Gématrie : synthèse

vendredi 1er juillet 2011
par  Neimad
popularité : 100%

Les dif­fé­rents articles de la rubrique "Gématrie" nous amènent à inter­roger les lin­guistes et les mathématiciens :

  • Aux lin­guistes : comment expliquer la relation mathé­ma­tique existant entre des mots appar­tenant au même champ lexical, étant donné que les mots d’un langue ont évolué avec le temps et que l’alphabet, l’écriture et l’orthographe sont des créa­tions humaines. Faut-​​il com­prendre qu’il existe des lois mathé­ma­tiques en-​​deçà des règles lin­guis­tiques de trans­for­mation des langues (elles-​​mêmes dues aux échanges lin­guis­tiques et aux pos­si­bi­lités de notre appareil pho­na­toire) ? Faut-​​il com­prendre que les langues, quelques soient leurs évolu­tions, suivent une trame dont les égalités sont la trace, dont les nombres sont les marqueurs ?
  • Aux mathé­ma­ti­ciens : comment expliquer la mul­ti­plicité des égalités, et en par­ti­culier des égalités de second niveau avec des champs lexicaux qui se croisent, à partir des seules pro­ba­bi­lités ? Doit-​​on com­prendre que la diversité du voca­bu­laire et le nombre moyen de lettres dans un mot suffit à expliquer la réap­pa­rition des mêmes nombres et ainsi des égalités entre mots de sens proche ? Combien faudrait-​​il de résultats dans un même champ lexical, ou dans un nombre suf­fisant d’expressions et de pro­verbes, pour pro­voquer un doute rai­son­nable chez le scien­ti­fique ? Si ces résultats ne sont pas l’effet du hasard, alors qu’est-ce que c’est ?

Après dis­cussion avec des mathé­ma­ti­ciens sur un forum consacré aux pro­ba­bi­lités, il apparaît comme for­tement pro­bable de trouver une relation entre deux mots lexicaux dans une liste d’une ving­taine de mots seulement, autrement dit une égalité de premier niveau tous les 20 mots. C’est ce que l’on constate empi­ri­quement dans nos résultats. Cette pro­portion se retrouve également dans le dic­tion­naires des syno­nymes et des mots avoi­si­nants de Bertand Chazeau : près de 50 000 entrées pour 1 million de syno­nymes (le dic­tion­naire parle de 60 000 entrées mais une partie d’entre elles renvoie à d’autres mots), soit 5%, soit deux syno­nymes tous les 20 mots…

Avec un lexique de 20 000 mots et une moyenne de 200 mots par champ lexical, quelle est la pro­ba­bi­lités que deux mots soient liés par un même champ lexical ? Appelons N ce nombre.

La pro­ba­bilité que deux mots soient liés par un champs lexical donné par l’un ou l’autre des deux mots serait p = N(N-1)/399980000.

On peut partir du principe que si le mot A est dans le champs lexical du mot B, alors le mot B est dans le champs lexical du mot A.

Pour N = 200, p = 0.0001

Estimons à p la pro­ba­bilité que deux mots soient reliés (donc (1-​​p) pour que deux mots soient libres).

On a P1(10 mots choisis sont libres) = (1-p)45 On a P2(100 mots choisis sont libres) = (1-p)4590

En rem­plaçant p par 0.0001 (deux mots au hasard auraient seulement 0,01% de chance d’être liés par un même champs lexical), on obtient :

P1= 1 P20.61

Autrement dit, avec un champ lexical estimé à 200 mots, la pro­ba­bilité de trouver deux mots appar­tenant à un même champ lexical est assez élevée (p=0,39).

Mais nos résultats appartiennent-​​ils à des champs lexicaux aussi vastes que des familles de 200 mots ? Où com­mence et où finit un champ lexical ?

Prenons pour exemple le nombre 49. Les mots que nous avons associés sont les suivants :

  • boire/​soif
  • bétail/​boeuf/​veau
  • larme/​peine

Nous n’avons pas retenus les résultats suivants :

  • règne/​obéir/​sceau/​phase/​apogée
  • schéma/​salle/​chalet/​espace/​clos/​hôtel
  • seiche/​milan/​veau/​boeuf

Pourquoi ? Parce que pour expliquer le lien entre "règne" et "obéir", on est obligé de passer par un troi­sième terme, "roi" par exemple. Même remarque pour "chalet" et "hôtel", etc. Les autres rela­tions ne sont plus évidentes : entre "sceau" et "apogée", "schéma" et "salle", etc.

