Les théories de l’évolution

mercredi 17 novembre 2010
par  Neimad
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De manière générale, on peut opposer deux écoles : les gra­dua­listes et les catas­tro­phistes. Les pre­miers pensent que l’évolution des espèces est linéaire, du plus simple au plus com­pliqué. Il faut des mil­lions d’années pour passer d’une espèce à une autre. L’évolution est consi­dérée comme un pro­cessus lent mais inévi­table. Pour les gra­dua­listes, l’homme se trouve au sommet de l’évolution.

Les catas­tro­phistes pensent que les espèces n’évoluent pas de manière linéaire et que les chan­ge­ments s’opèrent rapi­dement, par "sauts évolutifs". Pour les catas­tro­phistes, l’évolution aurait pu prendre d’autres chemins, l’homme est un accident ou un miracle de la vie.



 Le transformisme de Lamarck


Lamarck est un gra­dua­liste. Selon lui, les pre­miers êtres vivants sont les plus simples. Ils sont mis en mou­vement par l’effet de la chaleur. La bio­logie est donc une pro­lon­gation de la physique.

L’évolution et la diver­si­fi­cation des espèces s’est effectuée len­tement, à partir d’un principe simple : la fonction crée l’organe. De nou­veaux organes appa­raissent pour s’adapter à envi­ron­nement par­ti­culier. Leur uti­li­sation régu­lière entraîne leur trans­mission héré­di­taire. A l’inverse, leur abandon entraîne leur disparition.

Glo­ba­lement, il y a une évolution linéaire, vers plus de com­plexité, mais à l’intérieur des « grandes masses », les espèces ne sont pas reliées entre elles de manière régu­lière et Lamarck reconnaît la dif­fé­rence radicale entre les végétaux et les animaux.

Cette théorie sera évincée par la théorie de l’évolution de Charles Darwin, un autre gradualiste.



 La théorie de l’évolution de Charles Darwin


En 1859, Charles Darwin publie L’origine des espèces. Ses obser­va­tions de natu­ra­liste abou­tissent à une théorie de l’évolution qui s’appuie sur le concept de « sélection natu­relle » , ainsi décliné :

a) les indi­vidus sont en concur­rence pour la survie dans un envi­ron­nement aux res­sources limitées,

b) seuls les individus les plus aptes survivent,

c) ceux qui survivent se reproduisent,

d) de géné­ration en géné­ration, les indi­vidus déve­loppent les carac­té­ris­tiques les plus adaptées à la survie dans un envi­ron­nement donné

Ainsi, sur une île où les fruits sont pro­tégés par une coque, les oiseaux avec le plus long bec trou­veront plus faci­lement de la nour­riture et seront en meilleurs santé. Comme ils seront en meilleur santé, ils atti­reront plus faci­lement les femelles et leur lignée se repro­duira plus vite. Au bout de plu­sieurs géné­ra­tions, il n’y aura plus sur l’île que des oiseaux à long bec. La lon­gueur du bec sera égale à celle dont-​​oiseaux ont besoin pour atteindre le fruit.

Charles Darwin fait des­cendre l’homme du singe car de tous les animaux, le singe est le plus proche de l’homme. Les hommes eux-​​mêmes sont dif­fé­rents selon l’environnement où ils vivent : leur peau est plus claire dans l‘hémisphère nord où la lumière est plus faible, plus foncée dans l’hémisphère sud où la lumière est plus forte, le nez est épaté en Afrique pour évacuer plus faci­lement la chaleur, tandis que les Esquimaux sont plus trapus et plus gras pour résister au froid.

La repro­duction sexuée est un avantage certain par rapport à la par­thé­no­génèse et à l’autofécondation, car il permet de brasser les gènes de deux indi­vidus et d’obtenir plus rapi­dement des chan­ge­ments dans l’espèce.

Cette course pour la survie com­mence avec les sper­ma­to­zoïdes : le plus rapide et le plus fort atteindra l’ovule en premier et la fécondera.



