D’autres Terres dans l’Univers ?

mercredi 2 novembre 2011
par  Neimad
popularité : 100%

Compte-​​rendu de la confé­rence "D’autres Terres dans l’Univers ?" de Michel MAYOR [1], qui s’est déroulée le ven­dredi 7 octobre 2011 à 20h30 à La Cité - Nantes Events Center (Cité des congrès), dans le cadre de l’exposition « Voyages planétaires ».

JPEG - 30.6 ko

 1. L’histoire des autres Terres


Dans une pre­mière partie de sa confé­rence, Mchel MAYOR rend hommage à Epicure et à Giordano Bruno qui avaient supposé l’existence d’autres mondes.

Les mondes de même sont en nombre infini, aussi bien ceux qui res­semblent aux nôtres que ceux qui dif­fèrent (…) les êtres vivants, les pla­nètes et toutes les choses visibles pour­raient ou non exister dans tel monde".

​-​​ Epicure, Lettre à Hérodote, IIIe ou IVe siècle av. J-C.

JPEG - 9.1 ko

Il est donc d’innombrables soleils et un nombre infini de terres tournant autour de ces soleils, à l’instar des sept « terres » [la Terre, la Lune, les cinq pla­nètes alors connues : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne] que nous voyons tourner autour du Soleil qui nous est proche. » [2]

​-​​ Giordano Bruno, L’Infini, l’Univers et les Mondes1584.

JPEG - 66.9 ko



 2. Typologie des planètes


En se basant sur notre système solaire, on note trois types de planètes :

  • les pla­nètes rocheuses, comme Vénus, Mercure, la Terre et Mars
  • les géantes gazeuses, comme Jupiter et Saturne
  • les pla­nètes de glace, comme Uranus et Neptune [3].

L’eau à la surface de la planète bleue ne doit pas faire oublier que la Terre est une planète rocheuse : l’eau repré­sente un mil­lième de son épaisseur, un peu comme une orange mouillée.

La taille des pla­nètes est sans commune mesure avec celle du Soleil. Pour titre de com­pa­raison, notre Soleil est 1000 fois fois plus massif que Jupiter et 300 000 fois plus massif que la Terre.

Les pre­mières pla­nètes détectées sont les géantes gazeuses et les Super-​​Terres, beaucoup plus massives.



 3. La formation d’un système solaire


Un des objectifs pour­suivis par les cher­cheurs est une meilleure com­pré­hension de la for­mation des planètes.

Il existe dans l’espace des nuages de gaz créés par l’explosion de Supernova, par exemple. Ces nuages, appelés "nuages molé­cu­laires" se concentrent et forment des familles d’étoiles (par mil­liers), telle que la nébu­leuse d’Orion. Ls pla­nètes se forment en même dans des ce qu’on appelle des "disques d’accrétion". Les méca­nismes de la for­mation stel­laire sont extrê­mement com­plexes et reste un champ d’investigation important pour les astrophysiciens.

Le télescope spatial Hubble a permis de pho­to­gra­phier de jeunes étoiles dans des nuages de pous­sière (le disque d’accrétion autour de ces étoiles forme un cercle noir autour de l’étoile), à quelques mil­lions d’années-lumières seulement. Notre Soleil étant vieux de 4600 mil­lions d’années, c’est la preuve que de nou­velles étoiles conti­nuent de se créer aujourd’hui dans l’Univers.



 4. Le tour du propriétaire


Pour donner une idée de la pro­fondeur de l’Univers et de la dif­fi­culté de détecter des exo­pla­nètes, Michel Mayor a décidé de nous faire le "tour du propriétaire".

Si on voya­geait à la vitesse de la lumière, il fau­drait quelques heures pour tra­verser le système solaires et environ cent mille ans pou tra­verser la Voie Lactée.