A la place du mot "champ lexical", nous devrions uti­liser des connec­teurs logiques

U (au sens de "est de la même famille que") = synonyme

=/​= (au sens "est l’opposé de") = antonyme

=> (au sens de "est la cause de") = relation de causalité

Ainsi :

soif => boire

bétail U boeuf U veau

peine => larme

Nous excluons ainsi le symbole logique E (au sens de "appar­tient à un ensemble plus vaste"), de type :

salle E hôtel

hôtel E espace

apogée E phase

Dès lors, la défi­nition étant plus stricte, les pro­ba­bi­lités d’obtenir deux mots avec ce type de rela­tions diminue.

Par ailleurs, les pro­ba­bi­lités suffiraient-​​elles à expliquer les résultats obtenus, la façon dont ces résultats ont été obtenu ne se confond pas avec un tirage aléa­toire. La démarche reste originale.

Sup­posons que la gué­matrie s’apparente à un tri aléa­toire et que les égalités obtenues s’expliquent par les seules pro­ba­bi­lités, alors :

1) Des résultats simi­laires devraient se retrouver dans toutes les langues

2) Des syno­nymes devraient être trouvés tous les 20 mots environ, il y donc peu de chances de relier tous les mots d’un même champ lexical (par exemple tous les mots reliés à la cuisine)

Or, c’est bien ce que nous observons jusqu’ici. Les résultats en anglais semblent pro­met­teurs (1). Nous com­mençons tout juste les autres langues. D’un autre côté, cer­taines champs lexicaux ou cer­tains pro­verbes ne trouvent pas d’explication (2).

Mais qu’est-ce que sont les pro­ba­bi­lités ? Des sta­tis­tiques sur la répé­tition d’évènements dans le monde en l’absence de toute influence psy­chique ou sur­na­tu­relle. Ainsi, la pro­ba­bilité d’apparition du chiffre 6 sur un lancer de dé est de 1 sur 6. La phy­sique suffit à tout expliquer, il n’y a pas besoin de "chance" ou d’autre chose. Les pro­ba­bi­lités sont équi­va­lentes à la phy­sique quan­tique dans l’ordre de la pensée : ce sont des règles de mesure et d’observation, mais ce ne sont pas des lois de la phy­sique ou des expli­ca­tions. On cherche tou­jours aujourd’hui à expliquer la phy­sique quan­tique. C’est d’ailleurs pourquoi cela révoltait Ein­stein : parce que cela res­sem­blait un échec pour l’esprit humain face à la com­pré­hension de la nature, la limite de sa raison…

Quelque soit la pro­ba­bilité d’obtenir des syno­nymes dans nos listes de résultats, les asso­cia­tions que nous avons obtenus sont claires, belles, par­lantes, évidentes, com­pré­hen­sibles par tous ceux qui par­tagent la même langue. C’est aussi étonnant que les pro­por­tions des plantes et du corps humain, que le dia­mètre apparent de la Lune par rapport au Soleil lors des éclipses… Elles sont exac­tement iden­tiques ? Cela a évidemment une expli­cation. La Lune était plus proche avant, elle sera plus éloignée demain. Mais aujourd’hui, à l’époque où l’homme vit, il voit la Lune recouvrir pré­ci­sément le Soleil, ni plus, ni moins…


Gématrie : principe de base

Gématrie : les égalités de premier niveau

Gématrie : les égalités de second niveau

Gématrie : les inéga­lités à 1 près

Gématrie : les nombres inversés

Gématrie : les jeux de mots

Gématrie :les égalités dites de nombre
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Le monde est étrange, vous ne trouvez pas ?


