Echelon, un réseau d’écoute mondial

mercredi 16 février 2011
par  syagrius
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 Brève explication

Les 22 et 23 février 2000, le Par­lement européen exa­minait un rapport sur le fonc­tion­nement d’un réseau d’écoute anglo-​​saxon Créé aux États-​​Unis pendant la guerre froide pour l’interception des trans­mis­sions mili­taires ou diplo­ma­tiques, Echelon est un réseau capable de sur­veiller toutes les télé­com­mu­ni­ca­tions mon­diales (appels télé­pho­niques, télé­copies, mes­sages transmis par Internet).

L’agence res­pon­sable de ce pro­gramme, la NSA (National Security Agency) emploie en Vir­ginie 38 000 per­sonnes, qui traitent les infor­ma­tions inter­ceptées via des dizaines d’ordinateurs Super Cray. Celles-​​ci sont décryptées puis fil­trées grâce à des dic­tion­naires de mots-​​clés per­for­mants. Des sur­veillants des ser­vices secrets sélec­tionnent les mes­sages inté­res­sants et les envoient au gou­ver­nement amé­ricain. D’où l’information part ensuite vers les ser­vices spé­ciaux amé­ri­cains ou étrangers et cer­taines entreprises.

Selon la NSA, ce réseau a pour seule mission de sécu­riser les com­mu­ni­ca­tions des Amé­ri­cains. Mais il est aujourd’hui soup­çonné d’espionnage indus­triel. Quant à nos conver­sa­tions privées, elles lui sont également acces­sibles. L’un des maillons essen­tiels du réseau anglo-​​saxon Échelon, Benhall Site, est situé à Chel­tenham (Grande-​​Bretagne).

Ces sources mul­tiples sont ensuite indexées et peuvent être recher­chées par mots clés comme sur un moteur de recherche du Web. Les pre­miers moteurs de d’indexation et de recherche sont d’ailleurs issus du monde du ren­sei­gnement. Il semble que les "clients" d’Echelon trans­mettent à la NSA les mots, phrases ou noms propres cor­res­pondant à leur requête et reçoivent en réponse les trans­crip­tions répondant aux critères.

En d’autres termes, le projet aurait recours à la tech­no­logie dite des "agents intel­li­gents", les infor­ma­tions n’étant pas sto­ckées dans une base cen­trale mais direc­tement expé­diées au service demandeur.

Si la tech­nique est connue pour les com­mu­ni­ca­tions tex­tuelles, des points d’ombre demeurent sur les conver­sa­tions orales. On affirme qu’Echelon peut iden­tifier des voix et que le système peut rechercher, plutôt que des mots clés, un individu par­ti­culier. De plus, au vu des nou­veaux sys­tèmes d’indexation auto­ma­tique de vidéos et de sons, on peut se demander s’ils sont uti­lisés dans le Projet Echelon, très cer­tai­nement en avance sur son secteur. Des sys­tèmes com­mer­cia­lisés actuel­lement peuvent par exemple tra­duire en texte une com­mu­ni­cation orale, faci­litant d’autant l’indexation.

 Historique

Le jour­na­liste bri­tan­nique Duncan Campbell enquête sur le réseau Echelon depuis plus de 10 ans. Il réaf­firme que "toutes les com­mu­ni­ca­tions élec­tro­niques, télé­pho­niques et par fax en Europe sont quo­ti­dien­nement inter­ceptées par la NSA" grâce aux satel­lites espions et aux sta­tions ter­restres du réseau Echelon, système d’espionnage piloté par les ser­vices secrets des États-​​Unis, de la Grande-​​Bretagne, du Canada, de l’Australie et de la Nouvelle-​​Zélande.

Campbell précise dans son nouveau rapport que "de nou­velles preuves sont apparues", tendant à démontrer "qu’une partie de la vocation des ins­tal­la­tions d’Echelon (NDR : à l’origine purement mili­taire) est aujourd’hui com­mer­ciale". Et le jour­na­liste de men­tionner plu­sieurs firmes –Airbus Indus­tries et Thomson CSF, entre autres-​​ qui ont été au centre de dif­fé­rentes opé­ra­tions d’espionnage indus­triel ces der­nières années.

L’existence de ces grandes oreilles anglo-​​saxonnes est connue depuis de longs mois (RFI y a consacré ce dossier en février 99) mais ne trouve, para­doxa­lement, un écho diplo­ma­tique que depuis la publi­cation du nouveau rapport Campbell.