Si on aug­mente la sen­si­bilité à la lumière d’un télé­scope, on voit appa­raître une myriade d’étoiles, un peu comme si on com­parait le nombre d’étoiles visibles en ville la nuit et celui à la cam­pagne. En observant le fond noir der­rière trois étoiles pendant une cen­taine d’heures, ce qu’on appelle le Champ Profond (Hubble Deep Field), le pro­fesseur Robert Williams [4] a détecté 2500 galaxies ! Le ciel noc­turne n’est pas noir en réalité, il est saturé d’étoiles. Il existe des mil­liards d’étoiles dans notre seule galaxie et il existe des mil­liards de galaxie…

JPEG - 11.3 ko

Par la lumière qu’elles émettent, les étoiles cachent les éven­tuelles pla­nètes qui les entourent. Par exemple, dans notre système solaire, Jupiter ne réfléchit que le 1 mil­liar­dième de la lumière du Soleil. La dif­fé­rence avec la Terre est encore plus grande. Voir une exo­planète autour d’une étoile, c’est comme essayer de voir une luciole à côté d’un phare. Et pourtant, on y arrive…

Pour ces raisons, les exo­pla­nètes que nous détectons sont les pla­nètes les plus mas­sives (plus grosses que Jupiter) et les plus éloi­gnées de l’étoile. Il est plus dif­ficile de détecter des pla­nètes sem­blables à la nôtre.



 5. Les méthodes de détection des exoplanètes


5.1. La détection basée sur le mou­vement à deux corps : la méthode radiale


Les pla­nètes tournent autour des étoiles et les étoiles autour du centre de gravité de leur système solaire, ce qui signifie qu’une planète fait légè­rement osciller l’étoile autour de son axe. On mesure cette oscil­lation par rapport à la lon­gueur d’onde émise par l’étoile [5].

La pre­mière exo­planète a été détectée avec cette méthode : 51 Peg b, dans la constel­lation du Pégase, à l’Observatoire de Haute-​​Provence.

Masse pla­né­taire = 0,5 masse de Jupiter Période = 4,2 jours Dis­tance = 0,04 années-​​lumières

51 Peg b surprit les astro­nomes avec sa période de révo­lution de seulement 4,2 jours, alors qu’elle tourne très loin de son étoile. Si on lui avait appliqué les mêmes "règles" que dans notre système solaire, sa pério­dicité aurait dû ête de plus de dix ans !

Dans ce type de détection, deux élements importent : la taille du miroir prin­cipal (1,93 m pour l’Observatoire de Haut-​​Provence, 3,6 m pour celui de La Silla) et la finesse du spec­tro­graphe qui mesure les varia­tions de l’effet Doppler.

On a pu ainsi détecter des exo­pla­nètes à des dis­tances entre 6 et 12 parsecs [6], autrement dit à une faible dis­tance dans l’espace. Ces exo­pla­nètes sont nos proches voisines !



5.2. La détection photométrique : la méthode des transits


La méthode des transits vise à détecter la baisse de lumi­nosité d’une étoile lors des "éclipses" par­tielles pro­duites par les exo­pla­nètes quand elles passent devant leur étoile. Cette méthode permet de déter­miner la taille de la planète.

Pour com­pa­raison, une planète comme Jupiter tran­sitant devant notre étoile entraîne une variation de 1% de la lumi­nosité ; une comme la Terre seulement un dix mil­lio­nième. Les pla­nètes sem­blables à notre Terre sont donc plus dif­fi­ciles à détecter.

Les mesures effec­tuées par le télescope spatial Corot depuis 2006 et le télé­scope spatial Kepler depuis 2009 montrent une énorme variation dans la dimension des pla­nètes : il existe des pla­nètes rocheuses géantes et de petites pla­nètes gazeuses, par exemple, à l’inverse de notre système solaire.

Par exemple, le télé­scope spatial Corot [7] a détecté une exo­planète mesurant 1,7 x la Terre avec une variation de lumi­nosité de seulement trois dix millièmes.

Ainsi :

  • la méthode 1 (méthode radiale) permet d’obtenir la masse de la planète
  • la méthode 2 (méthode des transits) permet d’obtenir la taille de la planète

Or, une fois que la masse et la taille ont obtenus, on peut cal­culer la densité de la planète :

densité = masse/​taille

La densité permet de savoir si l’exoplanète est une planète rocheuse, gazeuse ou de glace.

La lumi­nosité d’une étoile varie non seulement quand une planète passe devant elle, mais aussi - de manière moindre - quand elle passe der­rière l’étoile, car la planète reflète également une partie de la lumière sous forme d’infrarouge. Cette méthode permet ainsi de mesurer sa température.

Associé à la dis­tance qui la sépare de son étoile, cette infor­mation permet de déter­miner la com­po­sition de son atmo­sphère et son climat.