4 votes

Commentaires

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mercredi 19 septembre 2012 à 15h44 - par  ianop

Cette cor­res­pon­dance est fausse, évidemment. Désolé d’avoir considéré la zone "com­men­taires" comme un brouillon …

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jeudi 13 septembre 2012 à 11h17 - par  ianop

Je com­plète avec l’espagnol et l’italien. On a ainsi les cinq langues prin­ci­pales dans l’alphabet hébraïque :

A = 1
B = 2
G (G dur) = 3
D = 4
E = 5
V (F, W latin) = 6
Z (X doux, S doux italien)
H = 8
TH (TH anglais, C doux espagnol, Z doux espagnol) = 9
I (J allemand, U aigu, Y)
K (C dur) = 11
L = 12
M = 13
N = 14
S (C doux, X dur, Z dur espagnol) = 15.
O (U grave, W anglais)
P = 17
TS (Z italien) = 18
Q = 19
R (J espagnol, CH allemand final) = 20
SH (CH français, SH anglais, CH, SCH allemand, J français, J anglais, G doux français, G doux italien) = 21
T = 22

G dur = gare.
G doux français = giration.
G doux italien = Giacomo.
J espagnol = jota.
CH allemand final = nacht.

Le B espagnol se chiffre "B" (2) et non "V" (6).
Le double L ("brille") se chiffre L + L et non "Y".
La diph­tongue "EU" (français) se décompose : E + U aigu (I).

Cela suppose de bien connaître la pro­non­ciation des mots. Corrigez-​​moi si vous remarquez des oublis ou des erreurs.

Un peu compliqué ?
:-)

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lundi 10 septembre 2012 à 22h53 - par  ianop

Je complète :

A = 1, B = 2, G = 3, D = 4, E = 5, V (F, W latin) = 6, Z (X doux) = 7, H = 8, TH = 9, I (J allemand, U aigu,Y) = 10, K (C dur) = 11, L = 12, M = 13, N = 14, S (C doux, X dur) = 15, O (U grave, W anglais) = 16, P = 17, TS = 18, Q = 19, R = 20, SH (J chuinté) = 21, T = 22.

W latin = wagon, Walter.
X doux = xylo­phone.
J allemand = Johann.
U aigu = univers.
C dur = colline.
C doux = célèbre.
X dur = axe.
U grave = oubli.
W anglais = water.
J chuinté = jardin, John.

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lundi 10 septembre 2012 à 11h51 - par  ianop

Pour ceux que ça inté­resse, voici une pro­po­sition de cor­res­pon­dance entre l’alphabet hébraïque et l’alphabet latin :

A = 1, B = 2, G = 3, D = 4, E = 5, V (F, W français) = 6, Z = 7 (X), H = 8, TH = 9, I (J allemand, Y) = 10, K (C dur) = 11, L = 12, M = 13, N = 14, S (C doux) = 15, O (W anglais) = 16, P = 17, TS = 18, Q = 19, R = 20, SH = 21 (J chuinté), T = 22.

TH est à uti­liser, par exemple, dans le THE anglais. SH, par exemple, dans les mots anglais ou japonais. TS, par exemple, dans TSAR.

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dimanche 26 août 2012 à 18h16 - par  ianop

Com­mencé l’article sur mon espace privé. Un peu plus long que prévu, ça mettra un certain temps.
Je compte sur vous pour modifier "table hébraïque" en "trans­po­sition hébraïque".

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jeudi 23 août 2012 à 17h40 - par  syagrius

Il faut juste vous ins­crire (lien à gauche) et ensuite vous connectez à l’espace privé qui appa­raitra à gauche…
Vous pourrez ecrire un article, celui ci sera lu par la rédaction avant de le publier, n’oubliez pas de mettre à jour votre profil…

Curieux de voir vos résultats…

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jeudi 23 août 2012 à 14h35 - par  ianop

Oui, je suis en train de peau­finer mes tests. J’ai l’intention d’écrire un petit article. Indiquez-​​moi la pro­cédure pour le publier sur votre site.
Je vous mets également en lien sur mes blogs.

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jeudi 23 août 2012 à 10h33 - par  syagrius

Oui je vais voir ca,.….Je compte aussi sur vous pour faire connaitre l’outil voir le citer si vous avez un site dans le sens que plus de per­sonne puisse rechercher et trouver des éléments et surtout les par­tager afin de mieux ana­lyser les résultats…

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jeudi 23 août 2012 à 10h15 - par  ianop

Je pense que "transposition hébraïque" conviendrait aussi, c’est plus court.