Le porte-​​parole de la Com­mission Euro­péenne se dit pré­occupé, la Pré­si­dente du Par­lement, Nicole Fon­taine, scan­da­lisée. Louis Michel, chef de la diplo­matie belge, en oublie son langage de diplomate pour fus­tiger "une situation inac­cep­table" et menacer de tirer " les conclu­sions néces­saires en matières de poli­tique étrangère". L’ancien ministre français de la défense, Paul Quilès, réclame de son côté l’ouverture d’une com­mission d’enquête parlementaire.

Autant de prises de position qui ont conduit Tony Blair à sortir de son silence embar­rassé sur la question pour assurer que le Royaume-​​Uni n’avait jamais trahi ses alliés euro­péens en col­la­borant avec les États-​​Unis dans le réseau Echelon. Dif­ficile à croire.

 L’histoire du réseau

1947/​48 - Le pacte UKUSA est prorogé. Ce pacte secret conclu, pendant la Seconde Guerre mon­diale, entre la Grande-​​Bretagne et les Etats-​​Unis, organise la col­la­bo­ration des ser­vices de ren­sei­gnement des deux pays dans le domaine de l’espionnage des télé­com­mu­ni­ca­tions. Le Canada, l’Australie et la Nouvelle-​​Zélande se joignent à ce pacte de coopé­ration et d ’échange des infor­ma­tions recueillies. Cibles prin­ci­pales : l’URSS et les pays communistes.

1952 - Aux Etats-​​Unis, création de la NSA (National Security Agency) par une directive du pré­sident Truman. La NSA est chargée, au sein des ser­vices de ren­sei­gnement, des opé­ra­tions SIGINT (signal intel­li­gence), c’est à dire de l’espionnage élec­tro­ma­gné­tique (sur­veillance des liaisons radios, des émis­sions radar, des télé­com­mu­ni­ca­tions, etc.) et de la conception des sys­tèmes de codage et de cryptage des­tinés à assurer la confi­den­tialité des com­mu­ni­ca­tions du gou­ver­nement, des diplo­mates et des mili­taires américains.

1966 - La NSA prend le contrôle de la base de Menwith Hill (nord de l’Angleterre) qui était jusque là dirigée par l’armée amé­ri­caine. Elle en fera la plus grande station d’interception du monde.

1985/​87 - Projet de création d’un réseau mondial de sur­veillance des télé­com­mu­ni­ca­tions révélé par le jour­na­liste bri­tan­nique Duncan Campbell. Le principe du projet F 415 est de relier entre elles, grâce à de puis­sants ordi­na­teurs, les dif­fé­rentes bases d’interception des pays du pacte UKUSA qui sont dis­sé­minées à travers le monde.

1989 - La chute du mur de Berlin entraîne la redé­fi­nition des prio­rités stra­té­giques des Etats-​​Unis. La conquête des marchés mon­diaux est désormais l’objectif majeur.

1996 - Le néo-​​zélandais Nicky Hager met en évidence l’existence et le fonc­tion­nement du plus grand réseau d’espionnage des com­mu­ni­ca­tions jamais conçu. Il dévoile ce réseau baptisé "Echelon" dans un livre intitulé "Secret power".

1998 - Une étude com­mandée par le Par­lement européen sou­ligne les dangers que fait peser l’activité de ce réseau sur les pays de l’Union euro­péenne et sur leurs entreprises.

 La base de Menwith Hill

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La base de Menwith Hill n’est pas men­tionnée sur les cartes de la région. A partir de Leeds, il faut prendre la direction de Har­rogate. C’est là, au milieu des prés déli­mités par des murs de pierres sèches que s’est établie la plus grande base d’espionnage du monde.

Le site est entouré par une simple clôture grillagée qui semble des­tinée à arrêter les trou­peaux de moutons des alen­tours plutôt qu’à véri­ta­blement pro­téger les 220 hec­tares du site.

Ce qui frappe le plus les visi­teurs, ce sont les immenses boules blanches qui semblent venues d’ailleurs. Les " balles de golf ", comme les appellent les habi­tants de la région, mesurent jusqu’à une ving­taine de mètres de dia­mètre. Il s’agit de radômes, autrement dit de struc­tures creuses qui abritent des para­boles de réception satellitaire.