 Les mauvaises interprétations du darwinisme


Le dar­wi­nisme n’est pas la loi du plus fort mais la loi du plus adapté à son envi­ron­nement. L’avantage d’une espèce dans un envi­ron­nement donné peut devenir un défaut dans un autre envi­ron­nement. Les dépla­ce­ments sac­cadés des mouches et des abeilles leur per­mettent d’éviter les pré­da­teurs et d’augmenter leurs chances de trouver une source de nour­riture. Ils deviennent absurdes quand ils se retrouvent dans un espace res­treint, par exemple devant une fenêtre entrou­verte. L’insecte ne trouvera pas faci­lement la sortie, car il a l’habitude de se déplacer dans un espace ouvert.

Le dar­wi­nisme social est une mau­vaise inter­pré­tation du dar­wi­nisme. En l’appliquant à la société humaine, ses défen­seurs ont considéré soit que les hommes les plus forts ou les plus intel­li­gents devaient se repro­duire en priorité (eugé­nisme, aria­nisme), soit que les « races » humaines reflé­taient les dif­fé­rents degrés de l’évolution (racisme, colonialisme).

Dans le premier cas, ils ont oublié deux facteurs importants :

  • Le rôle de l’éducation : nos gènes nous per­mettent tous de déve­lopper notre force et notre mémoire, d’apprendre de nou­velles langues, de compter, de jouer d’un ins­trument de musique, etc.
  • Les formes d’intelligence sont mul­tiples [cf. la théorie des intel­li­gences mul­tiples for­mulée par Howard GARDNER en 1983 : l‘intelligence spa­tiale, corporo-​​kinétique, inter­per­son­nelle, verbale et lin­guis­tique, logico-​​mathématique…] et leur mesure dépend de ce que la société - ou telle com­mu­nauté - valorise à un moment donné de son his­toire. [1]

Dans le second cas, les défen­seurs du dar­wi­nisme social ont appliqué aux civi­li­sa­tions ce que d’autres appliquent aux indi­vidus. Les cri­tiques sont du même ordre que les précédentes :

  • La « race » n’a rien à voir avec la civi­li­sation, puisqu’un enfant d’origine étrangère élevé par des parents indi­gènes parle la même langue que ses parents adoptifs, partage les mêmes valeurs et obtient les mêmes résultats qu’un enfant d’origine indigène - à condition qu’il n’y ait pas de dis­cri­mi­nation. [2].
  • La supé­riorité d’une civi­li­sation dépend des cri­tères que l’on mesure : l’espérance de vie ou le taux de suicide ? Le PIB ou les écarts de richesse ? Le prix de la nour­riture ou le nombre de guerres ? L’accès à l’information ou le nombre de faits mémorisés ?

Le risque de ces cri­tiques est de se perdre dans le rela­ti­visme. Si le progrès n’existe pas, l’avenir n’est pas écrit et les hommes gagnent en liberté ce qu’ils perdent en cer­ti­tudes. Ils ont le pouvoir de modifier leur envi­ron­nement, d’élire des gou­ver­ne­ments, d’inventer des reli­gions, de faire des guerres, de lancer des modes… Ces chan­ge­ments peuvent sont beaucoup plus rapides que les mil­lions d’années néces­saires à l’apparition d’une nou­velle espèce. Le dar­wi­nisme ne s’applique donc pas à l‘histoire.

 Le darwinisme appliqué à la paléontologie


La théorie de l’évolution permet de com­prendre la suc­cession des espèces pendant la préhistoire.

