Les mystères de Venise

samedi 28 décembre 2013
par  Neimad
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Venise est une ville éton­nante. Bâtie au milieu des lagunes, refuge contre l’invasion des Huns après la chute de l’Empire romain, puis­sance maritime qui avait envahi une partie de l’Italie au 14e siècle, cité flo­ris­sante au 15e et au 18e siècle, Venise est située au nord-​​est de l’Italie, au confluent de l’Orient et de l’Occident, à mi-​​chemin entre le Vatican et Constantinople.

Venise s’est enrichie par le com­merce, jusqu’à ce que les navi­ga­teurs espa­gnols trouvent un moyen de contourner l’Amérique du Sud pour rejoindre la Chine et l’Inde [1]. Venise subit le même sort que Pétra avant elle et finit par décliner [2], jusqu’à tomber aux mains de Napoléon en 1797 et à être donnée à l’Autriche en 1815 [3].

Venise était gou­vernée par une série d’institutions qui devaient éviter l’installation d’une dic­tature (ce en quoi elle a réussi, d’ailleurs). Elle accueillit des hommes de toutes natio­na­lités, parmi les­quels des Juifs alle­mands qui s’installèrent dans le quartier des forges, dans ce qui devint bientôt le premier "ghetto" de l’Histoire. Elle accueillit aussi des armu­riers alle­mands qui finan­cèrent la construction d’une église luthé­rienne (la Scuola dell’Angelo Custode) sur laquelle on peut voir des sym­boles maçonniques…

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… mais aussi sur le fronton de l’Eglise de la Maddalena :

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A Venise, il suffit souvent de lever la tête pour voir des sym­boles ésotériques :

  • le lion ailé, qui est le symbole de la cité de Venise que l’on retrouve sur tous les murs et sur de nom­breux bibelots vendus aux tou­ristes, direc­tement lié à la repré­sen­tation de l’Evangéliste dans l’Apocalypse, mais que per­sonne ne pense à com­parer au sphinx (on retrouve pourtant une repré­sen­tation du sphinx féminin, la sphinge, dans une des églises de Venise)
  • les signes astro­lo­giques repré­sentés dans le cadran de la Tour de l’Horloge mais aussi d’autres hor­loges, compris dans des églises
  • les animaux en cercle qui se mangent mutuel­lement, tel que l’oiseau et le poisson, repro­duisant ainsi le symbole de l’Ouroboros

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  • l’association dans la même sculpture du lion et du serpent, animaux que l’on retrouve dans de nom­breuses légendes égyp­tiennes [4]

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  • le serpent au pied des dieux grecs peints dans le Palais des doges
  • les dragons repré­sentés sous le pied ou sous la lance de St Georges, le dragon tenant dans sa gueule des para­pluies dans un angle de rue, mais aussi les griffons repré­sentés aux pieds d’une sculpture en fer à la Basi­lique Santa Maria

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  • l’aigle bicé­phale en fer forgé visible au Palais des Doges (il s’agit d’un symbole alchi­mique repré­sentant l’union du matériel et du spi­rituel au sein d’une sub­stance volatile - un oiseau - qui rejoint le ciel [5])
  • le tombeau de Canova en forme de pyramide par­faite (équi­la­térale) dans l’église Santa Maria Glo­riosa dei Frari (ou église des Frari)

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  • les maquette du Musée Corréo qui montrent que les Véni­tiens s’amusaient autrefois à grimper les uns sur les autres, à l’aide planches main­tenues sur leurs épaules, pour former des pyra­mides humaines
  • plan de l’église "San Fran­cesca della Vigna" établi à partir de la "divine pro­portion", celle du nombre d’or (j’y ai res­senti une grande impression d’équilibre et de paix avant même de le savoir) [6], etc.