Les 28 globes blancs pro­tègent donc autant de para­boles contre les effets du vent, de la pluie et de la neige, mais aussi contre les regards indis­crets. Il est impos­sible pour les auto­mo­bi­listes qui longent la base de voir dans quelle direction sont pointées ces antennes-​​satellite. Impos­sible également de deviner ce qui se passe à l’intérieur du bâtiment à demi enterré où se trouvent les postes de com­mande et de contrôle de la base.

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L’accès à la base de Menwith Hill de la RAF (Royal Air Force) est gardé par des poli­ciers en arme et stric­tement contrôlé. Mais en dépit de sa déno­mi­nation offi­cielle, la plupart des 2.000 per­sonnes qui tra­vaillent ici ne sont pas bri­tan­niques. Dans cette base, contrôlée depuis 1966 par la NSA (National Security Agency), les plus nom­breux sont les citoyens amé­ri­cains, civils et militaires.

C’est d’ailleurs un officier de l’armée amé­ri­caine qui com­mande ce site baptisé " base F83 " par les experts en ren­sei­gnement élec­tro­nique de la NSA.

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Menwith Hill est la plus grande base d’espionnage du monde, mais elle n’est pas la seule. A Pine Gap, en Aus­tralie, une ins­tal­lation du même type a été mise en place par la NSA pour sur­veiller les télé­com­mu­ni­ca­tions dans l’hémisphère sud.

Les acti­vités pré­cises de la base de Menwith Hill demeurent en grande partie mys­té­rieuses. Quelques par­le­men­taires bri­tan­niques ont bien tenté d’interpeller leur gou­ver­nement bri­tan­nique pour connaître le statut et rôle de la base, mais la réponse a tou­jours été iden­tique : "nous ne pouvons pas répondre, c’est une question de sécurité nationale".

L’ asso­ciation, la CAAB (Cam­paign for the Accoun­ta­bility of the Ame­rican Bases) a pu en décor­tiqué cer­tains termes.

Par exemple :

-" Silk­worth " désigne un système de satel­lites posi­tionnés au-​​dessus de pays-​​cibles et qui captent les com­mu­ni­ca­tions micro-​​ondes qui servent notamment de relais à l’extrémité des câbles sous-​​marins à haut débit

-" Moon­penny " désigne un pro­gramme d’interception de cer­tains satel­lites de télé­com­mu­ni­cation non-​​américains

-" Runway " reçoit les infor­ma­tions captées par les satel­lites espions Vortex qui écoutent les télé­com­mu­ni­ca­tions relayées par Intelsat

-" Stee­plebush I et II " sont des sys­tèmes infor­ma­tiques sophis­tiqués qui ras­semblent toutes les données recueillies par les dif­fé­rents programmes

Cependant les acti­vités de la base ne tournent pas seulement autour de l’espionnage au sens où on l’entend habi­tuel­lement. Lors de la guerre du Golfe par exemple, les ins­tal­la­tions de Menwith Hill ont servi à détecter les tirs de mis­siles scud ira­kiens contre l’Arabie Saoudite et Israël. Et ce sont les infor­ma­tions col­lectées par les grandes boules blanches du York­shire du nord qui per­met­taient ensuite de guider les mis­siles anti­mis­siles Patriot.

Sur le site de la NSA Sugar Groove à 300 km au Sud-​​Ouest de Washington, 6 para­boles sont pointées vers l’Europe et l’atlantique.

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 Retard français et européen

La mission d’information par­le­men­taire sur les "sys­tèmes de sur­veillance et d’interception élec­tro­nique pouvant mettre en cause la sécurité nationale" vient de rendre public son rapport (octobre 2000). On constate avec sur­prise l’incroyable mécon­nais­sance des enjeux dans les sphères poli­tiques et écono­miques européennes.

Il a fallut sept mois de travail à cette mission pour confirmer ce que les spé­cia­listes savaient déjà depuis plu­sieurs années, à savoir l’interception sys­té­ma­tiques des com­mu­ni­ca­tions par télé­phone, fax, courrier élec­tro­nique et réseau infor­ma­tique par les Etats-​​Unis. En France, ce n’est qu’en juillet de cette année que la DST a ouvert une enquête offi­cielle sur les acti­vités liées au réseau Echelon. Si la menace n’était pas si grave, on sou­rirait en apprenant que cette enquête pourrait déboucher sur l’ouverture d’une infor­mation judi­ciaire et la dési­gnation d’un juge. Arthur Paecht, le député UDF du Var rap­porteur de la mission d’information euro­péenne, pré­conise une série de mesures dont la libé­ra­li­sation de la cryp­to­graphie et une pro­tection du citoyen européen simi­laire à celle du qua­trième amen­dement de la consti­tution des Etats-​​Unis.