Quand un système solaire possède plu­sieurs planète - ce qui est le cas le plus fré­quent - les varia­tions lumi­neuses sont com­plexes et seuls de puis­sants ordi­na­teurs peuvent effectuer les calculs néces­saires pour déter­miner s’il s’agit d’une donnée erra­tique, d’une variation de lumi­nosité de l’étoile (dans le cas d’un pulsar ou d’une étoile à neu­trons), ou d’un nombre x de pla­nètes, comme une équation à 6 ou 7 inconnues.

C’est le cas de Kepler 11 (le 11e objet détecté par Kepler) : après cor­rec­tions des défauts du satellite, les astro­phy­si­ciens ont calculé la pré­sence de 6 pla­nètes der­rière les varia­tions de lumière observées.

Un astronome amateur a réussi, grâce à cette méthode, à détecter une exo­planète avec un télé­scope de 10 cm dans son garage.

La décou­verte d’exoplanètes n’est donc pas l’apanage des centres de recherche [8].



5.3. La détection de l’image d’une planète : la méthode de l’imagerie


Contrai­rement à la méthode pré­cé­dente, la tech­nique de l’imagerie, comme l’imagerie céré­brale par exemple, demande des moyens impor­tants (télé­scope spatial, trai­tement infor­ma­tique des données…). Elle permet de "capter" l’imag d’une planète et d’obtenir ainsi des infor­ma­tions sur sa couleur, son atmo­sphère et sa surface. Astro­nomie et géo­phy­sique peuvent dès lors tra­vailler en synergie.

Ainsi :

  • la méthode 1 (méthode radiale) permet d’obtenir la masse de la planète
  • la méthode 2 (méthode des transits) permet d’obtenir la taille et la tem­pé­rature de la planète
  • la méthode 3 (méthode de l’imagerie) permet d’obtenir des infor­ma­tions sur la couleur de la planète, son atmo­sphère et sa surface

On peut s’étonner du nombre d’informations que l’on peut obtenir sur les autres sys­tèmes solaires sans sortir du nôtre, par simples déduc­tions à partir des infor­ma­tions fournies par la lumière des étoiles. On doit cependant rela­ti­viser la portée de ces méthodes, étant donné qu’elles dépendent de la position du système solaire par rapport à notre angle de vue :

  • si le système solaire est oblique par rapport à nous, on utilise la méthode 1 (méthode radiale)
  • si le système solaire se posi­tionne en face de nous (comme si on était en-​​dessous ou au-​​dessus), on utilise la méthode 2 (méthode des transits)
  • dans les autres cas, seule la méthode 3 (méthode de l’imagerie) peut être utilisée

En réalité, toutes les méthodes sont essayées détecter des exo­pla­nètes dans une zone de l’espace et en apprendre autant que pos­sible sur un système solaire. Il existe en effet des cas où les infor­ma­tions peuvent se cumuler.



 6. La Terre est-​​elle une exception ?

 [9]

Si la manière dont notre système solaire est organisé ne constitue pas une exception (ne serait-​​ce que parce que près de la moitié des étoiles sont des étoiles doubles), presque toutes les étoiles pos­sèdent des pla­nètes (pour Michel Mayor, la pro­ba­bilité tend vers 1), non seulement une mais plusieurs.

Selon Michel Mayor, 95% des 1700 pla­nètes can­di­dates sont véri­ta­blement des exoplanètes.

Cela ne suffit pas pour abriter la vie. Dans note système solaire, seule la Terre abrite la vie. Les condi­tions pour qu’une planète abrite des formes de vie sem­blables à la Terre sont les suivantes :