La dis­pa­rition des dino­saures, par exemple, s’accompagne d’un chan­gement d’espèce domi­nante. Les mam­mi­fères prennent la place des rep­tiles. En effet, le chan­gement du climat ou la chute d’une météorite a entraîné une dimi­nution des res­sources. Les rep­tiles n’étaient plus adaptés à ce nouvel envi­ron­nement et en par­ti­culier les plus gros d’entre eux, les dino­saures. Les mam­mi­fères, au contraire, étaient plus petits, vivaient moins long­temps, se repro­dui­saient plus vite et avaient la capacité de garder constante la tem­pé­rature de leur corps. Ils ont survécu aux dino­saures en se nour­rissant de leurs carcasses.

Pendant la pré­his­toire, l’homo sapiens coha­bitait avec une autre espèce humaine, l’homo nean­der­ta­lensis. Les hommes de Néen­dertal étaient plus grands, plus massifs, avec des membres courts, une arcade sour­ci­lière saillante et un cerveau plus déve­loppé, mais c’est notre espèce qui a survécu. Pourquoi ? Une hypo­thèse serait que l’homo sapiens se repro­duisait plus vite. Les gènes de l’homme de Néen­dertal se seraient mélangés à ceux de l’homo sapiens et auraient fini par ne plus s’exprimer dans la population.

Une autre hypo­thèse serait de relier leur phy­sio­nomie aux néces­sités de la survie pendant la période gla­ciaire. Un profil trapu permet en effet d’éviter une trop grande déper­dition de chaleur. Si l’homo sapiens a sup­planté le Néen­der­talien, c’est sans doute parce que notre espèce étaient plus adaptés à un réchauf­fement cli­ma­tique : un corps plus svelte per­mettait d’évacuer plus rapi­dement l’excédent de chaleur et gagner en vitesse.

D’un autre point de vue, on peut consi­dérer l’homme de Néen­dertal et l’homo sapiens comme deux expres­sions géné­tiques du même genrehomo. L’une de ces varia­tions étaient plus adaptée à la période gla­ciaire, l’autre à la période de réchauf­fement. Les plus adaptés au nouveau climat ont survécu et ont permis au genrehomo de per­durer. Il n’est pas dit que des condi­tions simi­laires ne verront pas la réap­pa­rition de l’espèce dis­parue, non pas parce que les gènes des Néan­der­da­liens auraient survécu chez cer­tains indi­vidus, mais parce que le code géné­tique du genre homo possède en puis­sance toutes les espèces d’hommes possibles.

 La théorie synthétique de l’évolution


La théorie syn­thé­tique de l’évolution (ou néo­dar­wi­nisme) est une version moderne de la théorie de l’évolution de Darwin qui intègre les règles de la trans­mission héré­di­taire de Georges Mendel et la décou­verte de l’ADN en 1959. L’évolution ne s’appuie plus seulement sur la sélection natu­relle mais aussi sur l’apparition de muta­tions aléa­toires dans les cel­lules ger­mi­nales [3], et ce malgré les dif­fé­rents sys­tèmes de cor­rection qui existent pour garantir une repro­duction à l’identique. Ces muta­tions, en effet, sont le plus souvent néga­tives. Il peut arriver, cependant, qu’une mutation apporte un avantage dans un envi­ron­nement donné. L’individu porteur de cet avantage sur­vivra, se nourrira, se repro­duira. Ses des­cen­dants seront por­teurs du même code ADN et donc du même avantage.

Ainsi, les muta­tions géné­tiques aug­mentent la diversité et accé­lèrent le pro­cessus de sélection natu­relle. Ces muta­tions jouent un rôle dif­férent selon le niveau de sta­bilité de l’environnement :

  • Dans un envi­ron­nement stable (régu­larité du climat, accès à l‘eau et à la nour­riture constants, chaîne ali­men­taire clai­rement iden­ti­fiable), l’espèce atteindra un équi­libre qui inté­grera les res­sources natu­relles, le taux de fécondité et le taux de mortalité.
  • Dans un envi­ron­nement instable, où les res­sources natu­relles dimi­nuent par exemple, les stra­tégies de survie doivent changer, et les carac­té­ris­tiques qui appor­taient un avantage hier, par exemple le poids ou la taille, peuvent devenir un désa­vantage dans ce nouvel envi­ron­nement. Dans le cas d’une catas­trophe, comme une épidémie, la sélection natu­relle n’a pas le temps de s’appliquer gra­duel­lement, sur plu­sieurs géné­ra­tions, elle s’appliquera sur une seule géné­ration. Les dif­fé­rences du code géné­tique entre les dif­fé­rents repré­sen­tants d’une espèce donnent autant de chances à cette espèce de trouver un individu qui sur­vivra à cette épidémie [4].