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Près du Pont du Rialto, vous trou­verez au-​​dessus de deux anciennes phar­macies, dis­tantes de plu­sieurs rues, une tête d’homme recouvert de feuilles d’or, la fameuse Tête d’Or, en face de l’église San Bar­to­lomeo, et une tête de femme en pierre, dit "Tête de la vieille femme" dans la corte del Teatro. Le visage ne paraît pas vieux, mais peut-​​être cet adjectif fait-​​il réfé­rence à l’ancienneté de cette sculpture ou à celle de la divinité qu’elle représente ?

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Dans les guides de voyage, on cite rarement ces curio­sités, et quand on le fait, on les traite sépa­rément, en expli­quant que la Tête d’Or, pourtant peu visible de l’aveu même des guides, était là pour faire connaître le nom de la phar­macie "Alla testa d’oro" à la popu­lation encore lar­gement anal­phabète. Certes, mais pourquoi avoir choisi ce nom ?

Quand on compare les deux têtes, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un homme dans un cas, d’une femme dans l’autre, d’une couleur or comme le soleil dans un cas, d’une couleur grise dans l’autre avec une coupe de cheveux en forme de croissant, et que la Tête d’Or se trouve à l’est, du côté où se lève se lève, alors que la tête de pierre se trouve à l’ouest, à l’endroit où le soleil se couche et où la lune se lève… Bref, vous l’aurez compris, ces deux têtes sym­bo­lisent le Soleil et la Lune. Comment les guides peuvent-​​ils être à ce point aveugles ? Il faut peut-​​être prendre au sérieux ces sym­boles ésoté­riques et prendre le parti que les hommes de la Renais­sance pos­sédait un certain savoir ésoté­rique (ou alchi­mique) et qu’ils ne fai­saient pas les choses au hasard.

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Reste la question de savoir pourquoi ces deux têtes se trouvent au-​​dessus de phar­macie. A Venise, les phar­macies étaient des établis­se­ments régle­mentés, car les phar­ma­ciens pro­dui­saient leurs propres remèdes, en par­ti­culier le Théa­riaque (la "Teriaca" en italien), un remède dit "mira­culeux", à base d’opium et de plu­sieurs dizaines d’autres sub­stances (de 20 à 50 sub­stances selon les recettes). Nous retrouvons ici la quête de l’immortalité, chère à l’alchimie.

Nul doute qu’il existe de nom­breux autres mys­tères à Venise que nous vous invitons à par­tager sur ce site.

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Le monde est étrange, vous ne trouvez pas ?


[1] En 1520, Fernand de Magellan passe entre la pointe du continent sud-​​​​américain et la Terre de Feu par ce qui s’appelera le "Détroit de Magellan" pour atteindre l’Indonésie…

[2] De manière iro­nique, la décou­verte du Véné­zuela en 1499 - Vene­zuela signifie "Petite Venise" en espagnol - coïncide avec la fin de la position cen­trale de la cité véni­tienne dans les échanges com­mer­ciaux avec l’Orient

[3] Après avoir été donnée une pre­mière fois à l’Autriche en 1805 contre la Bel­gique puis reprise par le même Napoléon jusqu’à 1815. Ainsi bal­lottée de main en main comme un vul­gaire chiffon, ces échanges marquent la fin des cités indé­pen­dantes d’Italie et le début de l’ère des Nations…

[4] La légende de la Loin­taine ; l’affrontement d’Apophis et de Bastet ; le dieu Ape­demak au buste de lion et au corps de serpent ; le lion et le serpent sont les deux sym­boles d’Amon-Rê ; le serpent du Pschent et le lion du Sphinx ; etc.

[5] et contrai­rement à ce que dit le panneau expli­catif, ce n’est pas la raison pour laquelle l’aigle est utilisé comme symbole par les Empires - alle­mands, français, amé­ri­cains… - puisque ce n’est jamais un aigle bicéphale

[6] Voir en par­ti­culier cet article de l’Université de Poi­tiers qui montre que Giorgio avait établi le plan de l’église sur le modèle du corps humain, comme le Temple de Louxor selon R.-A. Schwaller de Lubicz : http://​ww3​.ac​-poi​tiers​.fr/​a​r​t​s​_p/b@…


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