  • L’exoplanète doit se situer dans la zone habitable [10] par rapport au soleil où l’eau est à l’état liquide [11]. La zone habi­table tient compte de l’albedo [12] de la planète et d’un effet de serre sem­blable à celui qui existe su notre planète [13]. Actuel­lement, deux pla­nètes ont été détectées dans cette zone, ni trop proche ni trop éloignée du Soleil (sinon l’eau serait à l’état de vapeur ou de glace) : HD85512, Gliese d, toutes les deux à la limite de la zone.
  • La zone habi­table doit être relayée par une atmo­sphère riche en C02 par exemple, comme sur Terre, pour créer un effet de serre.
  • Encore faut-​​il que l’eau soit pré­sente en quantité suf­fi­sante [14].
  • Mais cela ne suffit pas : l’eau a sans doute coulé sur Mars il y a 3 mil­liards d’années mais il n’y a peut-​​être jamais eu de vie sur cette planète [15]. Pour plus d’informations, voir notre article sur les Der­nières nou­velles de Mars.]].
  • La pré­sence d’une ou de plu­sieurs lunes permet le phé­nomène des "marées", une source sup­plé­men­taire d’énergie (au sens de mou­vement) pour le déve­lop­pement de la vie. C’est le cas par exemple du satellite de Jupiter Europa : étant donné sa dis­tance au soleil, il reçoit cinq fois moins d’énergie que la Terre et devrait être congelé, mais un puissant effet de marée brise la glace à sa surface et permet sans doute d’entretenir de l’eau à l’état liquide sous une épaisseur de glace de plu­sieurs kilo­mètres. Selon Michel Mayor, de la vie pourrait s’être déve­loppée dans cet océan des pro­fon­deurs. La glace la pro­té­gerait des radia­tions cos­miques et du froid (un peu comme pour un igloo).
  • Le mou­vement des plaques tec­to­niques permet au magma de remonter sous forme de volcans, sol­fa­tares (source de soufre), geysers et autres sources chaudes sous-​​marines. Ce mélange d’eau et de molé­cules car­bonées et des minéraux dans un envi­ron­nement chaud et mouvant, a pu favo­riser l’apparition de la vie sur Terre.

Peut-​​il existe des formes de vie différentes,qui se soient déve­loppées dans des condi­tions dif­fé­rentes ? Si la vie existe bien dans des cavernes sans lumière, dans la ban­quise ou les volcans, Michel Mayor rap­pelle que ces formes de vie se sont adaptées à ces envi­ron­ne­ments extrêmes après l’apparition de la vie sur Terre. Cer­tains scien­ti­fiques ont évoqué la consti­tution de vie à partir d’atomes de silicium, mais le silicium ne possède pas toutes les pro­priétés du carbone (la capacité de constituer des chaînes molé­cu­laires complexes).

On remar­quera tou­tefois que le carbone est l’un des atomes les plus répandu dans l’Univers, ce qui accroît l’idée que toutes les condi­tions existent dans l’Univers pour voir l’apparition de la vie sur une - ou plu­sieurs - pla­nètes. Selon le prix Nobel de médecine Christian de DUVE, la vie est un "impé­ratif cos­mique" [16], ce qui signifie que la vie doit émerger partout où les condi­tions maté­rielles (eau, tem­pé­rature…) sont réunies [17].

Michel MAYOR a demandé aux per­sonnes pré­sentes dans la salle de voter pour ou contre cette affir­mation, même si la science, dit-​​il, n’est pas une démo­cratie. La salle à 90% pour cette phrase (4 contre sur 300 ou 400personnes), preuve que l’idée a fait son chemin qu’il existe pro­ba­blement de la vie ailleurs dans l’Univers.

Pour Michel MAYOR, cette croyance s’appuie sur l’argument d’humilité : si la vie est apparue sur notre planète, il n’y a pas de raison pour qu’elle n’apparaisse pas sur des pla­nètes simi­laires. Or, selon M. Mayor, cet argument ne cor­respond pas aux pro­ba­bi­lités : si un joueur gagne au Loto, il serait faux de croire que d’autres joueurs ont également gagné au Loto, sous pré­texte qu’il a bien gagné, lui ! Cette com­pa­raison est un appel à la pru­dence : nous ne serons véri­ta­blement fixés sur l’existence ou non d’une vie extra-​​terrestre que le jour où l’on en décou­vrira une [18].



 7. Les projets d’observation astro­no­miques et la recherche d’une vie extra-​​terrestre

7.1. ESO


ESO [19] est un projet européen [20] res­pon­sable de la mise en place d’un obser­va­toire astro­no­mique au Chili en 1964. L’observatoire est actuel­lement constitué d’un parc d’une ving­taine d’instruments, avec des téles­copes entre 2,2 à 8,20 mètres de dia­mètre [21].

Il est prévu de construire un nouvel ins­trument de 40 m de dia­mètre, l’Overwhelmingly Large Telescope (OLT), même si un autre projet à l’étude prévoit de construire un télé­scope de 100 m de dia­mètre (OWT) !