 Le problème des sauts évolutifs


Comment expliquer l’apparition et la dis­pa­rition rapide d’espèces (la spé­ciation et les extinc­tions), en l’absence de traces fos­siles ? Comment expliquer l’apparition de nou­veaux organes et de nou­velles espèces ? La sélection natu­relle qui a mené à la consti­tution d’une organe aussi com­plexe que l’œil, par exemple, posait un pro­blème à Darwin.

Plusieurs explications ont été données :

  • Le créa­tion­nisme part de ces pro­blèmes pour remettre en cause le dar­wi­nisme et réin­tro­duire le catas­tro­phisme. Le créa­tion­nisme est soutenu par des chré­tiens aux Etats-​​Unis qui espèrent ainsi trouver la trace de Dieu (ou d’un principe intel­ligent) dans la création des espèces (ou du code génétique).
  • La théorie des équi­libres ponctués [5] fait état de périodes stables où de grandes popu­la­tions vivent dans un envi­ron­nement stable (climat, niveau des mers…) et de périodes troubles (chute d’une météorite, modi­fi­cation de laz tem­pé­rature…) où des groupes isolés évoluent rapi­dement (quelques mil­liers d’années est une évolution rapide d’un point de vue géo­lo­gique). En 1971, une espèce de lézard fut intro­duite sur une île et laissée à l’abandon. En 2004, une équipe scien­ti­fique observa des trans­for­ma­tions phy­siques (plus grands, avec une mâchoire plus puis­sante), un chan­gement dans le mode d’alimentation (ils ne sont plus insec­ti­vores mais her­bi­vores), et - ce qui est le plus étonnant - de nou­veaux organes (des valves cae­cales dans l’intestin pour faci­liter la digestion des herbes)  [6].
  • Cer­taines évolu­tions sont liées à l’expression de gènes latents, transmis par l’hérédité, et non à l’apparition de nou­veaux gènes
  • Les gênes HOX ou gènes « chefs d’orchestre » ou gènes « archi­tectes » agissent sur le déve­lop­pement embryon­naire (jusqu’au stade post-​​natal) en donnant la position et l’identité des cel­lules du tube neural, de la colonne ver­té­brale, des membres, des glandes mam­maires, du pelage….Le décalage d’un couple de gènes HOX a pour effet sin­gulier de faire dis­pa­raître les mem­branes sur les nageoires chez cer­tains poissons, ce qui pourrait suffire à expliquer l’apparition des pre­mières pattes chez les amphibiens…
  • Les muta­tions tou­chant la chro­no­logie du déve­lop­pement per­mettent de créer de nou­velles espèces. Ainsi, l’axalotl est un amphibien qui passe toute sa vie à l’état lar­vaire, par rapport à l’urodèle qui en est l’expression « adulte ». D’un certain point de vue, l’homme est l’expression pae­do­mor­phique du singe (du point de vue de sa pilosité et aux phases de déve­lop­pement de l’enfant).
  • La capacité du code géné­tique a tiré partie du « hasard » pour évoluer dans un sens contraire à l’entropie. Les erreurs de dupli­cation de l’ADN [7] et le fonc­tion­nement du système immu­ni­taire [8] en sont deux exemples .
  • L’évolution des espèces vers une com­plexité crois­sante est une illusion : quand on prend en compte l’évolution de l’ensemble des espèces (bac­téries y compris), on s’aperçoit que de nom­breuses espèces ont rapi­dement atteint le niveau maximum de com­plexité et que ce qu’on appelle « évolution » répond au double pro­cessus de diver­si­fi­cation et de sélection : diver­si­fi­cation des espèces dans toutes les direc­tions pos­sibles du vivant (vers des struc­tures plus com­plexes, comme le cerveau humain, ou moins com­plexes, comme celles les ammo­nites [9] ), et de sélection des orga­nismes les plus adaptés à leur environnement