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jeudi 23 août 2012 à 09h53 - par  ianop

A la place de "table hébraïque", je propose "système hébraïque appliqué à l’alphabet latin". C’est plus long mais plus précis, et on conserve "hébraïque".

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mercredi 22 août 2012 à 16h04 - par  ianop

Je suis en train de faire des tests sur des mots simples. J’espère apporter quelques éléments de com­pa­raison avec la cor­res­pon­dance clas­sique. Je ne sais pas s’ils seront per­ti­nents, il y a tou­jours une latitude d’interprétation, mais le champ lexical, beaucoup plus res­treint, diminue cette latitude.
On pourrait nommer la cor­res­pon­dance (2) tout sim­plement cor­res­pon­dance de deuxième rang. Évidemment ça sonne moins bien que "hébraïque", il y a cer­tai­nement mieux à trouver.
Pour la cor­res­pon­dance (3), ça peut attendre !

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mercredi 22 août 2012 à 11h49 - par  syagrius

Oui c’est pas faux, tu as une idée pour la nommer ?

Pour ta seconde table, je pourrai la mettre en place mais il fau­drait voir déjà si dans la pre­mière il y a des cor­res­pon­dances pertinente…et ainsi écrire un article s’il y a quelque chose ou alors une simple explication

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mercredi 22 août 2012 à 10h26 - par  ianop

J’attire ton attention sur le fait que la cor­res­pon­dance (2) que tu appelles "hébraïque", a peu de liens avec l’alphabet hébreu, sinon par le système numé­rique employé. C’est juste une adap­tation de technique.
J’utilise aussi la cor­res­pon­dance sui­vante (3), pour avoir de très grands nombres :
A = 1, B = 2, C = 3,…, J = 100, K = 200, L = 300,…, S = 1000, T = 2000, U = 3000,…, Z = 8000.

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mercredi 22 août 2012 à 10h14 - par  syagrius

Si vous regardez il y a plus de 40000 mots dans la base pour la gematrie avec la table hebraique, mais effec­ti­vement vous pouvez rajouter des mots ni necessaire.
L’outil de cor­res­pon­dance n’enregistre pas les résultats

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mercredi 22 août 2012 à 09h45 - par  ianop

Bravo pour cette infra­structure de premier choix. La recherche est ouverte !
Dois-​​je rajouter des mots au dico (si j’ai bien compris) ?

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mardi 21 août 2012 à 21h39 - par  syagrius

Au final tres grosse MAJ du dictionnaire gematrie et nettoyage

  • En francais ordre clas­sique : 66242 mots
  • En francais table hebraiue : 43802 mots

Nous comptons sur vous pour partager vos découvertes

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lundi 20 août 2012 à 23h15 - par  ianop

Il n’y a pas moyen de connecter deux tables sur votre dictionnaire ?
Sinon je veux bien rentrer des mots.

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lundi 20 août 2012 à 10h24 - par  syagrius

On peux mettre en place cette table, par contre ca sera à vous de mettre les mots dans le dictionnaire…On est bien d’accord ?

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lundi 20 août 2012 à 10h12 - par  ianop

Oui, j’aimerais avoir tout de suite une liste de mots de même valeur numé­rique, mais avec la table que j’utilise. Ceci afin de tester l’arborescence (mon idée est que le champ lexical s’affine en prenant des valeurs numé­riques plus fortes. On aura des nombres plus grands et moins de mots par famille, donc, à priori, des liens plus étroits entre les mots).

Voici la table :
A = 1, B = 2, C = 3,…, J = 10, K = 20, L = 30,…, S = 100, T = 200, U = 300,…, Z = 800.

Merci d’avance.

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dimanche 19 août 2012 à 21h03 - par  syagrius

Vous voulez que les résultats soient enre­gistrés et ensuite voir les correspondances ?
Si oui quelle table uti­lisez vous ?
Par contre je compte sur vous pour ajouter un maximum de mot…

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