JPEG - 31.8 ko

Source : image ESO/​C. Madsen


7.2. ALMA

L’Europe, les Etats-​​Unis et le Canada sont associés pour la construction de 64 antennes mil­li­mé­triques d’Atacama (ALMA) sur une cen­taine de kilo­mètres carrés sur l’Altiplano chilien. Ce grou­pement d’antennes devrait être terminé et opé­ra­tionnel en 2012.

JPEG - 69.7 ko

Source : image de la NRAO/​AUI et de l’ESO

Ces antennes étudieront spectre mil­li­mé­trique du rayon­nement de l’Univers, afin de mieux com­prendre la for­mation de l’Univers et détecter la pré­sence d’étoiles, de pla­nètes et de nuages inter­stel­laires dont le rayon­nement élec­tro­ma­gné­tique se situe en dehors du spectre de lumière visible (rayons X, rayon­nement infra­rouge, ondes radio) [22].

JPEG - 53 ko

Source : Image de la NRAO/​AUI et de l’ESO



7.3. La mission spatial Darwin


La mission spa­tiale Darwin est un projet de l’Agence spa­tiale euro­péenne (AES). Il a pour objectif de découvrir de nou­velles pla­nètes et de vérifier la phrase du prix Nobel de médecine Christian de DUVE selon laquelle la vie est un "impé­ratif cos­mique" [23].

Ce projet s’appuie pour cinq nou­veaux téles­copes spa­tiaux qui devraient être opé­ra­tionnels en 2020.



7.4. SETI


Le pro­gramme SETI(Search for Extra-​​Terrestrial Intel­li­gence) est un pro­gramme de recherche de signaux arti­fi­ciels pro­duits par une forme de vie extra-​​terrestres intel­li­gente et tech­no­lo­gi­quement déve­loppée.… "qui ne s’est pas auto­dé­truite", ajoute Michel Mayor. Né durant les années 60, ce pro­gramme de recherche consiste à ana­lyser les signaux émis par l’espace, en s’appuyant sur la capacité de trai­tement des ordi­na­teurs per­sonnels du monde entier (en tra­vaillant pendant la veille de l’écran, par exemple).

Pour Michel MAYOR, SETI com­plète les obser­va­tions astro­no­miques en tra­vaillant sur un type de signaux différents.



 8. Questions du public


Quel est le pour­centage de sys­tèmes solaires dont le plan orbital permet une obervation ?

  • Quelques pour­cents, mais sur 100 000 sys­tèmes solaires, cela permet quelques résultats.

Quelles sont les exoplanètes les plus intéressantes ?

  • Nos voi­sines, entre 10 et 100 années-​​lumières, car nous pouvons effectuer des mesures complémentaires.

Existe-​​t-​​il des planètes errantes ?

  • Oui. Si un système solaire possède deux ou trois géantes gazeuses, cer­tains objets célestes peuvent adopter des orbites chao­tiques et devenir des corps errants. Cela peut avoir d’autres consé­quences. Il y a un an et demi, on a découvert une planète qui tournait en sens inverse du reste du système solaire auquel il appartenait.



 CONCLUSION


Pour les scien­ti­fiques, la recherche d’exoplanètes a deux objectifs : mieux com­prendre la for­mation des pla­nètes et répondre à la question "Sommes-​​nous seuls dans l’Univers". A l’heure actuelle, nous pos­sédons les moyens de détecter des pla­nètes dans la "zone habi­table". Nous sommes également capables de déduire leur com­po­sition et leur tem­pé­rature. Or, si nous détec­tions un jour une quantité impor­tante d’oxygène sur une planète abritant de l’eau à l’état liquide à sa surface, nous aurions là un faisceau d’indices "évidents" pour dire que cette planète abrite la vie. En effet, l’oxygène est une molécule instable pro­duite par cer­taines plantes (les coraux furent les pre­mières plantes sur terre à pro­duire de l’oxygène). Détectée depuis l’espace, notre planète pos­sé­derait 20% d’oxygène en trop par rapport à sa composition…

Après, nous aurions peut-​​être les moyens de car­to­gra­phier la surface de la planète, d’en des­siner les conti­nents… mais pour Michel MAYOR, il sera impos­sible, étant donné les dis­tances inter­pla­né­taires, de jamais voyager vers d’autres planètes.