 La théorie du gène égoïste de Richard Dawkins et Georges Williams


Selon cette théorie, les orga­nismes vivants ne sont que les véhi­cules des gènes qui les utilise pour se repro­duire. Cette théorie rem­place l’espèce par le gène. Chez Darwin, la sexualité des indi­vidus sert la survie de l’espèce. Chez Dawkins, la sexualité des indi­vidus sert la survie des gènes des indi­vidus concernés. Dans les deux cas, on peut com­prendre pourquoi les hommes et les femmes sont attirés par des congé­nères en bonne santé, pos­sédant des attributs mas­culins ou féminins affirmés.



 La sociobiologie


D’un certain point de vue, on peut lire tous les codes sociaux en fonction de cette finalité. La société jouerait alors le rôle de l’environnement dans la théorie de l‘évolution. Une belle voiture, un beau costume sont des indi­ca­teurs d’un certain statut social, celui des « domi­nants ». Pour une femme, se repro­duire avec un « dominant » garantit à ses enfants une cer­taine sécurité [10].

Dans l‘autre sens, les gènes que portent un homme trou­veront une plus grande chance de se repro­duire s’il fait l’amour avec de nom­breuses femmes. La sexualité est un désir aveugle qui ne reconnait pas les stra­tégies que l’on utilise pour limiter les nais­sances, tels que le pré­ser­vatif ou l‘avortement.

On doit cependant rela­ti­viser l’importance de cette inter­pré­tation : la diversité des canons de beauté à travers l’histoire et les tabous qui entourent la sexualité (comme la nudité, par exemple), montrent l’importance de la dimension cultu­relle.. [11]

Jacques Monod explique ainsi ces différences :

(…) chez l’homme plus encore que chez tout animal, et en raison même de son auto­nomie infi­niment supé­rieure, c’est le com­por­tement qui oriente la pression de sélection. Et dès lors que le com­por­tement cessait d’être prin­ci­pa­lement auto­ma­tique pour devenir culturel, les traits culturels eux-​​mêmes devaient exercer leur pression sur l’évolution du génome. [12]

Ainsi, les gènes ne per­mettent pas d’expliquer le com­por­tement des hommes. Contrai­rement ce qu’affirment cer­taines études, il n’existe pas de « gène de la vio­lence », non seulement parce qu’ils existent une mul­titude de com­por­te­ments pos­sibles à partir d’un seule gène, mais aussi parce qu’un com­por­tement « violent » pourra être considéré comme un com­por­tement « cou­rageux », « volon­taire » ou « éner­gique » dans une autre situation [13].



 Les enjeux d’une théorie expli­cative de l’origine de la vie


Le néo­dar­wi­nisme est aujourd’hui la théorie domi­nante, comme le Big Bang en cos­mo­logie. Cette théorie permet en effet de décrire le plus pré­ci­sément les modi­fi­ca­tions des carac­té­ris­tiques phy­siques observées sur une popu­lation donnée, les effets des muta­tions et la trans­mission des carac­tères. Il n‘a pourtant jamais été observé de création d‘une nou­velle espèce.