Sans més­es­timer l’importance d’une telle démarche, on peut tou­tefois douter de son effi­cacité. Si elle peut pro­ba­blement déboucher sur une prise de conscience des admi­nis­tra­tions, des entre­prises et des citoyens cela ne veut pas dire que les moyens finan­ciers néces­saires seront dégagés. Et encore, nous ne parlons là que de moyens défensifs alors que les Etats comme les entre­prises doivent aussi être en mesure de mettre en place de véri­table poli­tique de ren­sei­gnement sur ce nouveau théâtre d’opération.

Or les ser­vices de ren­sei­gnement français dis­posent de moyens déri­soires (quelques dizaines de per­sonnes au mieux) par rapport à ceux de la National Security Angency qui emploierait plus de 100.000 per­sonnes et dispose des moyens tech­no­lo­giques les plus modernes. Chaque jour plus de 15.000 inter­cep­tions don­ne­raient lieu à un rapport. Cet outil mis en place lors de la guerre froide a depuis été employé pour la lutte contre le ter­ro­risme, mais aussi et surtout, le soutien aux entre­prises et aux intérêts amé­ri­cains dans le cadre de la mon­dia­li­sation de l’économie, encore accé­lérée par les nou­velles technologies.

Si l’on considère le déve­lop­pement rapide de la cyber­cri­mi­nalité, qu’il s’agisse de pirates pro­fes­sionnels ou ama­teurs tentés par l’exploit (48% des jeunes amé­ri­cains consi­dèrent que le hacking n’est pas un délit), il faut s’attendre a de graves pro­blèmes dans les entre­prises et les admi­nis­tra­tions fran­çaises qui rat­trapent leur retard en matière d’informatique et de réseaux.

 Comment fonctionnent ces " Grandes oreilles "

120 satel­lites espions et quelques sous-​​marins inter­ceptent les mes­sages cir­culant entre satel­lites ou dans des câbles placés sous l’océan (des man­chons équipés de bobines sont placés sur les câbles et captent les champs magné­tiques émis à l’intérieur).

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Ce rôle trouble d’Echelon dans l’espionnage indus­triel est sérieu­sement sus­pecté par Bruxelles depuis sep­tembre 1998. A cette date, le STOA (Scien­tific and Tech­no­lo­gical Option Assesment) pour la fon­dation Omega de Man­chester publie un premier rapport sur ce réseau. L’espionnage des com­mu­ni­ca­tions n’est pas nouveau et la NSA est depuis long­temps réputée dans le domaine.

Mais cette fois l’ampleur de l’organisation est inédite : Echelon infor­merait non seulement des entre­prises aux États-​​Unis mais également au Canada, en Grande-​​Bretagne, en Aus­tralie et en Nou­velle Zélande. Des bases d’écoute seraient ins­tallées dans ces pays mais aussi au Japon et en Alle­magne. La Norvège, la Corée du Sud ainsi que la Turquie rece­vraient, elles aussi, des infor­ma­tions selon une étude de la free Congress Research and Edu­cation Foun­dation qui siège à Washington. La NSA a envoyé aux membres du Congrès un courrier dans lequel elle entend démontrer qu’elle a pour seule mission de sécu­riser les com­mu­ni­ca­tions des Amé­ri­cains et qu’elle res­pecte la loi amé­ri­caine sur la sur­veillance des ren­sei­gne­ments de l’étranger.

Mais ce dis­cours, auquel le Congrès n’a pas encore réagi, ne convainc pas le par­lement de Bruxelles. Celui-​​ci dit dis­poser de preuves incri­minant la NSA et Echelon dans au moins deux affaires indus­trielles ayant tourné en faveur des États-​​Unis : la perte d’un marché de 1,4 million de dollars par Thomson au profit de l’Américain Ray­theon dans le domaine des radars au Brésil et le contrat perdu par Airbus en Arabie au profit de Boeing Mc Donell Douglas. Par ailleurs, l’existence d’Echelon pose également la question de l’écoute des conver­sa­tions privées. Aux États-​​Unis, des groupes de défense des libertés civiques s’organisent, notamment pour obtenir des réponses claires de la NSA.