51 Peg, par exemple, se trouve à 50 années-​​lumières, soit 30 mil­lions de fois la dis­tance de la Terre à la Lune. A quelle vitesse pouvons-​​nous espérer nous déplacer ? Combien faudrait-​​il de temps pour accé­lérer mais aussi pour décé­lérer ? Il fau­drait des mil­liers d’années… Avec quelle source d’énergie ? Il fau­drait une énergie égale à la quasi-​​totalité de l’énergie pro­duite sur Terre en une année !

L’affirmation de Michel Mayor énonce l’impossibilité dans laquelle nous sommes, avec les moyens tech­no­lo­giques actuels, de faire un tel voyage. Mais la science peut encore évoluer… Michel Mayor risque d’être un jour démenti comme Lord Kelvin qui pétendit en 1900 "que jamais une machine plus lourde que l’air ne pourrait voler". Qui aurait cru, il y a quelques dizaines d’années seulement, que nous aurions les moyens de détecter des exo­pla­nètes, "des lucioles à côté d’un phare" ?…

_​_​_​

Le monde est étrange, vous ne trouvez pas ?


[1] Michel MAYOR (né en1942) est un astro­phy­sicien suisse, pro­fesseur à l’Université de Genève et membre de l’Observatoire de Gre­noble. Avec Didier Queloz, il découvre la pre­mière planète extra-​​​​solaire le 6 octobe 1995, 51 Peg b, dans la constel­lation du Pégase, à l’Observatoire de Haute-​​​​Provence (France).

[2] A noter également cette citation : « Ainsi donc les autres mondes sont habités comme l’est le nôtre ? demande Burchio. Fra­cas­torio, porte-​​​​parole de Bruno répond : Sinon comme l’est le nôtre et sinon plus noblement. Du moins ces mondes n’en sont-​​​​ils pas moins habités ni moins nobles. Car il est impos­sible qu’un être rationnel suf­fi­samment vigilant puisse ima­giner que ces mondes innom­brables, aussi magni­fiques qu’est le nôtre ou encore plus magni­fiques, soient dépourvus d’habitants sem­blables et même supé­rieurs. ». (Giordano Bruno, L’Infini, l’Univers et les Mondes ou De l’infinito uni­verso et Mondi, 1584. Télé­charger le livre en italien).

[3] Pluton n’est pas cité parce qu’elle fut déclassée en 2006 par l’Union Astro­no­mique Inter­na­tionale (UAI) au statut de planète naine. Un planète, selon la défi­nition de l’UAI, élimine dans son voi­sinage les objets de taille com­pa­rable. Ce n’est pas le cas de Pluton qui est envi­ronnée de plu­sieurs objets trans­nep­tu­niens (la ceinture de Kuiper), dont Eris, planète naine légè­rement plus massive que Pluton. Lire le compte-​​​​rendu de l’UAI (en anglais).

[4] Le pro­fesseur Robert Williams est astro­phy­sicien au Space Telescope Science Ins­titute (STScI), pré­sident de l’Union Astro­no­mique Inter­na­tionale (UAI) et pro­fesseur adjoint du Dépar­tement de phy­sique de l’Université Johns Hopkins de Bal­timore (Etats-​​​​Unis, Maryland).

[5] Plus pré­ci­sément, on mesure les varia­tions de l’effet Doppler mesuré avec un spec­tro­gaphe. L’effet Doppler permet de déter­miner la vitesse radiale d’une étoile. En étudiant le spectre d’un astre, on constate que les raies spec­trales sont décalées en lon­gueur d’onde par rapport aux mêmes raies observées en labo­ra­toire. Le décalage d’une raie visible se produit soit vers le rouge, ce qui indique que l’étoile s’éloigne, soit vers le bleu, si elle se rapproche.

[6] 6 parsecs = 20 années-​​​​lumières = un voyage de 20 ans pour la lumière qui e déplace à 300 000 km/​​seconde. D’après les lois de la phy­sique, un vaisseau spatial pourrait peut-​​​​être un jour s’approcher de cette vitesse mais il ne pourra jamais la dépasser. Une autre solution serait de passer par des rac­courcis dans les "trous de ver", mais cela reste théorique.

[7] COROT est un acronyme pour COnvection, ROtation et Transits pla­né­taires. Corot est un télé­scope spatial français produit par le CNES et lancé dans l’espace le 27 décembre 2006.

[8] C’est encore un domaine où des indi­vidus peuvent effectuer des décou­vertes, alors que les sciences nées au 19 siècle sont aujourd’hui exclu­si­vement déve­loppées en laboratoire.