Le néo­dar­wi­nisme est une théorie gra­dua­liste. Elle se heurte au pro­blème des sauts évolutifs parce qu’elle ne peut pas intégrer des chan­ge­ments rapides sans remettre en cause les fon­de­ments sur les­quels elle repose. Que ce soit pour l’améliorer ou la rem­placer, une nou­velle théorie devra lui suc­céder. Le pro­blème des sauts évolutifs peut également être un faux pro­blème. Il conviendra dans ce cas d’expliquer le premier d’entre eux, l’apparition de la vie. Une cellule, une bac­térie, un brin d’ADN n’apparaît pas de lui-​​même, par géné­ration spon­tanée. Sa com­plexité suppose des étapes inter­mé­diaires ou des condi­tions particulières

Les expé­riences de Miley-​​Hurey en 1953 et de Poney-​​Sutherland en 2009 ont permis de créer des molé­cules orga­niques, bases et des acides aminés en labo­ra­toire, en simulant les condi­tions sur Terre il y a 4 mil­liards d’années, tandis que des acides aminés, des purines et des pyra­mi­dines ont été trouvé sur la météorite de Mun­chinson en 1969, les purines et les pyra­mi­dines étant des molé­cules qui inter­viennent dans l’ADN et l’ARN de tous les êtres vivants. Que la vie soit apparue sur Terre ou apportée par une météorite qui avait tra­versé un nuage gazeux (comme le nuage d’Orion), ces maté­riaux ne forment pas la vie. Comment est-​​on arrivé aux proto-​​cellules ? Comment repro­duire des com­par­ti­ments isolés par une mem­brane sans faire inter­venir les enzymes (qui sont déjà des pro­duits du vivant) ? Les enzymes per­mettent de créer ces com­par­ti­ments, mais il faut de telles com­par­ti­ments pour créer des enzymes. C’est le serpent qui se mord la queue…

Les recherches actuelles portent sur le rôle des virus dans l’apparition de l’ADN, mais le génome du plus ancien ancêtre connu, the Last Uni­versal Common Ancestror, sur­nommé LUCA, reste inconnu, si tant est que l‘apparition de la vie sur Terre ait une origine unique. Comme le néo­dar­wi­nisme, LUCA reste un modèle expli­catif. Jusqu’au prochain…



[1] Ainsi, l’évolution de la charrue au moyen âge a dis­pensé l’homme de peser de tout son poids sur le soc pour retourner la terre et effectuer le labour. L’adresse a sup­planté la force. Cette évolution se retrouve aussi dans l’histoire de l’armement. Les tests de QI montrent des résultats plus élevés dans les pays indus­tria­lisés que dans les pays en voie de déve­lop­pement parce que les tests sont basés sur une logique abs­traite que les enfants des pays indus­tria­lisés apprennent à l’école en cours de mathématiques.

[2] Lewis H. Latimer, par exemple, fut le seul Noir à tra­vailler dans l’équipe de Thomas Edison, mais il amé­liora l’invention de l’ampoule élec­trique de manière en rem­plaçant le filament en bambou par un filament de carbone, plus fiable. Cette amé­lio­ration ouvrit la voie à une pro­duction indus­trielle. L’aiguillage des trains, le moteur à com­bustion, le masque à gaz, l’ascenseur, le taille-​​​​crayon, la guitare, le peigne à cheveux, le fer à cheval, le pace­maker… furent également inventés par des Noirs. Voir http://​www​.afri​camaat​.com/​L​i​s​t​e-d-i…

[3] Toutes les muta­tions ne sont pas héré­di­taires. Seules les cel­lules ger­mi­nales qui pro­duisent des gamètes (sper­ma­to­zoïdes et ovules) sont sus­cep­tibles de trans­mettre ue mutation à la pro­chaine géné­ration. Les autres cel­lules - appelées cel­lules soma­tiques - repro­duisent une mutation en se divisant - comme dans le cas d‘une tumeur - mais cette mutation ne se transmet pas, elle apparaît et meurt avec l‘individu.