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 Extrait de "La Lettre de l’OTEC"

Echelon : L’inquiétude est grande en Europe face à l’augmentation des crédits et des res­sources alloués à la NSA (National Security Agency) qui par son pro­gramme "Echelon" inter­cepte dans le monde entier toutes les com­mu­ni­ca­tions email, fax, télé­phone filaire, satel­li­taire ou por­table, dont les ordi­na­teurs extraient, en direction de ses 20 000 employés, les mes­sages sur la base de mots clés ou des numéros appe­lants ou appelés, mais également tous les mes­sages cryptés ! Les Euro­péens ne dis­posent pas encore de "preuves évidentes" d’utilisation des infos à des fins com­mer­ciales, mais il est de noto­riété publique que la NSA vend des "veilles écono­miques et docu­men­taires" aux sociétés US.

 Dossiers brulants

Malgré le culte du secret que cultive la NSA, son nom apparaît parfois au cours d’affaires d’espionnage, mais la majeure partie des acti­vités de l’agence reste dans l’ombre.

1990 - La NSA inter­cepte les com­mu­ni­ca­tions entre le fabricant japonais de satel­lites NEC et l’Indonésie pour la four­niture d’un contrat de 200 mil­lions de dollars. Le pré­sident Bush inter­vient auprès de Dja­karta. Le contrat sera partagé entre NEC et l’américain ATT.

1990 - Inau­gu­ration des nou­veaux locaux de l’ambassade de Chine en Aus­tralie. Lors de la construction du bâtiment, des agents amé­ri­cains ont ins­tallé de mul­tiples micros et des sys­tèmes de sur­veillance des com­mu­ni­ca­tions dans tous les murs. Les infor­ma­tions recueillies sont trans­mises direc­tement par satellite au quartier général de la NSA dans le Maryland aux Etats-​​Unis.

1991 - Plus de 12 tonnes de cocaïne sont saisies grâce aux infor­ma­tions fournies par la NSA qui inter­cepte, à partir du Vene­zuela, toutes les com­mu­ni­ca­tions des membres du cartel de Cali.

1992-​​93 - La NSA espionne les com­mu­ni­ca­tions des offi­ciels mexi­cains qui négo­cient l’ALENA (Accord de Libre-​​Echange Nord-​​Américain) avec les Etats-​​Unis et le Canada.

1993 - Au cours du sommet de l’APEC (forum de coopé­ration Asie-​​Pacifique), la NSA et le FBI ins­tallent des équi­pe­ments capables d’écouter les com­mu­ni­ca­tions des 15 diri­geants des pays de la zone Asie-​​Pacifique conviés à Seattle aux Etats-​​Unis par Bill Clinton. Cer­taines infor­ma­tions col­lectées semble avoir été trans­mises à des chefs d’entreprises qui ont financé la cam­pagne élec­torale du pré­sident américain.

1994 - Lors du bras de fer entre les Etats-​​Unis et l’Union euro­péenne dans les négo­cia­tions du GATT, le réseau Echelon est utilisé par Washington pour connaître la position de chacun des 15 pays de l’UE et la stra­tégie de la Com­mission euro­péenne. Des consignes seront données aux fonc­tion­naires de Bruxelles leur demandant de ne pas uti­liser le courrier élec­tro­nique, dont l’usage com­mence à se géné­ra­liser, pour trans­mettre des infor­ma­tions sensibles.

1994 - Inter­ception des négo­cia­tions entre le fabricant français de radars Thomson-​​CSF et les auto­rités bré­si­liennes. C’est fina­lement la firme amé­ri­caine Ray­theon qui décro­chera le contrat pour assurer la cou­verture radar de l’Amazonie.

1994 - La NSA inter­cepte les coups de télé­phone et les fax entre Airbus et les auto­rités saou­diennes. Le contrat de 6 mil­liards de dollars sera décroché par Boeing.

1998 - La NSA aurait infiltré des agents au sein de la mission de désar­mement de l’ONU en Irak. Leur mission : ins­taller de petits sys­tèmes d’interception pour capter les com­mu­ni­ca­tions de Saddam Hussein et de l’état-major irakien.

A travers se sujet, on se rend que la liberté montré, rêvé sur nos écrans est soit devenue une chimère, soit était à l’origine une chimère. On doit être prudent, au delà de ce qu’on nous dit, il faut se méfier, et ne pas faire a confiance à n’importe qu’elles institutions.

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Ce monde est à nous, changeons-​​le !


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