Des organoïdes de cerveau humain en laboratoire

dimanche 17 janvier 2016

Savez-​​vous ce qu’est un orga­noïde ? La repro­duction d’un organe en labo­ra­toire. Selon l’Institut Pasteur, il s’agit d’une structure nou­velle, puisque sa taille et ses fonc­tions peuvent être dif­fé­rentes, par exemple dans ce cerveau humain miniature cultivé in vivo dans un gel en forme de boule pour garder la forme du cerveau dans la boîte crâ­nienne. D’une taille de 4 mm seulement, ils repro­duisent les pre­miers stades du déve­lop­pement du cerveau humain et ne sont pas reliés à un système sanguin. Cette culture a pour objectif de mieux com­prendre le fonc­tion­nement de cer­taines maladies neurologiques.

Dans un article datant de 2013, la revue Nature explique que l’on a cloné les cel­lules d’un patient malade, par la méthode de l’ISP ou CSPi [1]. Il s’agit donc d’un organe com­pa­tible avec le donneur, le patient. Concernant le cerveau humain, même s’il était déve­loppé à maturité, il ne contien­drait pas notre mémoire, il s’agirait d’un cerveau vierge de tout sou­venir. Au pire, des savants peu scru­puleux pour­raient vouloir uti­liser la plas­ticité du cerveau humain pour l’associer à une machine et uti­liser sa capacité de trai­tement de l’information…

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De manière plus générale, les orga­noïdes consti­tuent une solution pour les pro­blèmes de dons d’organe et pro­mettent des avancées majeures pour la recherche médicale. C’est la raison pour laquelle plu­sieurs journaux et maga­zines parient sur le déve­lop­pement des orga­noïdes en 2016, comme Courrier Inter­na­tional avec le journal The Eco­nomist [2].

Il est pro­bable que l’industrie agroa­li­men­taire pourrait également y trouver son intérêt, en fabri­quant par exemple des corps de poulets dénués de pattes et de tête, repré­sentant ainsi un gain de place important, pour un maximum de "viande". C’est ce que pro­posait déjà en 2012 l’étudiant anglais André Ford [3], pour un projet pour le dépar­tement d’architecture du Collège Royal d’art de Londres, ce qui n’est pas sans rap­peler le film Matrix  [4].

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Pas de clonage humain donc, mais la pro­duction d’organes vivants en bat­terie, y compris des cer­veaux minia­tures, ce qui pose cer­tains pro­blèmes éthiques dont les scien­ti­fiques actuels ne semblent pas avoir conscience.

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Ce monde est à nous, changeons-​​le !


[1] CSPi : cel­lules souches plu­ri­po­tentes induites. Cette méthode permet notamment de contourner le pro­blème éthique lié à l’exploitation des cel­lules souches d’origine embryon­naire en trans­formant une autre cellule du corps humain, par exemple celle de la peau, en cellule souche, c’est-à-dire en cellule mère capable de se spé­cia­liser en n’importe quel cellule du corps humain, y compris en neurone.

[2] Courrier Inter­na­tional n° 131113121313  –  du 17 décembre 2015 au 6 janvier 2016

[3] Ford, comme Henry Ford, celui qui a mis en place une "orga­ni­sation scien­ti­fique du travail" consistant à ne pas perdre de temps ou de place sur les ate­liers de montage de voi­tures, autrement dit l’inventeur du travail à la chaîne.

[4] Source : http://​www​.gurumed​.org/​2012​/​​02​/​16/​l…




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