[4] Les cafards résistent aux insec­ti­cides parce qu’il existe de légères dif­fé­rences dans leur code géné­tique qui se retrouvent dans leur système immu­ni­taire. C’est pour cette raison que les insec­ti­cides ne tuent jamais que 99% des cafards. Il existera tou­jours une chance pour qu’un cafard soit immunisé à la molécule uti­lisée. S’il existe d’autres cafards, il se repro­duira et dans un envi­ron­nement hostile, bom­bardé d’insecticide, son code géné­tique, qui était mino­ri­taire, deviendra majo­ri­taire. Tous les cafards ne seront cependant pas immu­nisés. Il existera en effet un faible pour­centage qui ne pos­sédera pas le même avantage, car son code géné­tique sera différent…

[5] Stephen J. GOULD, Niles ELDREDGE, Ponc­tuated equi­li­brium : an alter­native to phy­letic gra­dua­lisme, in Models in Paleo­biology, Colombia Uni­versity Press, New York, 1972

[6] Voir http://​www​.bio​.umass​.edu/​b​i​o​l​o​gy/ir…

[7] Henri ATLAN, Entre le cristal et la fumée, Essai sur l‘organisation du vivant, Edi­tions du Seuil, coll. Points Sciences, Paris, 1979, chap. 6, p. 168 : « Dans un ensemble molé­cu­laire composé de macro­mo­lé­cules capables de catalyse et d‘autoreproduction (comme, res­pec­ti­vement, les pro­téines et l‘ADN), la quantité d‘information ou, si l‘on veut, la diversité et la com­plexité, ne peut aug­menter que si une cer­taine quantité d‘erreurs, petite mais non nulle, inter­vient dans la syn­thèse des molé­cules. Ces erreurs molé­cules jouent, à ce niveau, le rôle que jouent les muta­tions au niveau de l‘évolution des espèces. Là aussi, elles peuvent être à l‘origine de modi­fi­ca­tions com­portant un accrois­sement de la complexité. ».

[8] Jacques MONOD, Le hasard et la nécessité, Essai sur la phi­lo­sophie natu­relle de la bio­logie moderne, Edi­tions du Seuil, Paris, 1970, VII, p. 140-​​141 : « Les anti­corps sont des pro­téines douées de la capacité à recon­naître par asso­ciation stéréo-​​​​spécifique des sub­stances étran­gères à l‘organisme et qui l‘ont envahi, bac­téries ou virus par exemple. Mais, comme chacun le sait, l‘anticorps (…) n‘apparaît dans l‘organisme (…) qu‘après que celui-​​​​ci en a fait, au moins une fois, l‘expérience. On a démontré en outre que l‘organisme est capable de former des anti­corps adaptés à pra­ti­quement n‘importe quel motif sté­rique, naturel ou syn­thé­tique. Les poten­tia­lités, à cet égard, paraissent pra­ti­quement infinies. (…) au sein de l‘organisme des cel­lules spé­cia­lisées, pro­duites en grand nombre, pos­sèdent la pro­priété - unique - de « jouer à la rou­lette » sur une partie, bien définie, des seg­ments géné­tiques qui déter­minent la structure des anticorps. ».

[9] En étudiant la colonne ver­té­brale sur des lignées d’espèces dif­fé­rentes, comme les rumi­nants, les écureuils, les baleines et les cha­meaux, « Mac Shea a trouvé vingt-​​​​quatre cas d‘accroissement ou de dimi­nution signi­fi­catifs (sur un total de quatre-​​​​vingt dix com­pa­raisons…) ; pour les autres com­pa­raisons, les des­cen­dants moyens ne dif­fèrent pas signi­fi­ca­ti­vement des ancêtres.). Fait inté­ressant, treize de ces varia­tions, signi­fi­ca­tives cor­res­pondent à une diminutionde la com­plexité, les neuf autres exhibant un accrois­sement », in Stephen G. GOULD, L‘éventail du vivant, Le mythe du progrès, 1996, 1997, Paris, Edition du Seuil, chap. 14, p. 256.