[9] Cette partie a été recom­posée par nos soins.

[10] Voir la défi­nition dans notre pré­cédent article sur les pla­nètes extra­so­laires.

[11] Une tem­pé­rature adé­quate permet de ne pas casser les chaînes molé­cu­laires. L’eau est également pré­sup­posée parce que la vie serait apparue dans l’eau.

[12] L’albedo mesure la lumière solaire réfléchie par un objet céleste, une planète ou une lune par exemple.

[13] La vapeur d’eau, le C02 et les autres à effet de serre absorbent les infra­rouges émis par la surface de la Terre, sous quoi la tem­pé­rature de la Terre tom­berait à -18°C en moyenne.

[14] A l’inverse, il exis­terait des planète où l’eau exis­terait à des tem­pé­ra­tures trop élevées pour la vie. Voir : http://​www​.futura​-sciences​.com/fr/n…

[15] Michel MAYOR a projeté des pho­to­gra­phies de "vallées à fonds plat" sur Mars, sem­blable au lit d’un fleuve, mais les "vallées de débâcle" peuvent également être pro­vo­quées par la fonte sai­son­nière de la glace pri­son­nière dans le sol martien, par com­pa­raison avec les crues esti­vales de Sibérie. Voir François Costar, « Vallées de débâcle et pro­cessus cryo­kars­tiques sur Mars et en Sibérie » , in Géo­graphie phy­sique et Qua­ter­naire, vol. 44, n° 1, 1990, p. 97-​​104. Télé­charger le PDF.

[16] Voir Christian de Duve, Vital dust : Life as a cosmic impe­rative, New York, Basic Books, 1995.

[17] Par exemple, n’est-il pas étonnant que l’énergie solaire pro­duise jus­tement par contact avec l’atmosphère la couche d’ozone qui protège des rayons cos­miques ? Or, plus la vie se déve­loppe, plus les plantes créent d’oxygène et plus la couche d’ozone s’épaissit…

[18] Selon le phi­lo­sophe Karl Popper (19021994), la science avance par réfu­ta­tions suc­ces­sives. N’est véri­ta­blement scien­ti­fique qu’une théorie qui peut ima­giner une expé­rience pour l’invalider. Si cette expé­rience ne l’invalide pas, cela ne veut pas dire que la théorie est vraie, mais seulement qu’elle est "vraie pour l’instant", jusqu’à ce qu’une théorie plus fine finisse par la réfuter ou qu’une théorie plus vaste soit capable de l’englober. En ce sens, un scien­ti­fique ne devrait pas croire aux extra-​​​​terrestres jusqu’à la preuve du contraire.

[19] European Sou­thern Observatory

[20] 15 pays par­ti­cipent au projet : l’Allemagne, l’Autriche, le Bel­gique, le Danemark, l’Espagne, la Fin­lande, la France, l’Italie, les Pays-​​​​Bas, le Por­tugal, la Suède, la Suisse, la Répu­blique tchèque, le Royaume-​​​​Uni mais aussi le Brésil.

[21] Taille du miroir

[22] Voir http://​www​.nrc​-cnrc​.gc​.ca/​f​r​a​/​insta…

[23] Voir Christian de Duve, Vital dust : Life as a cosmic impe­rative, New York, Basic Books, 1995.


8 votes

Commentaires

Publications

Brèves

17 janvier 2016 - Des organoïdes de cerveau humain en laboratoire

Savez-​​vous ce qu’est un orga­noïde ? La repro­duction d’un organe en labo­ra­toire. Selon l’Institut (...)

10 mai 2015 - Le cargo spatial russe Progress tombé dans le Pacifique

Le cargo russe Pro­gress dont nous par­lions dans nos pré­cé­dentes brèves s’est fina­lement (...)

7 mai 2015 - Suivez le crash du cargo russe en direct

Revue de presse sur l’affaire sur cargo spatial Progress Le cargo russe qui s’était décorché de (...)

4 mai 2015 - Avec l’EMDrive, la Nasa pourrait relancer la conquête spatiale !

La NASA vient de ter­miner un test "dans le vide" de l’EMDrive, un moteur déformant l’espace-temps (...)

30 avril 2015 - Un cargo russe tombe actuellement sur la Terre

Ceci n’est pas un fake. Le cargo russe "Pro­gress" qui devait ravi­tailler la Station Spa­tiale (...)