Un gouffre découvert en Sibérie

lundi 21 juillet 2014

17 juillet 2014 : les salariés d’une com­pagnie pétro­lière découvrent un cratère en Sibérie, un trou en forme de cylindre, large de 80 mètres et de pro­fondeur encore inconnue, ce que les géo­logues appellent un "doline" ou "skinhole", une dis­so­lution des cal­caires de surface suite au ruis­sel­lement de l’eau qui peut conduire à effon­drement du sol et à l’apparition d’une dépression cir­cu­laire pouvant mesurant plu­sieurs cen­taines de mètres.


D’où vient ce trou gigan­tesque en Sibérie ? Les… par 6MEDIAS

Une autre hypo­thèse a été avancée : une explosion de gaz libéré par la fonte des glaces (lié au réchauf­fement cli­ma­tique), d’autant que le "trou" est d’origine récente (moins de deux ans ?) et qu’il se situe sur la péninsule du Yamal à l’ouest de la Sibérie, une zone qui contient d’importantes réserves de gaz naturel sous une couche de per­gé­lisol (une glace devenue imper­méable). Mais une explosion ne laisse pas de cavité aussi nette…

En 2013, Courrier Inter­na­tional avait publié article constatant l’apparition de cen­taines de trous ("tiankeng") en Chine depuis 2009, pro­vo­quant l’effondrement de bâti­ments, de bou­tiques ou d’écoles, comme dans la catas­trophe de Canton en 2013 ou celle de Ningxiang en 2010 (lire l’article). L’explication donnée, un "pro­blème de cana­li­sation", est ridicule.

En 2012, deux Inter­nautes ont d’ailleurs tenté de réper­torier tous les "dolines" apparues dans le monde depuis 2010, avec plu­sieurs des mises à jour en 2013. Le résultat est impres­sionnant (voir la carte) ! Ne sont pas men­tionnés cependant les "trous" qui appa­raissent dans l’océan, comme les fameux trous bleus, les cénotes qui sont des dolines remplis d’eau (et qui forment des lacs parfois anciens), et les avens ou "abîmes", qui sont des grottes effon­drées (dans les mêmes condi­tions géo­lo­giques que les dolines).

En 2012 (12 m de pro­fondeur), 2010 (150 m de pro­fondeur) et 2007 (30 m de pro­fondeur), la ville de Gua­temala City (la capitale de Gua­temala) a été également touchée par de pareilles catas­trophes. L’image de 2010, en par­ti­culier, a fait le tour du monde et a été sur­nommée le "trou du Diable" à l’époque.

JPEG - 65 ko

Ce phé­nomène est en réalité très fré­quent dans cer­taines régions du monde, comme en Floride, où le risque d’effondrement dû aux dolines apparaît dans les contrats d’assurance. Selon le Figaro, plus de 25000 demandes d’indemnisation ont eu lieu entre 2006 et 2010, une excès qui est peut-​​être dû au goût des Amé­ri­cains pour les procès…

Cela rap­pelle le mythe de la Terre Creuse au 19ème siècle, et plus récemment, à la légende du "Puit de l’enfer" (voir l’article de Wiki­pediaà ce sujet). Vous remar­querez également que les dolines ont une forme cir­cu­laire, comme les crop­circles, ce qui est bien une preuve ! Love­craft, ce célèbre écrivain des années 20, n’avait-il pas imaginé (pro­phétisé ?) dans ces récits fan­tas­tiques de gigan­tesques vers sous la surface de la Terre, donnant enfin une expli­cation scien­ti­fique aux trem­ble­ments de terre ? Quant aux Aztèques, ils croyaient que l’humanité avait déjà connu quatre ère (quatre "Soleils") qui s’étaient ter­minés à chaque fois par une catas­trophe, dont un déluge à la fin du qua­trième Soleil. Notre humanité vit actuel­lement pendant le cin­quième Soleil. Si tout va bien, notre civi­li­sation devrait être détruite par une série de séismes et les sur­vi­vants anéantis par les Tzit­zi­mimes, des démons stel­laires de sexe féminin qui vivent parmi les étoiles femelles de la Voie lactée. Voilà de quoi consoler ceux qui croyaient à la fin du monde en 2012

Plus sérieu­sement, Projet 22 vou­drait poser un certain nombre de ques­tions aux scientifiques :

  • Ces phé­no­mènes géo­lo­giques semblent remonter à la pré­his­toire, mais on n’en a entendu parler que récemment : est-​​ce un effet d’Internet, qui permet de dif­fuser rapi­dement les infor­ma­tions d’un bout à l’autre de la planète, ou est-​​ce une question de fré­quence ? Le nombre de dolines augmente-​​t-​​il et si oui, pourquoi ? Au Gua­temala en 2010, cela sem­blait lié au passage d’une tempête…
  • Comment un trou de 80 m de large peut-​​il se créer sans s’effondrer aupa­ravant ? Quelle est la limite concernant le dia­mètre ?
  • Si le trou est creusé par ruis­sel­lement, on peut com­prendre qu’il soit de forme cir­cu­laire, avec des parois lisses comme celles d’un puits, mais on ne com­prend pas pourquoi sa pro­fondeur s’arrête à 3, 30 ou 300 mètres : où l’eau, la terre et la riche dis­soute se sont-​​elles écoulées ? On parle parfois de tunnels annexes au fond des gouffres…

_​_​_​

Le monde est étrange, vous ne trouvez pas ?




Publications