[10] De même, un homme fort et jeune est plus séduisant qu’un homme faible et vieux, car cette « force » et cette « santé » sont les indices d’un individu en âge de se repro­duire, apte à la survie.

[11] Autres exemples : dans les années 60, les femmes sédui­santes n‘avaient pas de poi­trine, tandis que les femmes plutôt rondes étaient le modèle de beauté des peintres de la Renais­sance et de plu­sieurs pays d‘Afrique aujourd‘hui. Si les Amé­ri­caines se font refaire les seins, les Bré­si­liennes se font ajouter des implants rebondis dans les fesses. Etc.

[12] Jacques MONOD, Le hasard et la nécessité, Essai sur la phi­lo­sophie natu­relle de la bio­logie moderne, Edi­tions du Seuil, Paris, 1970, IX, p. 179.

[13] Au final, qu’importe que notre com­por­tement soit expliqué par l’hérédité, l’éducation ou les contraintes de la vie, la marge de liberté laissée à l’homme semblent très réduite, voire inexis­tante. La liberté ne réside peut-​​​​être pas dans nos désirs et dans nos choix, mais dans le sens qu’on donne à nos actes, dans notre capacité à les com­prendre et à les accepter. C‘est-ce qu‘enseigne la sagesse antique, qu‘elle soit stoï­cienne ou épicurienne.


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Commentaires

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lundi 1er octobre 2012 à 19h30 - par  Laruiz

La théorie sur l’utilisation de 10% a été mise à rude épreuve et à l’heure actuelle la théorie la plus courue est celle de l’utilisation à 100% du cerveau humain.

Il y a eu beaucoup de théories au fil des années comme celle de l’utilisation à 10% du cerveau avec une exception pour les per­sonnes ayant des capa­cités créa­trices( artis­tiques, musi­cales..) très déve­loppées qui suivant cette théorie en uti­li­serait 20%.
Je pourrais deve­lopper un peu plus mon com­men­taire si cela intéresse.

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dimanche 30 septembre 2012 à 02h26 - par  Neimad

On entend souvent que l’homme n’utilise que 10% de son cerveau mais sur quel fon­dement scien­ti­fique ? Quand nous effec­tuons cer­taines tâches (manger, parler, marcher…), cer­taines zones du cerveau sont plus irri­guées, et il n’y a aucune raison que cela ait changé depuis des mil­liers d’années. La seule chose que les scien­ti­fiques ont remarqué, c’est que le cerveau semble plus "actif" dans le sommeil profond, quand on rêve.

Il y a bien une aug­men­tation de la durée de l’espérance de vie dans les pays occi­dentaux où l’on mange et où l’on vit sai­nement, où l’on possède une médecine efficace. Ce n’est pas de l’intelligence.

D’ailleurs, qu’est-ce que l’intelligence ?

samedi 22 septembre 2012 à 08h51

nous uti­lisons que 10% de notre cerveau donc si on évolué on pourrai uti­liser 20% de notre cerveau donc il fau­drait évolué l’homme n’a pas encore évolué avant l’homme était bête comme des animaux il a évolué pas tout d’un coup et nous évoluons sent le voir notre intel­li­gence aug­mente sent le savoir notre espe­rence de vie aug­mente sent le savoir mais se si n’est qu’une théorie

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vendredi 19 novembre 2010 à 18h35 - par  Neimad

Ca m’intéresse, tu peux préciser ?

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vendredi 19 novembre 2010 à 01h29 - par  Loulou Bédard

Neil Shubin (Your Inner Fish) ? Dr Robert Guinée (Les maladies, mémoires de l’évolution) ? Dr Ryke Geerd Hamer (notre cerveau témoigne de toute notre évolution, de l’anneau archaïque à main­tenant) ? On quitte réso­lument le champ théo­rique avec la décou­verte des lois bio­lo­giques. Ensuite, si on étudie les tablettes sumériennes…

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