecs. Ces recherches de départ n’étaient pas du tout iden­tiques à celles qui devaient rendre son nom célèbre. Ses décou­vertes semblent être un concours de cir­cons­tances, et en même temps il semble qu’elles n’auraient pas pu avoir lieu autrement. Il fallait qu’il cherche pour de mau­vaises raisons pour qu’il trouve ce qu’il ne cher­chait pas…

[18] Voir Aldous HUXLEY, La phi­lo­sophie éter­nelle, 1945, Libraire Plon, Points, Sagesses, 1948, Edi­tions du seuil, 1977. Le terme de Phi­lo­sophia per­ennis est une formule de Leibniz.


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